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Ennahda . Un parti « modéré », très modérément


15 Janvier 2013

Psychanalyste de métier et tunisien de cœur, Gérard Haddad met en garde de la « modération » d’Ennahda qu’il compare à un boa. Dans cet article, il montre le véritable visage des islamistes tunisiens que certains grands quotidien parisiens, bien avant la chute du régime, faisaient passer pour des opposants pacifiques et même pour des militants des droits de l’homme, qui seraient l’équivalent des démocrates chrétiens en Europe et qui sont injustement persécutés par Ben Ali. Dans un style ironique et caustique, notre compatriote Gérard Haddad a démystifié cette légende à laquelle la gauche tunisienne et les milieux des droits de l’homme ont activement contribué, une légende qui a fait tant de mal à la Tunisie et qui prédisposé les tunisiens à accueillir ces terroristes comme des libérateurs.


Ennahda . Un parti « modéré », très modérément
Le mouvement Ennahda dirige aujourd’hui la Tunisie. Il déclare à qui veut bien l’entendre –et Moncef Marzouki, le président provisoire du pays, un « laïc », l’entend très bien et le répète- qu’il est un parti modéré.

C’est une belle nouvelle pour la Tunisie et, au-delà, pour l’ensemble du monde arabe. Sortir enfin du dilemme stérile entre extrémiste terroriste, incarné par Al-Qaïda, et régime pseudo séculier dirigés par des corrompus. Reste évidemment à comprendre la sémantique des termes »modéré », « modération », et à en vérifier le bien-fondé.

Le très respecté président de la Banque centrale de Tunisie, Kamel Nabli, a été démis de ses fonctions. Pour une bonne et simple raison : son échine n’était pas modérément souple. Voilà donc une juste décision.

Tout aussi respecté par ses étudiants et ses collègues, le doyen de la faculté de la Manouba, Habib Kazdaghli, est mis en examen. Qu’a fait cet homme ? Il n’a pas manifesté la juste modération dans le traitement de l’occupation de son université par une poignée de salafistes. Il aurait dû prendre exemple sur la modération dont a fait preuve en la circonstance le gouvernement nahdaoui. Aucune brutalité, aucune poursuite judiciaire à l’encontre des délinquants salafistes. Le doyen, lui, risque cinq ans de prison.

Des artistes, des journalistes, des intellectuels reçoivent des menaces de mort sans qu’aucune poursuite ne soit engagée contre ceux qui les profèrent. Mais ne vous amusez pas, sur Facebook, par exemple, même couvert par un pseudonyme, à mettre un petit dessein représentant le Prophète. Vous serez immédiatement démasqué et jeté en prison, ce qui vient d’arriver à un pauvre bougre. La modération a consisté ici à lui éviter la peine capitale.

Ces intellectuels sont d’ailleurs de mauvais patriotes, puisque certains de ceux qui reçoivent ces menaces de mort envisagent de quitter la Tunisie. Qu’ils partent, ces infidèles ! Le Pays deviendra modérément intelligent ou modérément bête. Et même, grâce au ciel, modérément développé, modérément démocratique.

La liste des actes de modération du gouvernement provisoire en place s’allonge de jour en jour. Ainsi, aucun leader de l’opposition ne doit chercher à tenir meeting en province. Il risque de se faire tabasser par des salafistes, comme certains en ont fait l’expérience. Pourquoi donc ces Tunisois vont-ils semer, sans modération, la zizanie dans ces paisibles contrées ? Qu’ils tiennent meeting dans leur salon !

Ne devraient-ils prendre exemple sur ceux qui ont su développer des pratiques sexuelles modérées ? Dans la faculté occupée, ils ont réussi à remettre en pratique la charmante institution du mariage de complaisance ou Orfi. Modérément bien sûr, chaque homme ne pouvant contracter que quatre de ces mariages. Ils peuvent évidemment répudier, après usage, ses épouses et renouveler ainsi son cheptel. Les intégristes de toutes les religions ne sont en réalité que modérément hypocrites et gravement obsédés.

La modération d’Ennahda ressemblerait-elle à celle du boa constrictor ? Cet élégant animal, quand il se saisit d’une proie, l’enlace d’abord de ses doux anneaux avant de serrer. Avec modération. Au début.
Tunisie-Secret.com

Par Gérard Haddad
Article publié dans La Revue No 26, octobre 2012.
Docteur en médecine, Gérard Haddad est psychiatre, psychanalyste et écrivain célèbre en France et dans le monde. Originaire de Tunis, il a été l’ami et  disciple de Jacques Lacan. Son dernier livre est « Lumières des astres éteints », aux éditions Grasset, 2012.    

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1.Posté par kais le 15/01/2013 19:21
un diagnostic pertinent de cette pieuvre drapèe dans les habits de la religion....

2.Posté par Moktar le 16/01/2013 08:21
Bien dit , encore un homme libre qui pointe du doigt la fausseté de l'islamisme modéré ...d'ailleurs à qui veulent ils faire croire ça ?pourquoi ce genre d'article n'apparaissent pas ailleurs ??? merci à vous ...vous êtes très courageux , et je ne vous vous connais pas mais mon admiration et ma reconnaissance est sans égal .

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