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Avec son projet de constitution, Ennahdha met le cap sur le fascisme vert


4 Mai 2013

Analyse de Salem Ben Ammar, que nous partageons, à l’exception du terme de « révolution », que nous mettons toujours entre guillemets, puisque nous savons dans quelles conditions, comment et par qui elle a été téléguidée.


Avec son projet de constitution, Ennahdha met le cap sur le fascisme vert
L'heure n'est plus à la tergiversation en Tunisie : soit une constitution telle qu'appelle de tous ces vœux la secte wahhabite d'Ennahdha, succursale de la Confrérie des Frères Musulmans, qui marque le retour définitif à l'état de la nature et le rétablissement des lois de la jungle sur la base de la Charia où la barbarie devient la norme de vie en collectivité, soit une constitution de droit positif conçue, réfléchie, écrite par des représentants réellement représentatifs de la volonté de l'ensemble du peuple et non d'une minorité, moins de 50% comme ce fut le cas lors de la mascarade électorale du 23 octobre 2011, garantissant à l'homme les moyens institutionnels et politiques pour vivre en toute liberté, dignité, sécurité et justice dans un cadre étatique qui organise et instaure leur inviolabilité sur la base d'un équilibre des rapports entre les organes nécessaire à leur mise en œuvre. 


Autrement dit seul un régime démocratique peut donner du sens aux idéaux de la révolution, tout autre modèle politique ne peut que trahir la vraie volonté du peuple, non celle née du scrutin de la honte mais celle qui a causé la chute de Ben Ali. Si constitution il y a, elle doit être fidèle à l'esprit de la révolution qui doit être son acte fondateur. La Tunisie n'a pas fait sa révolution pour la gloire de sa religion, elle l'a faite pour son honneur et sa dignité. C'est cet esprit-là qui doit engendrer sa nouvelle constitution, sinon elle finira dans les limbes de l'histoire. 

Ce qui par conséquent doit être de l'ordre des fondements politiques ne peut être relégués au rang secondaire, un simple mur que les futurs législateurs auront un jour à édifier s'ils en voient l'opportunité et sous réserve de compatibilité avec les fondements inconnus à l'esprit de la révolution et dont la finalité est de les dissoudre dans un récipient d'acide. 

Une constitution qui néglige d'entrée de jeu les libertés publiques individuelles et collectives, non seulement elle porte en elle les germes du despotisme totalitaire vert mais pire encore, elle veut mettre une chape de plomb sur les idéaux de la révolution tunisienne. 

Le fait de vouloir laisser le soin au futur législateur de définir et d'encadrer les libertés fondamentales, qui relèvent pourtant dans un Etat de droit d'une loi constitutionnelle et en aucun d'une simple loi ordinaire, en dit long sur les desseins d'Ennahdha et des ses commanditaires. C’est ruiner tous les espoirs d'un éveil démocratique en Tunisie et ses effets catalyseurs pour tous les peuples étouffant sous le joug de l'arabo-islamisme qu'on veut inscrire de nouveau en lettre d'or dans le préambule de la nouvelle constitution au lieu et place des idéaux de la révolution : dignité, travail, justice, liberté, égalité et éthique. 

Des idéaux à des années-lumière de l'idéologie sectaire, inégalitaire, raciste, félonne, mafieuse, injuste, liberticide, inhumaine, et archaïque d'Ennahdha qui cherche par tous les moyens de créer des garde-fous constitutionnels revêtus du sacré, un fourre-tout qu'elle s'emploiera à opposer à tout futur projet de loi susceptible d'ouvrir la brèche dans le bunker fasciste dans lequel elle veut enfermer les tunisiens. 

Si sa volonté est de protéger les fondements de la révolution comme elle le prétend, qu'elle commence par en faire la source nourricière de la nouvelle constitution et non un simple affluent. Elle veut faire de la matrice un accessoire. 

Fidèle à ses engagements idéologiques et au cahier des charges de ses donneurs d'ordres qui convoitent la Tunisie, elle use et abuse d'artifices et et de manœuvres pernicieuses et sournoises pour contrer l'émergence d'un Etat de droit en Tunisie seul garant de la mise en œuvre du schéma directeur de politique publique et législative née de l'esprit de la révolution des indignés. 

Jouant sa propre partition musicale qui est surtout une véritable cacophonie pour parasiter le débat politique et rendre inaudible la voix du peuple en la noyant sous un flot permanent de coups de butoirs jusqu'à ce qu'elle finisse par s'éteindre définitivement. Nul doute qu'elle remplit à merveille son entreprise de démolition et qu'elle finira par achever le travail de destruction entamé par les sauterelles arabisées venues d'Orient au 11e siècle. 

En l'état actuel des choses, tout indique que les tunisiens courent vers les pires désillusions de leur histoire millénaire. En effet, eux qui passent pour être un grand peuple civilisé et un berceau de la démocratie loué par Aristote en personne, ils se trouvent aujourd'hui pris au piège d'un jeu dans lequel ils ont été embarqués sans qu'ils n'en mesurent le danger (piège de la constituante), dont la finalité inavouée consiste : primo à leur faire perdre leur âme riche, généreuse, singulière et afro-méditerranéenne ; secundo, à mettre à mort l'islam tunisien, le premier à avoir rendu aux tunisiens de confession israélite leur dignité humaine et d'avoir fait d'eux des citoyens de plein droit ; tertio, la perte de la souveraineté nationale en vue de la vassalisation du pays au profit du Califat turco-wahhabite en gestation. 

Il est à craindre qu'en faisant des valeurs de l'islam des lois constitutionnelles, les libertés les plus élémentaires dont jouissent actuellement les tunisiens, telles que la liberté de se distraire, de circuler, de voyager, d'étudier, de choisir son conjoint, de se cultiver, de s'instruire, de s'habiller, de planifier les naissances, de ne pas se marier, de ne pas accomplir les devoirs cultuels ou tout simplement de se promener et de s'adresser à un non-musulman ne deviennent le dernier chant de cygne entendu au pays et qui fera passer le règne de Ben Ali pour l'âge d'or de la Tunisie et doter le despote déchu de toutes les vertus libérales et démocratiques. 

Quand on veut tuer les droits fondamentaux comme il est d'usage dans les régimes totalitaires, on s'en remet aux lois pour les censurer pour inconstitutionnalité.  Voilà pourquoi Ennahdha ne veut pas les inscrire dans la constitution pour pouvoir mieux les crucifier, parce qu'ils sont contraires à la loi de l'islam qui fera office de loi fondamentale pour la Tunisie wahhabisée.Tunisie-Secret.com

Salem Ben Ammar        

 
 


           

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