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Le naufrage de l’économie tunisienne, par Ayachi Ajroudi


14 Novembre 2014

Les indicateurs économiques sont tous au rouge, sans que ce cataclysme annoncé ne trouble certains candidats aux élections présidentielles. La situation économique du pays est manifestement le parent pauvre du débat électoral, qui vire d’ailleurs aux dénigrements personnels, aux promesses populistes et à la désinformation. C’est pourtant l’économie qui va déterminer l’avenir des Tunisiens dans les dix années qui viennent et qui sera le facteur de stabilité ou d’instabilité du pays.


Mohamed Ayachi Ajroudi, l'un des rares hommes politiques à s'inquiéter de la situation économique du pays.
Mohamed Ayachi Ajroudi, l'un des rares hommes politiques à s'inquiéter de la situation économique du pays.
Au moment où se déroule la campagne électorale, qui est de plus en plus violente, avec des prétendants dont plusieurs n’ont aucun charisme, ni expérience, ni surtout le moindre programme digne de ce nom, sinon de diviser les tunisiens et de semer la discorde et la peur entre eux, l’économie du pays est au plus mal. Et ce n’est là qu’un euphémisme pour décrire l’état de délabrement auquel est parvenue l’économie tunisienne après bientôt quatre années de gesticulation, d’irresponsabilité et même de trahison.

Cela vaut aussi bien pour le premier gouvernement de transition que pour celui de la troïka, sans parler bien évidemment du gouvernement dit des « technocrates » à qui revient la palme d’or de la médiocrité, de la suffisance et de la prévarication. Pour la plupart de ces novices, dont la légende technocratique n’a d’égale que l’indigence politique, l’échec est cuisant et les dégâts sur l’économie, l’industrie, l’énergie, le tourisme, l’agriculture et l’environnement sont quasi irréparables.    

Malgré les discours auto-glorificateurs, la croissance ne démarre pas : 2,4% au mieux en 2014 et la prévision d’une croissance molle pour 2015 ne dépassant pas 3%. Sur toute la période 2011-2014, le taux de croissance moyen aura été de 1,7% par an, soit un niveau légèrement plus élevé que la croissance démographique, et qui ne permet ni de réduire le chômage, ni encore moins de combattre la pauvreté et l’exclusion sociale.

Les déséquilibres, en termes de classes sociales et de régions, ne cessent de s’amplifier et de se creuser avec un déficit commercial de 11,7 Milliards de dinars pour 10 mois, ce qui signifie que ce déficit dépasserait selon toute vraisemblance 13 Milliards de dinars à la fin de l’année 2014, soit une augmentation 63% par rapport à 2010.

Un déficit des paiements extérieurs estimé pour toute l’année 2014 à près de 9% du PNB, soit le double du niveau de 2010 et un déficit budgétaire de 6% soit six fois le niveau de 2010(1,1%).

Compte tenu de ces déficits, la dette extérieure du pays atteindrait 37 Milliards de dinars en 2014, soit un endettement supplémentaire en devises net que l’importation de biens de consommation courante accable de 13,5 Milliards de dinars.

Quand à la dette publique, elle serait de 43 Milliards de dinars soit 51,5% du PNB à fin 2014, contre 27 Milliards de dinars et 40% du PNB en 2010, ce qui veut dire que l’Etat a eu un endettement supplémentaire net des remboursements de 15 Milliards de dinars entre 2010 et 2014, des ressources qui ont été dépensées sans aucun impact sur la croissance du pays et le bien être de son peuple. Bien au contraire la pauvreté progresse de façon vertigineuse en commençant par affecter  les classes moyennes, et le chômage se maintient à un niveau élevé estimé fin 2013 à plus de 610000 (en réalité 805000) dont 248000 jeunes diplômés du supérieur.

Le budget de l’Etat serait passé dans le même temps de 18 Milliards de dinars en 2010 à 27 Milliards de dinars en 2014, ce qui a alimenté une grande partie de l’endettement public supplémentaire sans que cela entraine une amélioration du niveau de vie du citoyen, le gros de dépenses ayant servi à des recrutements inutiles dans la fonction publique et les entreprises étatiques. La part du budget de l’Etat réservée à l’investissement serait passée de 25% en 2010 à 17% en 2014.

Je sais que pour l'électeur lambda, ces chiffres ne signifient rien. Mais face à un tel naufrage que ces chiffrent annoncent inexorablement, « l’élite » du pays, y compris ceux qui aspirent à la magistrature suprême, semble totalement indifférente. Les plus optimistes croient et font croire qu’une fois le président de la République élu et le gouvernement constitué, l’économie tunisienne sortira du marasme comme par enchantement. Les plus cyniques se persuadent qu’avec le « diplôme » de premier Etat à réussir son examen de « printemps arabe », les pays riches et les institutions financières internationales vont massivement contribuer au sauvetage du bateau ivre tunisien.

Avec ces rêveries de « promeneur solitaire » et au rythme où va la décomposition macro et micro-économique tunisienne, je crains la faillite totale et une implosion sociale sans précédent… A moins d’un ultime sursaut patriotique, que beaucoup souhaitent et que certains redoutent.  

Mohamed Ayachi Ajroudi, Président du « Mouvement du Tunisien pour la Liberté et la Dignité ».     


           


1.Posté par dridi khaled le 15/11/2014 12:33
il faut les solutions que je possèdes mais aucun ne bouge et ne fait le pas pour collaborer sauf ceux que j'ai eu et qui sont prêt à faire entrer la devise pour la Tunisie. Je me casse la tête et ce monsieur pour moi en rouge et avec ses idées. Un homme d'affaire voit les choses par intélligence et ne pas rester dans place critiquer

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