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Lutte antiterroriste : M.Dahlan et M.Valls d’accord dans la divergence !


11 Mai 2016

CIGPA a organisé samedi dernier un important colloque international sur « Le bilan sécuritaire, économique et géopolitique » du printemps arabe. « Comment faire face au péril global du terrorisme ? » « était l’un des thèmes majeur de ce colloque qui a eu un énorme succès. La vedette de cette rencontre a été le leader palestinien Mohammed Dahlan, qui a fait une communication remarquable et remarquée sur le terrorisme islamiste en Europe et la façon de l’éradiquer. Hasard du calendrier, deux jours après, le Premier-Ministre Manuel Valls exposait devant l’Assemblée national son « Plan d’action contre le radicalisme et le terrorisme ».


Le leader palestinien Mohammed Dahlan à gauche et le Premier-ministre français Manuel Valls à droite, dans le sens géométrique du terme !.
Le leader palestinien Mohammed Dahlan à gauche et le Premier-ministre français Manuel Valls à droite, dans le sens géométrique du terme !.
Samedi 7 mai dernier, à la Maison de la Recherche de la Sorbonne, le Centre International de Géopolitique et de Prospective Analytique (CIGPA) fondé et dirigé par Mezri Haddad, a organisé un important colloque sur le bilan géopolitique, économique et sécuritaire du « printemps arabe », lors duquel d’éminents spécialistes et d’illustres personnalités politiques arabes, africaines et européennes ont décrypté les révoltes arabes sous l’angle de la rétrospective et de la prospective.

Des institutions sécuritaires inadaptées

Invité vedette de ce colloque, l’ancien fidèle compagnon d’Arafat et ex-ministre de l’Autorité palestinienne chargé de la sécurité, Mohammed Dahlan. Dans sa remarquable conférence intitulée « Le terrorisme au cœur de l’Europe. Les causes et les remèdes », il a amicalement critiqué l’approche européenne du traitement anti-terroriste en parlant d’incompréhension, de naïveté et d’anachronisme. « Nous autres Palestiniens, sommes redevables à la France et nous ne voulons pas qu’il lui arrive le moindre mal », a-t-il d’emblée lancé, avant d’ajouter : « c’est parce que nous l’aimons que nous lui devons un discours de vérité ».  

Selon lui, « 80% des institutions sécuritaires européennes sont inadaptées et caduques (un mot qui nous rappelle le caduc de Yasser Arafat au sujet de la Charte de l’OLP), car elles ont été conçues pour des sociétés ouvertes, paisibles et civilisées, et non pas pour combattre le fléau terroriste-islamiste que nous subissons nous autres Arabes depuis 30 ans. Il va donc falloir adapter les moyens par rapport aux fins ».

Sans sécurité, la liberté n’a aucun sens

Sans ignorer le difficile équilibre entre liberté et sécurité –un vieux débat philosophique et politique, dit-il-, il a indiqué : « Loin de moi l’idée d’appeler au sacrifice de certaines libertés fondamentales et inaliénables au profit du tout sécuritaire. Mais la Raison d’Etat exige parfois qu’à situation exceptionnelle, traitement exceptionnelle…dans le respect des lois et des droits de l’homme » ! Il a affirmé que « la sécurité est aussi un droit fondamental et que sans elle, la liberté n’a aucun sens ».

A la fin de sa conférence, M.Dahlan a été un peu ironique sur les mesures de prévention du terrorisme, notamment le programme de déradicalisation en France. A ses yeux, ses mesures sont insuffisantes et pour le moins candides. C’est qu’il considère que la France et l’Europe en général continuent à adopter « des stratégies curatives qui traitent des conséquences et non point des causes réelles de ce phénomène global ». Il en cite quatre : La politique étrangère, l’échec des dispositifs sécuritaires européens, la constante propagation des associations islamiques en Europe, et l’échec de la politique d’intégration.

Deux jours après ces propos, lundi 9 ami, devant l’Assemblé nationale, le premier ministre Manuel Valls annonçait son ambitieux Plan d’Action contre la Radicalisation et le Terrorisme (PART) en mettant précisément l’accent sur la création « dans chaque région » de centres de « réinsertion pour personnes radicalisées ». Si sur le diagnostic Dahlan et Valls sont d’accord, ils divergent par contre sur la thérapie.

M.Dahlan et M.Valls sur la même longueur d’onde

Lundi 9 mai, devant l’Assemblée nationale, Manuel Valls a affirmé que « La lutte contre le djihadisme est le grand défi de notre génération ». Samedi 7 mai, à la Maison de la Recherche de la Sorbonne, Mohammed Dahlan a déclaré que « La lutte contre le terrorisme et le djihadisme est le défi majeur de notre époque ». Lorsque M.Valls déclare que « Le terrorisme islamiste, la radicalisation nous exposent à une menace sans précédent. Et c’est par une mobilisation sans précédent que nous devons répondre », M.Dahlan renchérie que « la Raison d’Etat exige parfois qu’à situation exceptionnelle, traitement exceptionnelle ». Si selon M.Valls, « combattre la radicalisation nécessite de rendre les outils de la police plus efficaces », pour M.Dahlan, « les structures sécuritaires classiques sont inadaptées et ses moyens sont insuffisants ». Si pour M.Valls il faut « continuer notre action militaire contre les sanctuaires terroristes et poursuivre Daech, Al-Qaïda et leurs succursales en Syrie, en Irak et au Sahel », pour M.Dahlan, «Il faudrait mener une campagne militaire intégrée (avec des forces arabes) et permanente sur les capitales du terrorisme en Irak, au Yémen, en Syrie et en Libye ». Quand M.Valls annonce dans ses mesures préventives « le contrôle des établissements scolaires hors contrat », M.Dahlan est plus direct : « C’est dans les mosquées, les crèches, les écoles et les universités privés que les organisations islamistes font le lit de la radicalisation et du terrorisme ». Lorsque M.Valls appellent à « la construction d’une multitude de contre-discours (intégriste) en mobilisant l’islam de France », M.Dahlan suggère qu’aux «homélies subversives et meurtrières, il faut opposer et encourager l’expression de l’islam modéré et sécularisé ».

Les divergences entre M.Valls et M.Dahlan

La première, qui n’est pas entre le premier-ministre français et le leader palestinien mais entre les philo-islamistes en général et les anti-islamistes, est que Dahlan ne parle précisément pas « d’islamisme modéré » à l’instar de certains médias et hommes politiques français depuis le printemps dit arabe, mais d’Islam modéré, ce qui signifie tout autre chose.

Dans sa conférence au colloque de CIGPA, M.Dahlan a mis l’accent sur « la nécessité impérieuse de distinguer l’Islam religieux de l’islam politique », en pointant clairement du doigt la responsabilité idéologique et logistique des Frères musulmans dans la propagation du terrorisme dans le monde. Et pour lui, l’UOIF en est la ramification française. Or, implicitement, M.Valls ne désespère pas de voir l’UOIF s’impliquer davantage dans l’entreprise de déradicalisation et le lutte contre l’islamo-terrorisme !

A l’endroit où dans son PART, M.Valls plaide pour « Une stratégie globale à la fois en amont, pour prévenir, détecter, traquer la radicalisation, et en aval, pour la combattre », M.Dahlan estime que « si importantes et draconiennes soient les mesures préventives prises par nos amis français, leur approche… met l’accent sur le remède des conséquences et de leurs implications, et non guère sur le traitement radical des vraies causes du terrorisme en France et en Europe ».

Dans son discours devant l’Assemblée nationale, à l’inverse de M.Dahlan, M.Valls n’a pas dit un mot sur les Etats musulmans qui financent les mosquées et les associations intégristes en France. Il n’a pas non plus fait la moindre allusion à la politique étrangère française, notamment en Syrie, sous l’égide des Etats-Unis. Or, pour se prémunir du fléau djihadiste et terroriste, M.Dahlan suggère à l’Europe en général et à la France en particulier de « s’émanciper de l’emprise américaine et israélienne ».

Aussi, dans ses recommandations, il a invité les européens de « Remédier aux effets pervers de la politique erronée des USA et de l’Europe au Moyen-Orient et l’implication de toutes les parties pénalisées ou endommagées par cette politique dans les pays visés (Irak, Syrie, Libye). Leur implication dans les discussions comme dans les décisions politiques. Il faudrait également reconstruire ces pays sur des bases nationales et cesser de soutenir les mouvements islamistes, comme on le constate dans plusieurs situations (Syrie, Irak, Libye) ».

Le leader palestinien qui postule à la succession de Mahmoud Abbas à la tête de l’Autorité palestinienne a conclu en disant qu’il faut « sérieusement œuvrer à la recherche d’une solution juste et équitable de la question palestinienne, qui a été confisquée par l’islam politique de la scène européenne, ainsi d’ailleurs que par les organisations les plus extrémistes, les uns et les autres exploitant la Cause palestinienne à des fins politiciennes et pour réaliser leurs propres objectifs réactionnaires, théocratiques et totalitaires ».

Dommage qu’aucun socialiste, aucun représentant de la droite, aucun conseiller de M.Valls n’était présent au colloque de CIGPA pour écouter ce qu’un « arabe » peut leur apprendre au sujet du terrorisme islamiste !

Nebil Ben Yahmed                      


           


1.Posté par Ali Bobo le 12/05/2016 13:23
Excellent ! Les politiques,qu'ils soient Français ou occidentaux,ne comprennent rien au monde
Musulman,et ils feraient bien de s'entourer de conseillers de la carrure de ce Monsieur....

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