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L’audace de Ben Ticha, la veulerie du Tartour et le zèle du petit juge


6 Juillet 2015

Convoqué aujourd’hui par le juge d’instruction, Noureddine Ben Ticha ne s’est pas présenté, ce qui ajoute à l’audace le courage. Directeur du journal online Al-Jarida et l’un des leaders de la première heure au sein de Nidaa Tounes, Ben Ticha devait répondre d’une plainte qui été déposée par le mercenaire No1 du Qatar, Moncef Marzouki.


Au, milieu, Noureddine Ben Ticha. A gauche, Sofiène Ben Hamida et à droite Hamza Balloumi.
Au, milieu, Noureddine Ben Ticha. A gauche, Sofiène Ben Hamida et à droite Hamza Balloumi.
Il y a quelques jours, la chaîne Al-Hiwar Ettounsi diffusait des extraits du discours que Moncef Marzouki est allé prononcer chez ses maîtres de l’émirat islamo-mafieux du Qatar. Ce discours étant long (plus d’une heure) et abscons, la chaîne en question a fait ce que toutes les télévisions dans le monde font en pareille circonstance : un montage synthétique des extraits les plus saillants.

Irrité beaucoup plus par les réactions d’un public allergique à tout ce qui vient du Qatar que par ce montage vidéo, l’ex-crapule présidentielle a porté plainte contre Noureddine Ben Ticha, Hamza Balloumi et Sofiène Ben Hamida pour faux et usage de faux, ce qui est juridiquement absurde. Ajoutant à l’absurdité le zèle d’un petit juge qui n’a vraisemblablement pas perdu les réflexes de l’ancien régime, une mesure d’interdiction de voyage a été immédiatement prise à l’encontre des trois accusés sans même leur auditionner par un juge d’instruction.  

Plainte absurde et illégale, car la vidéo qui a été diffusée n’est pas un faux mais un authentique document. Pour éviter cette poursuite judiciaire, il aurait fallu que la chaîne tunisienne diffuse l’intégralité de la logorrhée marzoukienne, à l’instar de la télévision des Frères musulmans, Al-Jazeera ! Mais les envolées lyriques du Tartour n’intéressent plus personne en Tunisie, à l’exception des intégristes et des criminelles qui lui doivent leur liberté.

Les deux avocats de Noureddine Ben Ticha ont d’ailleurs fermement rejeté l’accusation de faux et usage de faux, « puisque le montage vidéo n’a pas falsifié les propos de Moncef Marzouk et ne lui a pas attribué des propos qu’il n’a pas tenus ».

Selon nos confrères de BusinessNews, « Les avocats évoquent des vices de procédure à la pelle, comme le fait que la convocation ait été formulée verbalement et non par écrit ». Plus grave encore d’un point de vue juridique, procédural et même constitutionnel, l’acte d’accusation se base sur le Code pénal, et non pas sur le Code de la presse et plus précisément sur les décrets-lois 115 et 116. Le syndicat des journalistes et la Fédération tunisienne des directeurs de journaux ont d’ailleurs entrepris des démarches officielles, ce lundi 6 juillet, pour que l’affaire soit jugée selon la réglementation en vigueur et non selon les caprices du Tartour national et de ses avocassiers.

On relèvera au passage l’empressement de certains juges à poursuivre en justice des journalistes ou des hommes d’affaires, à les frapper arbitrairement d’une mesure d’interdiction de quitter le territoire, alors que de dangereux criminels, agitateurs et terroristes se promènent librement en Tunisie.

Après la convocation d’aujourd’hui, le juge a reporté l’audience au 22 juillet prochain. Une affaire à suivre de prêt, pas tant en raison de son importance, mais parce qu’elle constituera un véritable test pour une justice qui n’a pas encore compris que l’ancien régime est révolu…., ou qui a très bien compris le contraire au point de se considérer comme un Etat dans l’Etat et une corporation au-dessus des lois et de la Constitution.

Nebil Ben Yahmed 


           


1.Posté par jasmine turchese le 06/07/2015 23:17
الا يكف هاذا الطرطور من التلاعب بالقضاء و تلفيق التهم لهاذا وذاك الا يكفيكم يا قضاء ان تتفقو معا وتردو الخونة الا يكفيكم ما فعله هاذا المعتوه بتونسنا وبهيبة الدولة الا تحاكمونه بخيانة عظمي وانه عميل قطرائيل وفي الاخير هاذا ليس تونسي يحمل جنسية غربية و مغربية ما بكم يا قضاء هل تفتحون محاضركم لابناء بلدي الشرفاء وتتركون الخونة

2.Posté par Chelly Kader le 07/07/2015 17:25
L'extrait suivant doit être écrit en or:"On relèvera au passage l’empressement de certains juges à poursuivre en justice des journalistes ou des hommes d’affaires, à les frapper arbitrairement d’une mesure d’interdiction de quitter le territoire, alors que de dangereux criminels, agitateurs et terroristes se promènent librement en Tunisie. " Bravo Monsieur Nabil !

3.Posté par E.Chourabi le 11/07/2015 17:19
Une justice clochardisée !

Il n y a pas lieu d’être juriste, petit ou grand, pour conclure à la clochardisation de la justice, depuis le 14/01/2011, du fait de décisions populistes, de contrats de claques et de mises en scènes de bas étage organisées par des pseudos révolutionnaires en quête de revanche contre une justice sur laquelle ils n’avaient jamais pu prendre le dessus, une justice qui faisait, tant bien que mal, son travail en toute neutralité loin des sphères politiques et médiatiques.
La justice a fait l’objet, depuis la révolte des gueux, à une action de destruction systématique débouchant sur l’effritement de l’appareil judiciaire et la mise à la retraite des hauts magistrats, ceux-là même qui auraient pu tenir l’organe judiciaire loin des querelles et des influences politiques.
Les artisans de cette débâcle sont bien connus des gens de justice, toutes professions confondues, avec à leur tête les anciens membres du bureau exécutif de l’association des magistrats, l’ancien bâtonnier des avocats, certains droits de l’Hommiste, se révélant être à la solde de chancelleries étrangères et bien évidemment Mohamed Ghanouchi qui, pour sauver sa tête et celles de ses proches collaborateurs, était prêt à donner tout le monde.
À suivre la situation, il semble qu’elle illustre bien l’état de la justice tunisienne, jamais aussi mise à mal par ses propres enfants en quête de positionnement pour des postes de fonction et de privilèges plutôt que pour redorer le blason d’une justice qui était bien plus au service du citoyen et de la préservation des intérêts de l’État, du temps de Bourguiba et de Ben Ali, quels que soient les griefs qu’on lui attribue, que cette justice délirante en quête de l’installation d’un « Gouvernement des juges », comme si les magistrats étaient les meilleurs hommes à nous gouverner .
Le ministre actuel de la justice, avec ses grands airs de révolutionnaire, sera bientôt réduit à un simple « Racham » dans un jeu de cartes, et la « Chkouba » de Rahmouni &Co ne tardera pas à le heurter de plein fouet si jamais l’État ne se ressaisit pas en consacrant l’indépendance de la justice tout en se gardant d’abandonner ses prérogatives en matière d’exercice de l’action publique, du ressort de l’État dans toutes les démocraties du monde.
Le ministre actuel de la justice, avec ses grands airs de révolutionnaire, sera bientôt réduit à un simple « Racham » dans un jeu de cartes, et la « Chkouba » de Rahmouni &Co ne tardera pas à le heurter de plein fouet si jamais l’État ne se ressaisit pas en consacrant le principe de neutralité des magistrats, notion plus large que l’indépendance de la justice, seule à même de consacrer cette indépendance tant souhaitée tout en cantonnant les magistrats dans leur rôle initial à savoir celui de dire le droit dans les litiges dont ils sont en charge loin des sphères politiques et médiatiques.

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