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La révolution tunisienne est un coup d'Etat militaire masqué


12 Juin 2011

Les révolutions arabes ne sont que des coups d'Etat militaires masqués

De retour d'une mission d'étude en Tunisie, en Egypte et en Libye, Eric Denécé, directeur du Centre français de recherche sur le renseignement (Cf2R), ancien du renseignement livre une lecture nuancée des événements du début d'année. Sans nier les aspirations des populations, il relativise l'ampleur du changement des équipes dirigeantes. Un prélude à de grandes déceptions.


La révolution tunisienne est un coup d'Etat militaire masqué
Il y a dans ces pays une réelle aspiration à plus de liberté, mais pas nécessairement à plus de démocratie. Par ailleurs, je ne crois pas à la spontanéité de ces « révolutions », qui étaient en préparation depuis plusieurs années. Dès 2007-2008, des conférences organisées sous l'égide d'ONG américaines, comme Freedom House, l'International Republican Institute ou Canvas, et où étaient présents la plupart des blogueurs et des leaders de ces mouvements, ont instillé le germe de la démocratie, créant un contexte favorable aux révolutions. Le processus était le même que celui qui a précédé le démantèlement de l'URSS, la Révolution serbe, la Révolution orange en Ukraine ou encore celle des Roses en Géorgie.
 
Mais pourquoi ont-elles éclaté en 2011 ?
 
Des contestations populaires ou étudiantes dans les pays arabes se produisent régulièrement, mais elles sont à chaque fois réprimées par l'armée et la police. Pour la première fois, l'armée s'est désolidarisée de la police, en refusant de réprimer les soulèvements en Tunisie comme en Égypte, et les mouvements ont été observés par la presse internationale. Mais surtout, dans la semaine précédant les événements, les plus hauts représentants des armées de Tunisie comme d'Égypte se sont rendus à Washington, qui assure l'essentiel du financement de l'armée, pour obtenir le feu vert des États-Unis à un renversement des dirigeants. Ils ne supportaient plus la prédation des clans au pouvoir.
 
Ces révoltes seraient donc des coups d'État militaires prenant le visage de mouvements démocratiques spontanés ? Les manifestants de la place Tahrir n'avaient pourtant pas l'air manipulés ?
 
En êtes-vous si sûre ? Il est tout de même étonnant que dans ce pays où existent un militantisme islamiste et un net sentiment anti-israélien, aucun slogan anti-israélien ne soit apparu pendant les manifestations. C'est bien l'indice d'une « révolution » sérieusement encadrée. Quant à la « nouvelle équipe » au Caire, elle comprend le chef d'état-major de l'armée ainsi que l'ancien chef du service des renseignements, et s'est immédiatement engagée à respecter les accords internationaux signés, notamment les accords de Camp David auxquels est hostile une large partie de la population.
 
Et en Tunisie ?
 
Le ras-le-bol face face à l'avidité du clan Trabelsi était profond et touchait l'ensemble de la population confrontée à des difficultés économiques croissantes jusqu'aux entrepreneurs, dont beaucoup devaient « céder » des parts entières de leur business pour ne pas être inquiétés. C'est pour cela que des manifestations se sont produites dans toutes les villes du pays. La révolte y a été plus populaire et plus profonde qu'en Égypte, où les événements se sont, pour l'essentiel, limités à la place Tahrir. Mais comme au Caire, le nouveau gouvernement de Tunis comprend en majorité des collaborateurs de l'ex-président Ben Ali. Dans les deux cas, tout s'est passé comme si les jeunes générations avaient décidé de « faire sauter le bouchon » qui empêchait leur accès au pouvoir, sans changer fondamentalement le système ou le régime. L'imminence d'un coup d'État militaire était évoquée depuis dix-huit mois en Tunisie. Aussi n'est-il pas approprié de parler de « révolution ». L'Iran, en 1979, et l'URSS, en 1991, ont connu de vraies révolutions. Tout y a changé : les hommes, les institutions, les rapports internes, les relations internationales, etc.
 
Rien de tel dans les événements récents. Il s'agit d'un renouvellement des classes dirigeantes qui ont, avec l'accord de Washington, organisé des coups d'État « en douceur », en profitant d'une vague de contestation populaire qu'elles ont intelligemment exploitée. Ainsi, leur arrivée aux affaires bénéficie extérieurement d'une grande légitimité et donne le sentiment d'une rupture profonde avec le régime précédent. La situation est en réalité bien différente. D'ailleurs, pour Washington, c'est un « changement dans la continuité » modifiant peu l'équilibre régional, ce qui est étonnant pour des révolutions. Washington encourage et appuie les armées d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient pour qu'elles évoluent vers un rôle « à la turque » : c'est-à-dire qu'elles n'occupent pas le pouvoir - sauf cas de force majeure - mais soient les garantes de la stabilité du pays contre l'islamisme, qu'elles contribuent à la stabilité régionale et qu'elles ne manifestent pas d'hostilité réelle à l'égard d'Israël.
 
Comment lisez-vous la situation actuelle ?
 
Beaucoup de problèmes risquent de surgir : dans les deux pays, un fossé inédit est apparu entre l'armée, qui sort grandie des événements, et la police, qui a longtemps assumé la répression des manifestants. Les forces de l'ordre - surtout en Tunisie - en sont sorties profondément désorganisées. On pourrait voir une recrudescence de la criminalité nuisant à l'équilibre intérieur. Enfin, très vite, une partie de la population va réaliser qu'elle a été flouée. D'où de possibles chocs en retour et une reprise des émeutes. Nous en voyons peut-être déjà quelques signes avant-coureurs à travers les manifestations populaires qui semblent reprendre ici et là. Enfin, les islamistes se sont pour l'instant montrés plutôt discrets. Mais jusqu'à quand ?

 
 
 



           


1.Posté par ch le 15/11/2012 07:58
détrompez vous mais depuis le début une grande partie de la population avions compris que c'est les usa qui tire les ficelles et a oechestrée cet rebellion et cet manipulation de l'armée !!! il était claire qu'elle n'a pas réagit sur ordre des usa et non pour se joindre au peuple car elle aurait pu mettre un terme à tt ces manifs et il n'y aurait pas eu autant de mort pour rien !!! car aujourd'hui c'est bien pire ce qui est en place au gouvernement : des assassins des terroristes des inculres des ignorants et tous, cautioné par les usa!!!! les usa ne veule pas qu'un pays musulman soit libre et démocratique sa ferait des dégats pour eux il ne pourait plus nous maitriser!! nous diviser et nous laisser dans l'ignorance et la dictature pour mieux reigner!!

2.Posté par hamdi houcine le 22/02/2014 22:39
hhhhhhhhhhhhh...... pas besoin d'etre un spécialiste du renseignement pour comprendre ce qui s'est passé...! seulement en Tunisie il s'agit vraiment d'une réelle insurrection , d'aspirations réelles à la dignité ,la liberté et à la citoyenneté....
https://www.facebook.com/notes/houcine-hamdi/-printemps-arabe-et-red%C3%A9ploiement-de-limp%C3%A9rialisme-mondial-quelques-reflexions/330987566917265

3.Posté par Ali Abdelmônem ZRIBI le 25/02/2014 09:02
Bjr,merci pour votre lecture de la situation en Tunisie que je qualifie volontiers de gravissime!
Je ne ferai pas de commentaire sue votre article pertinent,je me réserve le temps de le faire à tête reposée!Tout ce que je souhaiterais vous dire c'est qu'il n'a jamais eu de "Révolution" en Tunisie!,il s'agit d'une véritable explosion sociale profonde!si vous permettez une image,c'est exactement une cocotte minute qui a explosé face aux développement accru des diisparites sociales,et l'ampleur des systèmes mafieux et corrompus impliqués au sein de L'Etat!
Enfin,un élément moteur qui a stimulé cette explosion sociale c'est les développements poussés à l' apogée des différentes contradictions au sein de l'Etat,l'Armée et la société Civile!!à suivre

Professeur Ali Abdelmônem ZRIBI
Maître de conférences HDR en Architecture.
Université de Carthage.Enau.de Tunis .
Sidi Bou Said.

4.Posté par kastalli cherif le 06/04/2014 22:05
Et une révolution qui prépare le putsch des Technocrates
Ce risque plane aussi sur la Tunisie, avec un éventuel putsch des bureaucrates, après la fin de mission du gouvernement provisoire. En effet les partis vont être confrontés à un problème de mobilisation et de recrutement d’adhérents. Les partis de décore Inoubli, Bouchiha, Mouaada….., ont pollué le climat politique, les tunisiens sont alors méfiants à propos des formations politiques , ils ne veulent plus être pris pour des imbéciles ni cautionner une caste politique . La séparation de l’état et des partis fera au début un grand nombre d’apolitiques mais après la fin de mission du gouvernement provisoire et une fois le parti au pouvoir sera connu ce parti raflera un grand nombre d’adhérents parmi les employés de la fonction publique et des sociétés étatiques, particulièrement la bourgeoisie bureaucratique opportuniste qui doit maintenir sa présence dans les rouages des institutions de la république pour légiférer et préserver ses privilèges ce qui expliquera une éventuelle main mise cachées des grands commis sur le pays . De même 50 ans de dictature n’ont pas permis l’émergence de la pensée politique des forces productives du pays parmi les artisans, les industriels, les commerçants et les agriculteurs. Compte tenu de ce vide, en Tunisie aussi la transition démocratique n’est pas évidente. En effet les gouvernements qui vont se succéder vont faire appel à ces profils bas de commis pour asseoir leur pouvoir et nous tomberons de facto dans la dictature bureaucratique. Il faut faire attention car ces technocrates sont inodores et prennent la couleur de toutes les soupes.
http://cherifkastalli.blogspot.com/2011/02/une-revolte-qui-active-un-coup-detat.html

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