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Toute la vérité sur l’affaire dite des Bratels de La Goulette (vidéo)


8 Mai 2014

C’est par rapport à cette obscure affaire qu’un juge entend poursuivre Rafik Belhadj Kacem, qui a été libéré aujourd’hui après avoir purgé une peine de trois ans dans l’affaire de ceux qu’on appelle les « martyrs de la révolution ». Qu’est-ce que l’affaire des « Bratels » de La Goulette, à quelle époque remonte t-elle ? Qui est derrière ? Pourquoi a-t-elle été réactivée maintenant ? Voici notre enquête.


Entrée de La Goulette par la rue Franklin Roosevelt.
Entrée de La Goulette par la rue Franklin Roosevelt.
Dans l’article que nous avons consacré hier à l’ancien ministre de l’Intérieur, Rafik Belhadj Kacem, nous avons écrit que cette affaire d’El-Bratel a commencé en août 2008, lorsqu’une sommation d’évacuation des lieux a été ordonnée par le gouvernorat de Tunis, sur une décision de justice d’expropriation. Bratel, en référence aux innombrables portes donnant accès à la cour intérieure des quatre côtés, avenue Roosevelt, rue El Qods, boulevard de la République qui longe la plage et rue Korbous. Le premier propriétaire des lieux était le célèbre Baron d’Erlanger. Plus d’une soixantaine de familles vivaient dans ces lieux vétustes, dont vingt étaient propriétaires. Les autres étaient des locataires au ministère des Domaines de l’Etat.

Après investigation plus poussée, il s’avère en réalité que l’affaire, qui n’en était pas une à l’époque, remonte à 1974, lorsque le président Bourguiba a décidé la démolition d’El-Bratel pour y substituer des logements sociaux. La raison : l’état de délabrement de ce quartier dont certaines maisons menaçaient de s’écrouler à tout moment.

En 1991, cette décision a été réitérée par le ministère des Domaines de l’Etat, qui en est propriétaire légal à 90%. Mais il ne s’est rien passé jusqu’en 2008, lorsque les deux voraces prédateurs, Imed Trabelsi et Sakhr Materi ont commencé à se disputer ce quartier populaire d’environ un hectare au bord de  mer, pour y construire un complexe touristique, comme l’un d’eux s’était approprié auparavant le vieux petit hôtel du Kram-L’aéroport, qui a été remplacé par un immeuble d’habitation haut standing. C’était une opération immobilière très juteuse pour les Trabelsi. Pas la seule ! Mais dans le cas précis des Bratels, c’est Ben Ali qui a dû arbitrer le dossier en décidant que ce vaste terrain n’ira ni à Imed Trabelsi, ni à Sakhr Materi, mais qu’il sera transformé en espace public.

A partir de 2008, après expertise technique prouvant que 80% des Bratels sont délabrés et menacent d’écroulement, des délais ont été accordé aux occupants de libérer les lieux, en échanges de maisons spécialement construites à Carthage Salammbô, à Khereddine et à Bhar Lazreg. Tous les occupants ont accepté la solution proposée, à l’exception d’une douzaine de récalcitrants. Ils n’ont quitté les lieux qu’après signatures des nouveaux actes de propriété. Les autres ont été délogés par l’intervention des forces publiques, le 12 janvier 2010, comme cela se fait partout dans le monde.

Les 76 familles qui y habitaient ont toutes été indemnisé, soit en argent, soit en échange de maisons flambants neuves à Khereddine (commune de La Goulette) et à Salammbô (commune de Carthage). Mais après le coup d’Etat du 14 janvier 2011, huit familles, qui ont été d’ailleurs les premières indemnisées, ont menacé de déposer plainte contre la mairie de La Goulette, en exigeant la restitution de «leurs » biens. Motivés par l’appât du gain et encouragés par des avocats tout aussi intéressés, ils ont fini par porter plainte. Six personnes ont été immédiatement arrêtées, dont deux pauvres ingénieurs et un architecte urbaniste, travaillant à la mairie de La goulette. Le dernier à avoir été arrêté dans cette fausse affaire est l’ancien gouverneur de Tunis, Mondher Frijii.

Après trois ans de détention sans jugement, et comme le dossier était vide, la chambre d’accusations de la cour d’appel de Tunis a décidé de libérer Mondher Friji,ainsi que tous les autres anciens responsables municipaux ou politiques qui ont été suspecté dans cette affaire de Bratel La Goulette. L’affaire est donc judiciairement close, sauf pour certains politiciens qui tirent les ficelles en voulant nuire à Rafik Belhadj Kacem, et pour certains avocats et juges, qui veulent exploiter cette affaire, l’exploiter matériellement et politiquement !

En effet, le juge chargé d’instruire à nouveau cette affaire a tout fait pour entendre l’ancien ministre de l’Intérieur, avant la date butoir de sa libération, ce jeudi 8 mai. L’enjeu pour ce juge aux ordres de certains milieux politico-mafieux, maintenir Rafik Belhadj Kacem en détention, sous prétexte qu’il est suspecté dans une nouvelle affaire. Compte tenu de l’état de santé de l’ancien ministre, la manœuvre a échoué. L’ancien ministre de l’Intérieur a été, en effet, libéré ce jeudi 8 mai 2014. Mais avant de se voir délivrer son ordonnance de libération par le gardien de prison en chef, il a été interrogé par le juge d’instruction du Pôle judiciaire, devant lequel il a été présenté officiellement en état de liberté. Constatant de lui-même son état de santé, et pour éviter un second décès après celui du defunt Jilani Daboussi, ce juge d’instruction a décidé de reporter l'interrogatoire au 26 juin prochain.

Que va-t-on reprocher à Rafik Belhadj Kacem dans cette fausse affaire des Bratels de La Goulette ? A moins de s’appuyer sur l’accusation gratuite d’un certain Soufiane Ben Hamida, journaliste à Nessma TV, qui se prend depuis le coup d’Etat du 14 janvier pour un procureur général, et qui a déclaré sur cette chaîne, le 27 juin 2013, que « Le ministre de l’Intérieur est le seul responsable », il n’y a strictement rien qui accuse Rafik Belhadj Kacem, ni d’ailleurs aucun autre responsable de l’ancien régime, puisque les 76 familles qui occupaient Bratels La Goulette n’ont pas été lésé, comme nous l’avons démontré plus haut.

Comme le montre la vidéo ci-dessous, qui est l’enregistrement d’une émission diffusée sur Nessma TV le 27 juin 2013, et de l’aveu même de Mehdi Charfi, ancien occupant de Bratels La Goulette, « Nous avons eu nos droits et nous avons tous été compensé ». L’affaire est donc close…sauf pour ceux qui veulent encore en profiter financièrement et politiquement ! Mehdi Jomaa sait donc à quoi s'en tenir et il doit d'ores et déjà limoger son ministre de la Justice, Hafedh Ben Salah, qui a fait preuve, sinon de lâcheté et d'irresponsabilité dans l'affaire de Jilani Daboussi, du moins de non assistance à personne en danger. 

Lilia Ben Rejeb et Nebil Ben Yahmed



           


1.Posté par C.H le 08/05/2014 22:50
Le président Bourguiba n'avait jamais décidé de démolir les Bratels pour y construire des logements sociaux pour la simple raison que l'immeuble en question était la propriété de feu Mohamed Hassine qui a été exproprié une ou deux années après parcequ'il n'avait jamais accepté de payer des pots de vin aux responsables municipaux de l'époque. Vous n'avez qu'a consulter les dossiers de la conservation foncière.

2.Posté par filali hichem le 08/05/2014 23:16
enfin le regime de ben ali est innocent et le peuple est criminel............no comment .............vous étés en tunisie après 14 janvier et 23 octobre ..............qui cherche trouve a qui na pas profiter du 14 et du 23 tu trouvera ........

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