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Tunisie : pourquoi il faut soutenir Caïd Essebsi, par Alain Destexhe


26 Novembre 2014

Le sénateur belge Alain Destexhe explique pourquoi Béji Caïd Essebsi constitue le bon choix. Cette tribune a été publiée dans Le Figaro du 25 novembre 2014.


Alain Destexhe, un sénateur belge qui redoute l'islamisme chez lui, en Europe et dans le monde arabe.
Alain Destexhe, un sénateur belge qui redoute l'islamisme chez lui, en Europe et dans le monde arabe.
Beji Caïd Essebsi du parti Nidaa Tounes est arrivé en tête (39,46% des suffrages) du premier tour de l'élection présidentielle en Tunisie. Cependant, grâce aux islamistes, l'écart est faible avec le président sortant, Marzouki, qui a fait un meilleur score que son parti aux législatives avec 33,43% des suffrages.

A ceux qui s'inquièteraient des tendances autoritaires de Beji Caïd Essebsi, on répondra, en paraphrasant le général De Gaulle, qu'il ne va pas commencer une carrière de dictateur à 88 ans.

En réalité, le «vieux renard» a fait preuve d'une extraordinaire habileté. En réussissant, d'abord, malgré mais aussi grâce à son passé de Bourguibien, à rassembler autour de lui une large coalition hétéroclite opposée à Ennahdha. Ensuite, en prenant de court les islamistes sur leur propre terrain: il ne cesse de réciter des versets du Coran démontrant par là qu'il est aussi bon musulman que ses adversaires. En évitant enfin le terme «laïc», ce raccourci de la presse francophone. Dans aucun pays musulman, il n'y a de «camp laïc», mais seulement des partisans sécularistes de la séparation de l'Etat et de la religion.

Ne nous y trompons pas. Le ciment du parti Nidaa Tounes, c'est la personnalité de Caïd Essebsi ainsi que l'opposition à l'islamisme. Reste à voir comment ce parti, en tête aux législatives, gouvernera la Tunisie. Et espérons surtout qu'il ne soit pas tenté de s'allier aux islamistes. Bien sûr, la formule d'une large union nationale présente des avantages, notamment pour lutter contre le terrorisme islamiste et la déstabilisation à partir de la Libye. L'expérience du gouvernement issu des élections pour l'Assemblée constituante a cependant démontré le danger de cette coalition. Celui d'une islamisation rampante de l'Etat à travers les nominations, les services sociaux et le clientélisme politique. De la réussite économique du prochain gouvernement dépendra aussi la possibilité de lutter contre l'islamisme.

Il ne faut pas non plus sous-estimer l'habilité politique de l'autre dinosaure tunisien, Rached Ghannouchi. Il se présente, encore récemment dans Le Figaro, comme un modéré. Devant ses interlocuteurs européens, il compare l'inspiration islamiste de son parti Ennahdha à celle des partis démocrates chrétiens européens. Comme si la situation historique et politique de l'islam et celle de la chrétienté étaient comparables!

En vérité, on trouve toujours plus radical que soi. Ganouchi, un fondamentaliste pacifiste, est inquiet du terrorisme islamique qui touche le sol tunisien et craint les milliers de jeunes djihadistes en Syrie, susceptibles de rentrer à tout moment. Mais l'autre danger, c'est la ré-islamisation en profondeur de la société à travers les pressions concernant le port du voile, les mosquées (pleines), les services sociaux à la population et l'enseignement. Malgré l'appel incessant à une «Tunisianité» bien difficile à définir, la société est profondément divisée.

En témoigne le combat de l'Université de la Manouba. Le corps académique a réussi à résister aux tentatives d'islamisation de cet établissement réputé qui se traduisaient notamment par une volonté de séparer les garçons et les filles lors des cours, d'autoriser les jeunes filles à porter le niqab, de refuser les professeurs masculins pour les jeunes filles et de bannir l'enseignement de Michel-Ange, Voltaire, Flaubert et bien d'autres. C'est ce type de dérives qu'un gouvernement sans les islamistes doit parvenir à empêcher.

Enfin, soulignons la débâcle morale et politique de la gauche en Tunisie. Il a fallu attendre le départ de Ben Ali pour que son parti, le RCD, soit chassé de l'Internationale Socialiste (IS). Par la suite, les deux principaux partis se réclamant de la gauche, Ettakatol, reconnu par l'IS, et le CPR se sont alliés à Ennahdha dans le cadre de la «troïka», un choix incompris par leurs électeurs: ils ont été laminés aux récentes élections législatives.

Malgré la défaite de son parti (le CPR n'a obtenu que 4 sièges), grâce au soutien des islamistes, le président Marzouki, est arrivé second au premier tour de l'élection présidentielle. Il dénonce maintenant l'autoritarisme de Essebsi et l'infiltration de Nidaa Tounes par d'anciens proches de Ben Ali. Dans un pays qui, de 1956 à 1991, n'a connu que deux présidents sous un régime de parti unique, il est inévitable que des partisans de l'ancien régime soient amenés à jouer un rôle, ne fût-ce que par leurs compétences administratives ou économiques. La société tunisienne doit elle-même décider où tracer la ligne rouge. En Irak, la mise à l'écart de la fonction publique de tous les affiliés du parti Bass a été une des causes du chaos dont l'Irak ne s'est jamais remise.

Aujourd'hui, l'affrontement politique en Tunisie n'est pas de type gauche-droite. L'enjeu, c'est de construire un Etat moderne démocratique avec le moins d'influence islamiste possible. De ce point de vue, Beji Caïd Essebsi constitue le bon choix.

Alain Destexhe est sénateur belge. Ex-Secrétaire Général de Médecins Sans Frontières et ex Président de l'International Crisis Group, il est, entre autres, l'auteur de «Le Mouvement flamand expliqué aux francophones» et «Lettre aux progressistes qui flirtent avec l'islam réac». 


           


1.Posté par kimdee le 26/11/2014 16:10
il est important de souligner au moins ces deux points:
1- Ghannouchi, un fondamentaliste pacifiste --> il a du sang sur ses mains, il n'a rien d'un pacifiste!
il n'a pas été condamné à mort sous Ben Ali pour rien: ses attentats terroristes des années 80 ne sont pas des sucreries!
2- il y a beaucoup d'ex-rcd-istes dans le parti Ennahdha! faire des reproches à NIdaa Tounes est hypocrite, d'ailleurs l'hypocrisie est l'attitude fondamentale des islamistes!

2.Posté par zeineb le 26/11/2014 19:15
si Béji est l'unique personne qui peut sauver la Tunisie du terrorisme et instaurer la paix durable compte tenu de sa sagesse son expérience et sa finesse .Marzouki n'a rien de cela ,en outre en 2011 il a trahit le peuple qui a voté en sa faveur en faisant une coalition avec Ennahdha.Donc on fera tout aujourd'hui pour l'écarter car il ne mérite notre confiance et par conséquent écarter les islamistes.

3.Posté par Dhaoui le 27/11/2014 10:33
Espérons que nous allons retrouver un tunisie sereine où nous pour pourrions vivre avec paie fierté et démocratie

4.Posté par abdelkader wahrani dz le 27/11/2014 17:43
il faut soutenir mr, caïd essebsi, pour sauver votre pays de l'anarchie. le parti islamiste se cache derrière la religion, le peuple frère tunisien musulman, je ne vois pas pourquoi ces fascistes soit disant parti islamiste, c'est une officine, une succursale, un escadron, une milice, un groupe d'agitateurs politique, une machine de sabotage, un rouage du Qatar, une courroie de transmission de l'impérialisme en général et du micro-état Qatar. Soyez vigilants. Je vous souhaite la paix et le bonheur inchallah.

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