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Turquie : l’islamisme « modéré » perd de sa modération


1 Juin 2013

Si les émeutes d’Istanbul virent au printemps turc, plus exactement kémaliste, c’est au napalm qu’Erdogan y fera face. Mais il n'y aura pas de printemps turc. La Turquie islamiste, sous-traitante et complice active de la guerre islamo-impérialiste menée contre la Syrie, ne plaisante pas avec ses manifestants. En octobre 2007, les émeutes de Batman (Sud-Est) à majorité kurde, et de Diyarbakir (plus à l’Ouest), avaient fait une quinzaines de morts dont trois enfants tués par balles. Sur les 500 manifestants arrêtés à l’époque, 150 sont toujours en prison. Les émeutes de ce vendredi 31 mai (vidéo) ont fait un mort et plusieurs dizaines de blessés qui n’ont pas suscités des réactions dans les milieux occidentaux des droits de l’homme, à l’exception d’Amnesty International. Realpolitik oblige !


Turquie : l’islamisme « modéré » perd de sa modération
Puisque nous parlons de la Turquie, commençons d’abord par cette information qui n’a pas été reprise par les médias français. Selon le journal turc Zaman, il y a trois jours, la Direction générale de la Sécurité (Emniyet Genel Müdürlügü) a mené une opération à Adana, dans la Sud de la Turquie, contre des cellules de l’organisation terroriste Jabhat Al Nosra, fer de lance de l’insurrection islamo-wahhabite en Syrie.

Après avoir saisi plusieurs plans d’attentats, les unités antiterroristes de la police turque ont mené des perquisitions à douze adresses différentes et procédé à des contrôles routiers à divers points d’accès vers la ville. La police turque a découvert 4 kg de gaz sarin. Au cours de leur interrogatoire, les terroristes ont avoué vouloir acheminer le gaz sarin vers les zones de combat en Syrie.
 
 http://www.zaman.com.tr/gundem_adanada-el-kaide-operasyonu-12-gozalti_2094730.html

La police turque avait d’autres chats à fouetter vendredi 31 mai. De violents affrontements ont en effet opposé toute la journée les forces de l'ordre à des manifestants dans le centre d'Istanbul, faisant des dizaines de blessés, à la suite d'un rassemblement dirigé contre un projet d'urbanisation controversé qui a viré en protestation antigouvernementale.

Ces incidents ont débuté dès l'aube, lorsque des policiers ont délogé à l'aide de canons à eau et de gaz lacrymogènes quelques centaines de personnes qui campaient dans un parc de la place Taksim, au cœur de la mégapole turque, pour empêcher le déracinement de 600 arbres dans le cadre d'un projet d'aménagement urbain.

Sans ménagement, l'intervention a fait de nombreux blessés et suscité la mobilisation de toute la société civile stambouliote, dont de nombreux militants ont grossi les rangs des protestataires au fil de la journée. Jusqu'à la tombée de la nuit, la police et les manifestants se sont affrontés sur la place et dans les rues environnantes, au milieu de nombreux touristes et d'une épaisse fumée toxique qui a contraint les autorités à fermer plusieurs stations de métro.

Des nombreux manifestants ont été blessés, victimes de fractures ou de détresse respiratoire, certains gisants inconscients de longues minutes avant d'être secourus. Deux personnes, dont un journaliste, ont été sérieusement blessées à la tête, a constaté un photographe de l'AFP. Selon le gouverneur de la ville, l’islamiste Huseyin Avni Mutlu, douze personnes étaient toujours hospitalisées en fin de journée, dont une femme victime d'une fracture du crâne, et au moins 63 personnes ont été interpellées.

"Ils pulvérisent du gaz sur tout le monde, comme si c'était du pesticide. Enfants, bébés, personnes âgées, touristes, plus personne ne compte", a écrit sur le site de micro-blogging Twitter l'un des manifestants, sous le nom de "@blogcuanne". Amnesty International a critiqué "le recours excessif à la force contre des manifestants pacifistes",

Sur les réseaux sociaux, des milliers de personnes ont exprimé leur soutien aux manifestants opposés au projet de transformation de la place Taksim. En soirée, la contestation a commencé à gagner la capitale Ankara et Izmir (ouest), où des milliers de personnes ont dénoncé les violences d'Istanbul, selon les télévisions turques.

A l'origine de la contestation, le réaménagement de la place Taksim prévoit la suppression du parc Gezi au profit d'un centre culturel, d'un centre commercial et de la reconstitution d'une caserne militaire de l'époque ottomane. Le projet de la municipalité, tenue par le parti islamo-conservateur au pouvoir, est dénoncé par de nombreux urbanistes, architectes et écologistes qui y voient spéculation immobilière et corruption. Ils ont remporté une première victoire vendredi avec la décision d'un tribunal administratif d'Istanbul de suspendre le projet de reconstruction de la caserne.

L'apparition des premiers bulldozers lundi matin a provoqué les premiers incidents entre la police et les militants et riverains qui montaient la garde dans le parc, soutenus par des députés de l'opposition. Leur mouvement a très vite pris un tour politique en dénonçant le gouvernement et ses méga-projets de construction à Istanbul, comme le troisième pont sur le Bosphore, dont la première pierre a été posée mercredi, ou un aéroport géant. "Vous ne pouvez pas faire ça. Vous n'êtes pas propriétaires de la ville, vous n'êtes pas propriétaires de la Turquie", a lancé le député kurde Ertugrul Kurkcu, en assénant: "Ceux qui servent le peuple ne peuvent pas le frapper ou le gazer".

Le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan est devenu la cible des réseaux sociaux, qui l'ont rebaptisé "Tayyip le chimique" ou "l'homme qui gaze". "Ces gens ne se soumettront pas devant toi", ont proclamé les contestataires du parc Gezi sur une banderole.

Si le revenu par habitant a triplé en Turquie depuis l'arrivée au pouvoir de son Parti de la justice et du développement (AKP) en 2002, Erdogan est accusé de dérives autoritaires, de corruption  et de vouloir "islamiser" la société turque. La semaine dernière, le vote d'une loi restreignant la consommation et la vente d'alcool a ainsi suscité l'ire des milieux libéraux. L’islamiste « modéré » Erdogan avait fait savoir mercredi qu'il ne reculerait pas. "Faites ce que vous voulez, nous avons décidé", avait-il lancé à ses détracteurs.

Tunisie-Secret.


 
 


           

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