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Chedly Ayari, l’incorrigible escroc de la BADEA dépouille la BCT


10 Août 2016

Parachuté gouverneur de la Banque centrale, il a quintuplé son salaire en le portant à 28 000 dinars par mois. Celui qui aurait dans les années soixante-dix subtilisé près de 100 millions de dollars à la BADEA n’avait a priori pas besoin d’un tel salaire d’autant plus qu’il est bien placé pour connaître l’ampleur de la crise économique qui frappe la Tunisie et l'état de nos finances. Son complice l'islamiste Mohamed Rekik, vice-gouverneur de la BCT, a quant à lui multiplié par 5 son salaire, le portant ainsi à 24 000 dinars.


Chedly Ayari et Moncef Marzouki, en septembre 2012.
Chedly Ayari et Moncef Marzouki, en septembre 2012.
C’est le téméraire économiste Moez Joudi qui a révélé cette affaire scandaleuse, dans un statut publié sur sa page facebook, le mardi 9 août. Traquant depuis 2011 les imposteurs, les corrompus et les mafieux, Moez Joudi a écrit :
« Je viens d'avoir la confirmation et c'est plus que scandaleux! Le Gouverneur de la BCT, son éminence Si Chedly Ayari vient de quintupler son salaire qui devient tenez-vous bien: 28.000 Dt mensuel!!! Le Vice-gouverneur, le très «indépendant» politiquement, Si Mohamed Rekik lui aussi voit son salaire se multiplier par 5 et percevra désormais 24.000 Dt mensuel!! Est ce qu'il y a une indécence équivalente à celle-là?! Alors que tous les indicateurs sont au rouge, alors que le pays est au bord de la faillite économique et financière, alors que malgré la dernière réforme, la BCT continue à financer indirectement les "trous" du trésor public, le Gouverneur de la BCT n'a pas trouvé mieux que de nommer un nouveau Conseil d'administration de la BCT inféodé à lui, soumis à son diktat et qui vient de lui valider des décisions qui vont dans son intérêt propre!! A noter que Chedly Ayari a demandé 30.000 Dt de salaire mais le Conseil a fait l'«effort» de négocier 2000 Dt! Un exemple de bonne gouvernance! »

Simple précision, Mohamed Rekik, le vice-gouverneur de la BCT, était l'un des virus à l'intérieur de l'Etat bénalien et il est devenu, après le coup d'Etat du 14 janvier 2011, l'un des plus servile serviteur d'Ennahdha.  

Salaire astronomique dans un pays leucémique

Interrogé par nos confrères de Réalités Online, Moez Joudi a réitéré ses accusations en déclarant que « Le dernier conseil d’administration de la BCT a validé cette augmentation du salaire du gouverneur…et que Chedly Ayari a, au départ, réclamé 30 000 TND, sachant qu’il touchait le salaire d’un ministre, soit environ 4 500 TND ».

Toujours selon les propos de Moez Joudi rapportés par Réalités Online,  « Chedly Ayari a changé la composition du Conseil d’administration de la BCT, plaçant des personnes qui lui sont proches, qui ont fini par valider l’augmentation salariale qu’il souhaitait. Ce n’est pas le moment, c’est une mesure scandaleuse. Comment peut-on quintupler un salaire dans une institution publique, dans un contexte aussi difficile ? ».

Et d’ajouter qu’il s’agit d’une mesure « plus que scandaleuse. J’assume ce que j’ai déclaré et je demande l’ouverture d’une enquête. Ces pratiques sont inacceptables, sachant que le gouverneur de la BCT profite déjà d’un salaire de ministre et de plusieurs autres privilèges. À quoi bon critiquer le régime de Ben Ali dans ce cas ? C’est un semblant de détournement de fonds ».

Accusé d’avoir détourné 98 millions de dollars de la BADEA

On rappellera à nos lecteurs qu’après avoir été ministre du Plan (1969-1970, 1974-1975), ministre de la Jeunesse et des Sport (1970), ministre de l’Education nationale (1970-1971) et ministre de l’Economie (1972-1974), Chedly Ayari avait pris la tête de la Banque Arabe de Développement Economique de l’Afrique (BADEA) en 1975 à la demande de la Tunisie. Il n’avait quitté cette institution bancaire qu’en 1987, à la suite de présomptions de corruption et de détournements de fonds : 98 millions de dollars seraient disparus. Egalement impliqué dans cette affaire qui avait fait grand bruit à l’époque, un certain Faouzi Meherzi, l’homme à tout faire de Chedly Ayari et qui était le représentant de la BADEA à Paris.

C’est sous la pression de l’Arabie Saoudite, des Emirats Arabes Unis et du Koweït, à l’époque principaux actionnaires de la BADEA, que Bourguiba a ordonné à Chedly Ayari de s’éclipser, ce qu’il avait fait en renonçant à ses indemnités de départ, et pour cause ! Il aurait fallu l’intervention de Mohamed Mzali et de Baccar Touzani pour que Chedly Ayari échappe à des poursuites judiciaires.

Ben Ali l’a fait Sénateur et Marzouki l’a fait Gouverneur

Après le changement du 7 novembre 1987, Chedly Ayari a tout fait pour occuper un poste ministériel et Ben Ali a failli l’intégrer au sein du gouvernement formé par Hédi Baccouche. Mais l’Arabie Saoudite a vu ce retour d’un mauvais œil, les Saoudiens lui reprochant sa mauvaise gestion de la BADEA dont ils étaient avec le Koweït et les Emirats Arabes Unis les principaux bailleurs de fonds. C’est à la fin du règne de Ben Ali qu’Ayari a été désigné sénateur dans la nouvelle Chambre des Sénateurs.

Finalement, Chedly Ayari retrouvera sa virginité financière et politique après la « révolution du jasmin ». C’est le trio Ghannouchi-Marzouki-Ben Jaafar qui l’imposera, en juillet 2012, à la tête de la Banque centrale en remplacement du très honnête Mustapha Kamel Nabli. A son arrivée au pouvoir, Béji Caïd Essebsi a voulu l’écarter mais il en a été dissuadé par son ami Mohamed Ennaceur, qui est un proche parent de Chedly Ayari.

Le changement de statuts de la BCT, passé en catimini

En juin dernier, Chedly Ayari et le conseil d’administration fantoche de la BCT ont pris le soin de modifier les statuts de la Banque centrale, ce qui a été validé par la chambre d’enregistrement (Assemblée nationale) sans même se rendre compte des implications graves et inédites d’un tel changement de statuts qui, sous le prétexte fallacieux de l’indépendance de la BCT, octroie à son gouverneur un pouvoir absolu et sans aucun contre-pouvoir, à l’exception peut-être de celui d’Alberta Georgia, la sentinelle du FMI dont le bureau est adjacent à celui de Chedly Ayari.

Pour finir sur une note anecdotique, nos lecteurs passionnés d’archéologie peuvent visiter le musée privé de Chedly Ayari, situé à Ghammarth, rue Tanit. Son ami et voisin Mustapha Ben Jaafar, son parent Mohamed Ennaceur, son maître Rached Ghannouchi, savent qu’il s’agit en fait de son palais privé, orné des plus belles colonnes et pièces archéologiques de notre patrimoine carthaginois.

Nebil Ben Yahmed  


           


1.Posté par nejib AMMOUS le 10/08/2016 18:01
Je trouve que de telles pratiques ne sont pas dignes des cadres dirigeants de la Tunisie à une époque difficile de notre histoire . Pour occuper une première position dans les systèmes de l'état Présidence, Gouvernement, parlement, justice, ............, il est essentiel de disposer des qualités confirmées d'un leadership à savoir :
- Compétent
- Redevable
- SMART
- L'exemplarité
- La visibilité - Paroles = actes
- Le professionnalisme - Pas de place aux erreurs professionnelles
- Communication positive
Malheureusement, nous rencontrons de nos jour que d'autres critères sont de plus en plus considérés pour de telles positions qui sont critiques pour la bonne gouvernance de notre pays ; par conséquent les résultats des système sont de plus en plus dégradés .
Les retombés de ces échecs sont multiples
- introduction et acceptation de standards dégradés de management
- effondrement des systèmes de valeurs
- démotivation du citoyen
- perte de confiance
- impact sur le niveau d'endettement du pays
- prolifération de la corruption et de la complaisance
Nous sommes Tunisien et Tunisiennes sommes redevables de veiller à la sauvegarde des intérêts de notre pays et de ne pas donner place ni à la corruption , ni à la complaisance . Il s'agit bien de notre amour suprême pour notre patrie et pour nos enfants.

2.Posté par Denguezli le 16/08/2016 09:05
Pour les admirateurs du Gouverneur de la Banque Centrale, j’ai envie de leur poser une question clé qui me chiffonne depuis des années:
>
S'ils continuent à penser que les révélations de cet article sur l'affaire BADEA sont fallacieuses, ils devront être capables de répondre à cette question très simple pour montrer que Chedli Ayari jouit d'une grande notoriété au Koweït.

3.Posté par Triki A le 18/08/2016 13:20
un état de voleurs , un état de vieux loups qui ont subtilisé une révolution faite par des jeunes qui ont laissé vies et handicap , et qui profite actuellement à tous les voleurs au temps de bourguiba et puis ben ali et la troika et actuellement de beji

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