Exclusif: Khélil Caïd Essebsi, les Turcs et le monopole du phosphate tunisien


3 Mars 2018

Discret et jamais exposé aux médias, le second fils du Bey de Tunis n'est pas moins affairiste que le fut son père et son oncle Slaheddine. Selon des sources bien informées, Khélil serait associé à une grande entreprise turque dans l'exploitation du phosphate tunisien.


Siège de la Compagnie des phosphates de Gafsa.
Aujourd’hui-même, samedi 3 mars, lors d’un conseil ministériel restreint, le gouvernement a décidé d’engager des poursuites judiciaires à l’encontre des manifestants qui bloquent les activités de la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG). Il a été par ailleurs décidé d’annuler les effets des récents accords relatifs à l’embauche de 7000 personnes dans la CPG et les sociétés environnementales, ainsi que les résultats du concours qui prévoyait d’embaucher 1700 agents dans l’entreprise publique et ce jusqu’à la reprise des activités de la CPG.

Le 27 février dernier, Romdhane Souid, le PDG de la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG) et du Groupe chimique tunisien (GCT), déclarait sur radio Mosaïque FM que « pays exportateur de phosphates depuis plus d’un siècle, la Tunisie envisage d’en importer par nécessité, en attendant le retour de la production à son niveau ordinaire ».

Selon Romdhane Souid, qui faisait implicitement allusion aux grévistes et aux voyous de l’UGTT qui bloquent la production normale depuis sept ans, « Nous devons fabriquer des engrais et nous avons des contrats avec des entreprises européennes. Nous avons obligation d’honorer nos contrats ».

Mais ce PDG n’ose pas avouer que dans les faits et depuis déjà quelque temps, le phosphate tunisien ne relève plus de la souveraineté du pays mais du bon vouloir turque ! En effet, les islamistes tunisiens ont bradé cette richesse nationale à leurs frères musulmans Turcs, avec la complicité bien intéressée de Béji Caïd Essebsi.

La Compagnie des phosphates de Gafsa n’a pas été privatisée ; trop flagrant et bien dangereux dans un pays où l’UGTT codirige la Tunisie avec Ennahdha et Nidaa Tounès et où les employés de cette entreprise sont constamment sur un pied de guerre. Une telle décision aurait mis le feu aux poudres et provoquée une révolution chez un peuple qui croit en avoir fait une en janvier 2011.

L’Etat islamo-mafieux a été plus intelligent : il a vendu à une entreprise turque toutes les carrières et gisements stratégiques du phosphate. Outre les Turcs, cette entreprise comptait au départ deux autres actionnaires. Khélil Caïd Essebsi et un homme d’affaire français d’origine tunisienne dont on se garde de donner le nom…pour le moment ! Cet homme d'affaire s'est retiré, probablement par prudence et prévoyance ! Rusés et affairistes véreux, aucun islamiste tunisien n’apparaît dans cette société. Et pour cause : Rached Ghannouchi a prélevé sa part à la source !  
           
Pendant ce temps, en décembre 2016, le groupe marocain OCP a ouvert d'un coup des filiales dans quatorze pays africains, pour mieux exporter son phosphate et ses engrais. Parmi ces pays, le Nigeria, le pays le plus peuplé du continent et qui est un enjeu majeur pour le Maroc puisqu’il détient les plus grandes réserves de phosphate de la planète.   
    
Karim Zmerli