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L’histoire cachée de la dissolution du RCD en 2011


1 Octobre 2016

Qui sont les acteurs à l’origine de l’interdiction du RCD ? C’est le 9 mars 2011 que le Rassemblement constitutionnel démocratique a été officiellement dissous par le tribunal de première instance de Tunis. Ce fut l’un des premiers actes dans la conspiration contre la Tunisie. Retour sur une affaire dont les acteurs principaux sont restés dans l’ombre…jusqu’aux révélations qui vont suivre.


Un ancien Rcédiste récyclé dans l'islamisme "modéré" !
Un ancien Rcédiste récyclé dans l'islamisme "modéré" !
C’est par la lecture de ce communiqué lu à la télévision nationale, le 6 février 2011, que la conspiration contre le RCD a démarré : « Dans le souci de préserver l’intérêt suprême de la nation et d’éviter toute violation de la loi, le ministre de l’Intérieur a décidé de suspendre toutes les activités du RCD, d’interdire toutes réunions ou rassemblements organisés par ses membres et de fermer tous les locaux appartenant à ce parti ou gérés par lui… dans l’attente de présenter une demande officielle à la justice en vue de sa dissolution ».

Le ministre qui avait signé ce communiqué est Farhat Rajhi, l’éphémère ministre de l’Intérieur que Sihem Bensedrine a fait nommer pour accomplir les basses besognes, notamment la dissolution du RCD, la libération des criminels et des terroristes islamistes, ainsi que la purge du ministère de l’Intérieur de tous ses cadres et compétences nationalistes.

Vieux de près d’un siècle, héritier du Néo-Destour et du Parti socialiste destourien (PSD), transformé le 27 février 1988 en Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), ce dernier a subi la dissolution le 9 mars 2011, par le tribunal de première instance de Tunis, qui avait également décidé la liquidation de ses biens et fonds. Au moment de sa dissolution, le RCD comptait 9000 sections de base, 360 fédérations, 28 comités de coordination régionaux et près de 2 millions d’adhérents.

En ce mercredi 9 mars 2011, le tribunal de première instance avait commencé par examiner l'action intentée par Farhat Rajhi. A l'ouverture de ce procès islamo-stalinien, son avocat, Faouzi Ben Mrad, un ancien « militant » du RCD ( !) avait réclamé, dans une plaidoirie hystérique « la dissolution du RCD et la saisie de ses biens à l'intérieur et à l'extérieur du pays, qu'il avait acquis en spoliant l'argent du peuple ». La salle, tout aussi hystérique, clamait alors victoire et exigeait « du sang ».

Au milieu de ces voyous déguisés en magistrats, avocassiers, journaleux politicards et soldats des droits de l’homme, une femme se tenait debout toute seule et bataillait contre cette horde déchainée. Elle s’appelle Abir Moussi, avocate et ancienne secrétaire générale adjointe du RCD. Après six années de résistance aux menaces, au lynchage médiatique, à la diabolisation et au chantage, elle est aujourd’hui à la tête du Mouvement destourien que présidait auparavant Hamed Karoui.

On rappellera que la toute première tentative de ressusciter de ses cendres le vieux parti nationaliste de Bourguiba est venue, le 16 février 2011, d’un non destourien, Mezri Haddad, avec son Mouvement Néo Bourguibiste (MNB). Attaqué de toute part par les gauchistes, les islamistes et certains faux bourguibistes, notamment un certain Kaïs Laouiti et Jamil Sayah, le MNB s’est auto-dissout trois semaines après sa déclaration de naissance. Le concept et l’idée ont été repris beaucoup plus tard par Béji Caïd Essebsi et son Nidaa Tounès.   

Ceci pour l’histoire connue. Reste à présent l’Histoire cachée de la dissolution programmée du RCD. Son commencement vient de haut, de très haut : Washington et plus exactement Hillary Clinton. A la demande de Mohamed Ghannouchi, alors Premier ministre, c’est Tarek Ben Ammar qui avait alors contacté la Secrétaire d’Etat américaine pour lui demander « de l’aide ». C’était le 26 janvier 2011 et Hillary Clinton avait alors acceptée cet appel au secours à la seule condition de dissoudre le RCD et de limoger dans l’immédiat quatre ministres, à savoir Ridha Grira, Kamel Morjane, Ahmed Friaa et Béchir Tekkari. En agissant de la sorte, Hillary Clinton avait en tête la même recette « démocratique » que les néoconservateurs avaient appliquée à l’Irak. Le RCD a été donc dissout à l’instar du Bâath irakien en 2003.

Deux femmes tunisiennes et deux hommes ont joué un rôle clef dans cette conspiration pilotée par les Américains : Sihem Bensedrine, Neziha Rejiba, Mokhtar Jellali et Kamel Eltaïef. Médiocre écrivassière, Neziha Rejiba, alias Om Zied n’est autre que l’épouse de Mokhtar Jellali, avocat de profession et ex-député nommé par Ben Ali au Parlement.

Le soir même où Hillary Clinton avait transmis à Tarek Ben Ammar ses exigences, à savoir le 26 janvier 2011, une réunion secrète s’est tenue au bureau de Mohamed Ghannouchi à la Kasbah pour constituer le second gouvernement. Y avaient assisté Mohamed Ghannouchi, Afif Chelbi et Sihem Bensedrine flanquée de deux barbouzes pour « assurer sa sécurité ». Apprenant in extremis la nouvelle, Ridha Grira (ministre de la Défense), Kamel Morjane (ministre des Affaires étrangères) et Ahmed Fria (ministre de l’Intérieur) ont décidé de s’y rendre. Ils ont surpris Mohamed Ghannouchi en train d'écrire, sous la dictée de Sihem Bensedrine, la composition du gouvernement  On passera sur la violente dispute qui a éclatée entre Ahmed Friaa et Mohamed Ghannouchi.

En ce 26 janvier 2011, missionnée par ses employeurs étrangers et par ses guides islamistes, Sihem Bensedrine avait dictée à Mohamed Ghannouchi ses lois : limogeage des quatre ministres mis à l’index par Hillary Clinton, liste du nouveau gouvernement, libération des terroristes emprisonnés sous Ben Ali, purge du ministère de l’Intérieur de ses meilleurs cadres. Selon un témoin présent, Sihem Bensedrine avait tiré de son sac deux listes déjà établies : celle des sécuritaires à limoger ou à arrêter, et celle du futur gouvernement qui a été annoncé le lendemain, 27 janvier 2011, avec comme ministre de l’Agriculture et de l’Environnement, Mokhtar Jellali, l’époux de Neziha Rejiba !!!

Lilia Ben Rejeb  

 
A consulter dans nos archives :
 http://tunisie-secret.over-blog.com/article-tunisie-l-avocate-abir-moussi-seule-contre-tous-108906168.html
 
    


           


1.Posté par Badis. Koubakji le 01/10/2016 17:46 (depuis mobile)
Le 16 avril 2011 n''a rien a voir avec le neo bourguibisme ,c''est la jeunesse de RCD .....

2.Posté par djebabli le 02/10/2016 00:31
Merci pour la journaliste Lilia Ben Rejeb, auteur de l'article ci-dessus où elle rapporte des faits vécus et une explication vraie de ce qui s'est passé durant ces deux premiers mois de 2011. Seul un novice dans l'action politique ne comprendrait pas et ne daignerait point analyser les faits . Il les subit sans sourciller car ne comprenant pas que les décideurs avaient ouverts la boîte de Pandore en Tunisie , la livrant à l'inconnu: destruction du ministère de l'intérieur ( administration régionale, locale, et de base) ainsi que la diabolisation de la sûreté nationale comme acte premier , pour ensuite détruire le rempart RCD ( acte 2) et pousser le pays dans le chaos pour ouvrir le chemin tout propre sans ombrages pour l'islam dit modéré. Il reste beaucoup à dévoiler et à découvrir.

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