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Le débat euro-méditerranéen au féminin, par Nader Allouche


11 Octobre 2014

Article de notre ami libanais Nader Allouche, sur un sujet où la Tunisie était à l’avant-garde il y a à peine trois ans. Depuis la « révolution » dite de la « dignité », le pays qui fut, depuis 1956, à l’avant-garde du combat pour l’émancipation de la femme dans le monde arabe brille par son absence. Il est aujourd’hui en tête des pays exportateurs de terroristes et de jihad al-Nikah en Syrie !


De gauche à droite : Nader Allouche, la Sénatrice Joëlle Garriaud-Maylam, également Vice-Présidente de la délégation française au Droit des Femmes, Zeina al-Tibi, Présidente de l'AFACOM, et Abdallah Khalaf, représentant en France du Premier Ministre libanais Sa'ad Al-Hariri.
De gauche à droite : Nader Allouche, la Sénatrice Joëlle Garriaud-Maylam, également Vice-Présidente de la délégation française au Droit des Femmes, Zeina al-Tibi, Présidente de l'AFACOM, et Abdallah Khalaf, représentant en France du Premier Ministre libanais Sa'ad Al-Hariri.
La femme comme avenir de l'Humanité, tel fut le point commun des différents intervenants du colloque international sur le dialogue euro-méditerranéen, qui s'est tenu le 7 octobre 2014 au Sénat.

La conférence, qui proposait de penser au féminin le dialogue euro-méditerranéen, a réuni des intervenants de grande qualité, dont Nicole Ameline, la Présidente de la Convention des Nations Unies sur l'élimination des discriminations contre les femmes, Sylvie Braibant, la rédactrice en chef de "Terriennes" à TV5 Monde, ou bien encore Jean-Marie Heydt, Président de la Conférence des ONG au Conseil de l'Europe.

Réunis autour de Zeina al-Tibi, une journaliste libanaise d'origine palestinienne, qui était l'organisatrice de l'évènement en sa qualité de Présidente de l'AFACOM, les intervenants ont tous dit la nécessité de placer la femme au centre du dialogue euro-méditerranéen, parce qu'elle est le meilleur "médium" de la réconciliation. Rappelant l'expérience libanaise, la Doctoresse Elham Kallab, dont l'intervention fut particulièrement remarquée, nous fit observer que "c'est la femme qui empêche le fils et le mari d'aller à la guerre". C'est la femme qui a le plus intérêt à la paix, parce qu'elle est une mère, et dans une moindre mesure, parce qu'elle est une épouse.

Comme le pensait Engels, la femme est également l'outil du développement humain. Rappelant cet adage qu'éduquer une femme "c'est éduquer toute une nation", Nicole Ameline a longuement insisté sur l'idée de faire du dialogue euro-méditerranéen un espace de débat sur la condition des femmes, qui est, pour elle, le sujet le plus préoccupant en Méditerranée orientale, malgré les horreurs de la guerre civile en Syrie, et la menace de Daesh contre tout le bassin méditerranéen.

Il faut bien comprendre que les femmes jouent un rôle central dans les sociétés patriarcales de la Méditerranée. Pour Nicole Ameline, il s'agit de briser le cercle vicieux de la violence et de la régression sociale. Les femmes jouent un rôle social fondamental dans l'éducation qu'elles donnent à leurs enfants. Il s'agit en instruisant les femmes, en les éduquant à la citoyenneté, d'élever les générations futures au Progrès social. Toutes les manifestations de la violence politique et sociale sont, en fait, seulement les symptômes de la ségrégation sexiste

Sensible à l'appel urgent de Madame Ameline, Zeina al-Tibi et Nuzha Bouchareb ont décidé d'unir leurs initiatives féministes, via le partenariat de leurs associations : l'AFACOM, qui est, en France, la grande association des femmes arabes de la presse et de la communication, et le Connecting Group, un nouveau lobby marocain féministe, grâce auquel, entre autres, des femmes sont devenues ministres au Maroc. Il faut espérer que Nicole Ameline saura encourager ce nouveau partenariat, extrêmement prometteur.

Le travail de réseau est aujourd'hui le meilleur outil pour faire avancer concrètement et rapidement la cause des femmes dans le monde. C'est pourquoi le partenariat entre l'AFACOM et le Connecting Group est important. Les femmes d'influence doivent s'unir et se mettre en réseau.

Il faut noter à ce sujet la présence de la Sénatrice Joëlle Garriaud, Vice-Présidente à la Délégation du Droit des femmes. On regrette ici que les organisateurs aient omis d'associer la Délégation à leur projet. Madame Garriaud, néanmoins, s'est déplacée jusqu'à la conférence, où elle a rencontré plusieurs acteurs arabes et méditerranéens de la cause féministe.

La conférence a semblé être un succès. D'abord, elle a réuni des intervenants de grande qualité. Puis, elle a été largement relayée dans la presse : France 24, TV5 Monde, Radio Monte-Carlo Doualiya, etc. Enfin, elle a permis à des femmes d'influence, tout autour de la Méditerranée, de se rencontrer. Et, cerise sur le gâteau, le partenariat qu'ont scellé l'AFACOM est le Connecting Group, en conclusion de la conférence, a sonné comme une ouverture à une nouvelle action "méditerranéenne" féministe, associant la France, le Liban et le Maroc.

On espère que Madame al-Tibi, qui est, en France, comme la voix des femmes arabes, organisera un autre colloque, consacré, cette fois, exclusivement à la cause des femmes arabes, parce qu'il a semblé manqué, le 7 octobre, le temps de débattre plus profondément de la particularité arabe, qui tient tant au rôle de la femme dans l'islam qu'à la crise qui secoue le sunnisme actuellement.

Sûrement fallait-il distinguer la femme méditerranéenne de la femme arabe. D'ailleurs, la Méditerranée, au sens culturel et politique, a-t-elle un sens depuis la chute de l'Empire Romain d'Occident, et depuis que l'Afrique du Nord a été conquise par les Arabes? L'Algérie de Saint Augustin, si elle existait encore, eût été méditerranéenne. Mais aujourd'hui la Méditerranée est une frontière culturelle entre l'Occident européen et l'Orient sémitique. Et donc des conférences plus ciblées pourraient engendrer des débats plus précis et des réponses mieux adaptées.

"Notre mer" a plusieurs maîtres, et si les Romains seulement l'appelaient Mare Nostrum, nous devrions nous interroger sur le sens de la Méditerranée comme unité culturelle.

Nader Allouche, journaliste indépendant (Radio Sawt al-Mada - Beyrouth, Liban/ Sama TV - Damas, Syrie). Cet article a été publié dans Le Huffington Post du 9 octobre 201


           

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