Connectez-vous S'inscrire

 

Rejoignez TunisieSecret sur facebook

| TS Via TunisieSecret


En lâchant ses fauves salafistes, Ennahda s'est-elle fait piéger par B.C.E. ?


19 Mai 2013

Tout indique, en effet, qu'Ennahdha s'est fait prendre au piège de Béji Caïd Essebsi. Article de Salem Benammar sur le stratagème d’Ennahda dans la ville de Kairouan. Malgré le ton haut du ministre de l’Intérieur et la contrariété d’un gouvernement usurpateur, la démonstration de force des salafistes dans cette ville ne serait qu’une ruse de Rached Ghannouchi pour impressionner les Tunisiens et montrer son mouvement sous les couleurs trompeuses de l’islamisme « modéré », capable de contenir l’islamo-fascisme.


En lâchant ses fauves salafistes, Ennahda s'est-elle fait piéger par B.C.E. ?
Depuis l'annonce de la candidature de B.C. E. aux élections présidentielles de 2014, qui est un coup de poker menteur pour obliger Ennahdha à lever le voile sur ses desseins politiques, on assiste à un véritable raz-de-marée salafiste sur la Tunisie. N'aurait-il pas été plus plus cohérent et approprié de débattre du projet de Nidaa Tounis plutôt que d'ouvrir la digue et laisser la marée salafiste déferler sur le pays ?  Il est évident qu'Ennahdha, en abattant sa carte salafiste, veut clore le débat de manière brutale, ce qui laisse entrevoir pour les candides ou les idiots utiles, la nature idéologique du projet islamiste en Tunisie.                                .

Acculée aux cordes et  prise de panique tel un boxeur roué de coups, Ennahda pense pouvoir se tirer d'affaire en cognant au-dessous de la ceinture pour son salut. Ainsi, elle ne cesse d'allumer des contre-feux  au propre comme au figuré pour reprendre la main sur une situation qui semble lui échapper.

Après avoir allumé celui de Djebel Chaâmbi, qui n'est toujours pas éteint, la voilà qu'elle allume dans la foulée celui de Kairouan, en jetant ses enfants  salafiste à l'assaut de la capitale Aghlabide. En faisant diversion, elle a réussi à mettre une chape de plomb sur le projet califien et liberticide de la constitution et prendre de contre-pied d'une part Béji CaÏd Essebsi, le candidat gênant, et d'autre part certains médias et blogueurs qui sont toujours à l’affut du sensationnel en oubliant l’essentiel.

Comme toute organisation fasciste imbue de son pouvoir absolu, elle ne peut accepter qu'on lui fasse de l'ombre ; elle se doit de rester le seul mouvement politique phare pour la Tunisie par n'importe quel moyen, y compris les plus destructeurs. Cela fait penser à l'embrasement de l’Allemagne dans les années 30 par Hitler et sa racaille nazie.

Sachant que la guerre de l'opinion ne lui est pas favorable, elle s'emploie à brandir son spectre salafiste qui n'est rien d'autre qu'un stratagème pour créer un climat de terreur et d'insécurité qui est aussi le prélude de ce qui attend les Tunisiens si d'aventure ils veulent la chasser du pouvoir.

Par conséquent, ses escadrons de la mort salafistes qu'elle vient de lâcher comme des fauves sont son atout-maître dans son bras de fer avec les Tunisiens dont le rôle serait de contribuer au renforcement de son pouvoir. En les faisant passer pour ses opposants, les plus farouches et les plus dangereux, elle se dote ainsi d'attributs légalistes et légitimistes. Mieux encore, elle apparait comme un mouvement « modéré » et « démocrate », comparée à ces islamo-fascistes.

Son coup de bluff est en voie  de produire les effets escomptés. Non seulement cela lui permet de justifier le maintien de l'état d'urgence, mais surtout de lui permettre de réaliser une remontée fracassante dans les sondages et apparaître aux yeux des Tunisiens comme leur seul recours contre la montée du péril terroriste. Tout simplement elle est le mal et le remède, et c’est ce qui fait sa force et sa faiblesse à la fois.Tunisie-Secret.com

Salem Benammar

 
 


           


1.Posté par R.Merdassi le 19/05/2013 16:35
Je ne partage pas tellement cette analyse qui omet de prendre en consideration la montee en puissance de la grogne chez la police,la garde nationale et l'armee qui ont mis la pression ces derniers temps pour faire comprendre a ennahdha qu'ils ne lui sont pas acquis et qu'ils restent le rempart republicain contre ses velleites destructrices et manipulations douteuses des mouvements extremistes jihadistes.Ghannouchi n'a-t-il pas dit a ses enfants salafistes d'etre patients du fait que l'armee et la police ne lui sont pas encore acquis?
L'enjeu des prochaines elections sera determinant dans l'histoire de la tunisie et si ennahdha persistera dans son entetement a vouloir garder le pouvoir par la force de ses milices,l'appareil securitaire et l'armee franchiront le pas et siffleront la fin definitive de la recreation.

2.Posté par Juriste le 19/05/2013 19:33
Cher Salem Benammar ,
j'apprécie toujours vos analyses caractérisées par une sincérité et une acuité rares de nos jours .
Mais je voudrais savoir , si vous êtes anthropologue ou historien ? Vous vivez en France ou ailleurs et si vous êtes professeur ? On voudrait savoir un peu plus sur vos œuvres et votre travail car ça fait plaisir de voir un compatriote de ce niveau .

J'adore votre phrase : " La charia et au droit ce que la barbarie est à la Civilisation "
Continuez à nous éclairer par vos analyses qui nous changent un peu du populisme et de la médiocrités ambiants et généralisés .

Allah Ykhalik Si Salem !

3.Posté par ABDELAZIZ MALLEK le 19/05/2013 22:28
j'ai place un petit commentaire sur FB ou le mininistre de l'interieur est vante' et loue' pour sa position aujourd'hui a kairouan et hay ettadhmen et j'ai dit::ya pas pas la une comedie bien trame' par le gouvernement?je m'y attarde ici
1-tt les hauts responsables du pays et du parti au pouvoir sont hors du pays alors qu'ils savent que ce dimanche est critique.
2-l'armee est completement absente de la scene a kairouan et Tunis
3-Gannouchi qui les presente comme ses enfants et lui rappellent sa jeunesse s'en desiste sur les onde d'une radio tunisienne(ca me rappelle le double language sa specialite')

3-l'absence de toute mobilisation des partis democrates et aucune declaration.
4-Mr MARZOUK DE nida tounis N'A TROUVE' MIEUX QUE DE S'ATTAQUER A AMINA DU FEMMEN
5-des dizaines de blesses parmi les agents et aucun parmi les salafistes(UNE PREMIERE)
6-SEUL LE PEUPLE REAGIT.eh ben ce peuple aura lr dernier mot.il n'a plus confiance en personne.

4.Posté par adn le 20/05/2013 03:16
Faire un point Godwin en milieu d'article, je ne sais pas s'il faut en rire ou en pleurer...

5.Posté par Mahmoud Bedoui le 20/05/2013 11:31
Le début de l'article est excellent et l'analyse très fine. En effet, personne ne doute que les jihadistes, qaÏdistes et salafistes sont le produit de Ghannouchi. Mais la fin de l'article prétendant que Ennahdha est sortie grandie par l'épreuve de force hier est totalement fausse. Bien au contraire s'il y a quelqu'un qui est platement battu c'est bien Ghannouchi et son parti va payer encore plus les pots cassés car le vrai vainqueur et nouveau héros du pays et Lotfi Ben Jeddou, le nouveau ministre de l'Intérieur au moment même où les dirigeants de Ennahdha ont quitté la barque pour fuir à l'étranger.

Nouveau commentaire :


Dans la même rubrique :
< >

Actualités | International | Culture | Vidéo | Dossiers | Archives | Editorial | Amérique | Interview | Opinion | Qui sommes-nous ? | Maxime du jour | Portrait | Le Must




Suivez-nous
Facebook
Twitter
Google+
YouTube





Galerie
Robert Menard
Pierre Delval Waito
Rached GHANNOUCHI et Mustapha Ben Jaafar
Hamadi Jebali, Hédi Baccouche, Mohamed Ghannouchi
Ali Bennour s'attaque au Qatar
Je suis Charlie

Inscription à la newsletter