Après Wajdi Ghoneim, Tariq Ramadan réagit aux élections tunisiennes


1 Novembre 2014

C’est l’Internationale Islamiste qui a les yeux braqués sur la Tunisie. Du taliban égyptien Wajdi Ghoneim, à la figure européenne des Frères musulmans, Tariq Ramadan, en passant par le chercheur de la perle rare islamiste, Vincent Geisser. Chacune de ces personnes a exprimé sa déception après la victoire de Nidaa Tounes et la défaite relative d’Ennahdha. Il ne manquait plus que Youssef Qaradaoui, le grand mufti de l’OTAN, pour blâmer les Tunisiens d’avoir « mal » voté, comme il les a félicité le 15 janvier 2011 d’avoir réalisé « une grande révolution » !


Wajdi Ghoneim et Tariq Ramadan, deux prédicateurs Frères musulmans financés par le régime "démocratique" qatari, à l'époque où ils galvanisaient les Tunisiens.
Les tirs de la soldatesque islamiste sont toujours croisés, groupés et synchronisés. La réaction la plus hystérique a été celle du Frère musulman égyptien, tendance talibane, Wajdi Ghoneim. Dans une vidéo postée le 29 octobre 2014, cet obscurantiste qui défendait les thèses criminelles de Ben Laden, appelait au meurtre des juifs, des chrétiens et des musulmans laïcs, et considérait que « l’excision des filles est une opération esthétique », a déversé toute sa haine compulsive sur le peuple tunisien et plus particulièrement sur ce qu’il appelle « les laïcs de Tunisie », à savoir les militants de Nidaa Tounes.

Pour l’obscurantiste Wajdi Ghoneim, les Tunisiens sont des apostats

Cet énergumène qui a été accueilli à bras ouverts par les dirigeants d’Ennahdha et du CPR en février 2012, a déclaré que « Les laïcs tunisiens sont les plus pourris et les plus infectes que je n’ai jamais rencontré dans ma vie », ajoutant que ces gens-là sont des apostats (voir sa vidéo ci-dessous). Il a conclu sa crise hystérique en s’interrogeant, « De quelle révolution et de quelle démocratie on parle ? Béji Caïd Essebsi était l’un des piliers de l’ancien régime ». Ainsi parle celui que le site de radio Shems FM, le 12 février 2012, désignait par « Le savant islamique égyptien » ! C’était juste après son homélie triomphale à la coupole d’El-Menzah, organisée par les intégristes d’Ennahdha et les islamistes du CPR. C’était l’époque où la Tunisie était sous le protectorat direct du Qatar et qu'Imed Daïmi ouvrait le salon d'honneur de l'aéroport de Tunis-Carthage à ce dangereux intégriste.

Sur les ondes de Cap FM, le vaillant patriote et éminent journaliste tunisien Soufiane Ben Farhat a répliqué à cet obscurantiste, en lui rappelant le passé glorieux de la Nation tunisienne, dont la foi est plus conforme à l’islam que l’idéologie ténébreuse de ces imposteurs à la solde du Qatar, et dont les lointains ancêtres s’appellent Hannibal, Ibn Khaldun…Fadhel Ben Achour dont l’œuvre est inaccessible à cet ignorant.

Pour l’islamo-pharisien Tariq Ramadan, c’est le retour des anciens du régime

Dans la continuité plus soft des réactions islamistes aux élections tunisiennes, le Frère musulman « genevois », Tariq Ramadan, a pendu un commentaire digne de la tradition jésuite, ou plus exactement pharisienne. Sur son compte facebook, et sous le titre de « Tunisie…Transparente désillusion », il a publié le 30 octobre 2014, le post suivant : « La polarisation se confirme bien sûr, et en même temps l'éparpillement des voix. Des désillusions aussi, avec le retour de certains anciens avec les habits neufs de "l'alternative", ou l'ascension du populisme affairiste mode Berlusconi... Des lendemains difficiles pour la Tunisie, quelle que soit l'issue... avec cette situation économique déplorable. Une transparence électorale heureuse, certes; une nébuleuse politique malheureuse, effrayant. Des lendemains difficiles, et rien n'est gagné... ».

Sur sa page facebook, Tariq Ramadan, qui est pour l’islamisme ce que Bernard Henri Lévy est pour le sionisme, a eu droit à ces quelques commentaires. D’abord celui du célèbre internaute tunisien Mobby Dick, qui lui a répondui : « Des lendemains heureux pour la Tunisie, maintenant que les rats ne sont plus au pouvoir » !

Ensuite celui plus soft du journaliste Karim Benamor : « Votre analyse est un peu biaisée. Je pense qu'avec 69 députés vos amis ont bien gagné ».

Puis le commentaire plus hard de Rachelle Rothschild : « Ce n'est pas le petit fils de Hassan el Banna, le lèche-cul de Sarko et un le frère musulman qui ne s'assume pas que vous êtes de juger la situation en Tunisie! Votre maître Sarko a besoin d'aide pour passer le premier tour de l'UMP. Allez donc l'aider au lieu de vous mêler de ce qui ne vous regarde pas ».

Dernier commentaire, celui d’Ahlem Smida : « Un statut indigne de votre personne, cela me fait rappeler un vers de Racine " Qui sont ces serpents qui sifflent sur nos têtes" C'est vrai le peuple tunisien vous fait perdre les dernières illusions du règne des frères musulman, le dernier espoir s'est évaporé avec les élections tunisienne. Je comprends votre venin et votre haine à l'égard de ce peule Grand et Noble un peuple qui a dit non à l'obscurantisme et au populisme de la manière la plus démocratique après 3ans de calvaire vive la Tunisie, Libre, Laïque et Démocrate !

Pour le philo-islamiste Vincent Geisser, Nidaa Tounes regarde vers l’ancien régime

Avant ces deux prédicateurs islamistes, il y a eu la réaction hautement « analytique » de l’islamologue Vincent Geisser, le petit disciple du Nahdaoui historique François Burgat. Depuis les revers subis par les Frères musulmans en Egypte, en Syrie et en Tunisie, Vincent Geisser n’affiche plus publiquement sa ferveur islamiste, qu’il a transférée sur le CPR.

Invité par France Info, le 27 octobre 2014, pour commenter en direct de Tunis les premiers résultats des élections législatives, Vincent Geisser a déclaré que « On n'a pas les derniers résultats mais la bipolarisation électorale (Nidaa Tounès et Ennahda) est confirmée… On a les deux grands partis qui se partagent le gâteau électoral tunisien au détriment du parti du président de la République et du président de l'Assemblée nationale… ».

Pour notre « spécialiste » du monde arabe, qui s’inquiète de l’avenir d’Ennahdha et du CPR, « Le vote tunisien a été motivé par un seul mot d’ordre, celui de la peur. Ce n’est pas étonnant de voir les deux grands partis conservateurs, l’un qui regarde plutôt vers l’ancien régime, Nidaa Tounes, l’autre, Ennhadha, qui triomphe dans les urnes » ! Selon cet apprentis islamologue, « Nidaa Tounes est un parti attrape tout, qui a des anciens de la gauche, mais qui a aussi beaucoup des anciens du régime Ben Ali ».

Ces trois réactions, celle de Wajdi Ghoneim, celle de Tariq Ramadan, et celle de Vincent Geisser, dénotent leur nervosité et leur déception de voir Nidaa Tounes arriver avant Ennahdha. Il est vrai qu’en 2011, ils étaient tous les trois ravis de voir la Tunisie de Bourguiba basculer dans « l’islamisme modéré ». Maintenant que celui-ci accuse un net recul en Tunisie et ailleurs dans le monde arabe, ils pourraient le tester chez eux, à Genève et à Aix-en-Provence !

Karim Zmerli    
 
Le lien vidéo de Wajdi Ghoneim stigmatisant les Tunisiens :
https://www.youtube.com/watch?v=DJCyvQHLX_s