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Bouteflika a sauvé Ghannouchi d’un scénario à l’égyptienne


7 Décembre 2013

El-Watan vient de faire une révélation explosive sans toutefois tout dire. Il y a bien eu une tentative des officiers de l’armée tunisienne de dégager Ennahda, à l’instar de l’armée égyptienne qui a congédié les Frères musulmans, mais Abdelaziz Bouteflika aurait fait capoter ce projet patriotique tunisien. Complément d’enquête.


Bouteflika a sauvé Ghannouchi d’un scénario à l’égyptienne
Voici d’abord l’article intégral que le quotidien algérien El-Watan a publié dans son édition du 6 décembre 2013 :

« Selon nos sources, la crise a commencé lorsque des contacts ont été établis entre certains commandements sécuritaires tunisiens et des pays du Golfe et alors que des chefs des services de sécurité voyaient d’un très bon œil les mouvements populaires anti-Ennahdha. C’est ce qui expliquerait en partie les rencontres entre Bouteflika, Ghannouchi et Béji Caïd Essebsi, réputé proche de l’institution militaire en Tunisie. Le leader d’Ennahdha a confié aux responsables algériens sa crainte de voir l’armée lui préparer un scénario à l’égyptienne (éviction du président Morsi par l’état-major), avec la complicité de certains pays du Golfe. Alger a donc tenté de rassurer les deux parties pour éviter un clash, et a même demandé à Ennahdha de faire quelques concessions pour favoriser le dialogue. L’armée tunisienne, quant à elle, est très mécontente de la gestion du gouvernement islamiste face à la montée du terrorisme. Et c’est peut-être pour assister davantage l’effort sécuritaire tunisien qu’Alger a ouvert un canal direct entre Tunis et les pays du champ concernés par la lutte antiterroriste dans la région avec comme perspective l’adhésion de la Tunisie à l’Initiative sécuritaire des pays du champ. En fait, selon nos sources, l’Algérie souhaiterait associer le Mali, le Niger, la Libye et la Tunisie dans son programme initié depuis trois ans et consistant à former des forces aériennes et terrestres spécialisées dans le combat en milieu saharien ».

En réalité, il n’y a pas eu une seule tentative de l’armée tunisienne mais deux. La première, qui devait se déclencher le 3 août 2013 (date anniversaire de Bourguiba), et la seconde, fin septembre dernier. Selon nos informations, les deux ont été sabordées sur décision de la présidence algérienne. Nous disons bien présidence algérienne et non pas armée algérienne, car les généraux étaient quasiment tous favorables au sauvetage de la Tunisie, d’autant plus que l’opinion publique tunisienne n’attendait que cela.

Les pays du Golfe auxquels El-Watan a fait allusion sont les Emirats Arabes Unis et le Koweït, c’est-à-dire les principaux ennemis du Qatar. Les services égyptiens y étaient totalement favorables, mais pas les services syriens, auxquels les Iraniens qui soutiennent discrètement mais efficacement Ennahda, ont demandé la neutralité. Quant à l’Arabie Saoudite, elle  reçu des Américains l’ordre de ne pas s’impliquer dans un tel projet « contre-révolutionnaire » en Tunisie. Bouteflika, qui a fait d’énormes concessions aux Etats-Unis et au Qatar depuis deux ans, a dû recevoir les mêmes consignes.

Pour mieux comprendre le jeu troublant de la présidence algérienne, on rappelle ce confidentiel qui a été publié par le magazine parisien Afrique Asie, réputé très proche des généraux algériens, le 4 juillet 2013, sous le titre de « Rencontre secrète entre Mezri Haddad et deux officiers de l’armée tunisienne ». Voici ce qu’écrivait alors Afrique Asie : « Nous avons appris par des canaux sécuritaires d’un pays maghrébin que l’ancien ambassadeur de la Tunisie auprès de l’UNESCO a rencontré, il y a deux mois, deux officiers de l’armée tunisienne. La rencontre s’est déroulée aux frontières d’un pays limitrophe à la Tunisie. Cette rencontre entre un « philosophe » aux allures innocentes et deux militaires dont nous ignorons le grade est d’autant plus troublante que Mezri Haddad avait lancé, il y a exactement une année, un « Appel en 7 points », dans lequel il a demandé aux forces de l’armée –et non pas au général Rachid Ammar !- de prendre le contrôle du pays, de dissoudre l’Assemblée constituante, de former un gouvernement provisoire d’unité nationale et d’organiser dans les six mois des élections législatives et présidentielles sous le contrôle exclusif des Nations Unies. Notre rédaction avait publié ce communiqué daté du 13 juin 2012 (lien ci-dessous), qui avait provoqué à cette époque des réactions mitigées. Les uns l’ont accueilli comme une bouffée d’oxygène dans un pays qui s’inquiète et qui étouffe ; les autres l’ont considéré comme un appel au putsch. En allant à la rencontre de deux officiers de l’armée tunisienne, on peut en tout cas considérer que Mezri Haddad a des suites dans les idées « philosophiques » ! Le séisme qui vient de se produire en Egypte démontre que certaines idées peuvent avoir un impact là où on ne les attend pas ! ».

A quoi joue Abdelaziz Bouteflika ? Si, en soutenant les Frères musulmans tunisiens, il croit mettre à l’abri du « printemps arabe » l’Algérie, il se trompe. Malgré son essoufflement, ce « printemps arabe », c’est-à-dire le placement des islamistes au pouvoir, est un projet géopolitique américain global. C’est d’ailleurs ce que les généraux algériens ont compris dès le début. Mais pas Abdelaziz Bouteflika, qui sait pertinemment que les islamistes n’ont pas de patrie et que les relations entre Ghannouchi et Abbassi Madani sont aussi fortes que la collaboration stratégique entre Ennahda et le FIS. Tant que la Tunisie et la Libye seront sous le joug des frères musulmans, l'Algérie ne sera pas à l'abri. Celà aussi, les généraux algériens l'ont compris.TunisieSecret

Nebil Ben Yahmed

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C’est à la demande de Rached Ghannouchi que le président algérien a reçu le chef des Frères musulmans tunisiens, mardi 10 septembre. Selon la presse algérienne, « cette visite inopinée » est une initiative de Ghannouchi venu « demander à Bouteflika...Lire la suite


 
 


           


1.Posté par Léon le 07/12/2013 10:12
@Boutef: Vous auriez dû faire çà dans votre pays en 90 et lui épargner une décennie sanguinaire. Quant à la Tunisie, qui respecte beaucoup ses voisins et en particulier son voisin algérien (et l'aime beaucoup), vous ferez bien de la laisser régler ses problèmes seule. Politiquement parlant, je suis l'incarnation de Bourguiba qui ne voulait jamais voir l'Algérie et l'Egypte s'interférer dans les affaires de son pays.
Nous n'avons pas mis fin à l'occupation française pour la remplacer par celle des états arabes. D'ailleurs regardez où a mené l'ingérence qatarie.
Respectueusement.
Léon.

2.Posté par kimdee le 07/12/2013 23:06
quelle déception, quelle déception, quelle déception.
2 chances perdues peut-être à jamais, 2 chances peut-être aussi pas trop sanglantes car plus le temps passe et plus le risque qu'une solution militaire soit plus sanglante que nécessaire augmente.

entretemps la base américaine est chez elle en Tunisie. comment croire encore en une chance de ce genre?????????
RÂTÉES À JAMAIS
MERCI BOUTEFLIKA
MERCI MAISON BLANCHE SATANIQUE

3.Posté par moncef le 08/12/2013 02:23
Comment un zombie comme Bouteflika peut-il influencer notre armée? Je n'y crois pas une seule seconde. Il faut qu'on dégage Ennahda politiquement et non pas par un coup d'état, ce qui sèmerait encore un peu plus le désordre dans le pays. L'armée baisserait la garde au niveau des frontières et ce serait une aubaine pour les djihadistes qui accourraient par milliers des frontières Sud et peut être même de l'Ouest. Et l'armée tunisienne manque cruellement d'hommes et de moyens matériels,ce n'est pas l'armée Egyptienne ou Algérienne. Et puis pourquoi vouloir à tout prix changer la constitution, elle est très bien comme elle est, il suffit de l'appliquer à la lettre et de la respecter. On perd notre temps et notre économie ne le supportera pas plus longtemps. Vivement la fin de ce cauchemard, vivement la fin d'ennahda.

4.Posté par nazou le 08/12/2013 21:16
TS, vous vous trompé ,Boutéflika a compris une chose importante ,
Faire la guerre a la confrérie des freres musulmans est une grossiere erreur !!!
lui il connait le prix que l'algérie a payé et paye encore !!!
dans une guerre fratricide ,il n-y-a ni perdant ni gagnant !!! mais une guerre sans fin !!!
L'irak

5.Posté par Quebec le 08/12/2013 23:22
Comment pouvez croire à des mensonges pareils ? Un président qui ne s'occupe plus des affaires de son pays depuis une année et qui se deplace en fauteuil roulant peut il avoir autant d'influence à l'etranger et aupres des pays voisins. Tout le monde sait qu'en algérie ce n'est pas lui qui décide depuis belle lurette. Heureusement pour les algériens d'ailleurs. Le pouvoir est assez fort et puissant pour ne pas dépendre d'un seul homme fusse t'il président de la republique (à temps partiel). N'écoutez pas trop les journaleux à 2 sous qui sévissent en algérie qui disent tout et son contraire.

6.Posté par Hamida le 10/12/2013 01:36
N'importe quoi!
Je ne crois pas du tout ce que vous rapportez, M.
Bouteflika ne décide plus rien voyons et ce, depuis bien longtemps maintenant.
Vous auriez dit les généraux, ok, mais M. Bouteflika? Come on..
S'il est intervenu alors c,est certainement pour éviter une guerre fratricide comme le dit plus haut Nazou, rien de plus.
Et puis à tous les Tunisiens qui n,arrêtent pas de critiquer l'Algérie, si seulement vous saviez tout ce que fait l'Algérie pour vous! On ne peut pas tout dire à la lumière du jour mais croyez-moi, vous recevez beaucoup d'aide de l'ALgérie.

7.Posté par Observateur en Tunisie le 11/12/2013 00:48
Remerciements au journaliste Nebil Ben Yahmed pour un article qui expose bien des faits importants.

Depuis mes études historiques, j'ai compris qu'il y a un fil de continuité entre les actions terroristes du FLN (à partir de 1654), ennemi de la France (et de l'intégration pacifique du peuple musulman dans une république démocratique occidentale) et par la suite se profilant comme une islamisation rampante du pays algérien, le développement du FIS, dans laquelle Rached Ghannouchi a mis sa grosse patte terroriste depuis son exil de Tunisie, la décennie noire 1991-2001 avec 200.000 morts dans l’engrenage des égorgements et exécutions sauvages opérés par les islamistes, et l'état actuelle d'infiltration terroriste transnationale en Afrique du Nord et subsaharienne.

Il y a un fait important qu'il soit être pris en compte pour comprendre la complexité du dossier:
avant la formulation finale des accords d'Evian en 1962, pour le lâchage de l'Algérie Française aux mains sanglantes du parti unique (terroriste) FLN, opéré par Da Gaulle pour le compte de la CIA (en échange de l'armement atomique), des rencontres secrètes ont été faite à Genève, en Suisse, dans la villa... de l'émir du Qatar!

C'est-à-dire, soulignez par là, le rôle de succursale financière de la CIA que le Qatar a joué depuis si longtemps... Avis aux connaisseurs!

8.Posté par chikhaoui yassine le 12/12/2013 22:54
Je ne crois pas une seconde à ce scénario, au contraire Bouteflika serait bien content qu'on se débarasse d'un pouvoir islamiste à ses frontières, donc cette information est purement fantaisiste.

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