J’ai perdu mes deux mères !!! Salem Ben Ammar


12 Février 2013

Dans un monde parallèle tout un pays devant son écran dimanche soir pour suivre le Super Bowl, sous nos cieux,mon ami Salem Ben Ammar exilé en France vient de perdre sa mère et NE PEUT revenir en Tunisie à cause de sa plume sans fard sur les sous-hommes de Cro-Magnon au pouvoir. Oui, en 2012, 2 ans après l'immolation de Bouazizi qui avait ébranlé la terre entière, Salem NE PEUT PAS RENTRER DANS SON PAYS ENTERRER SA MERE......."Monia Jaâfar"


J’ai perdu mes deux mères !!! 
Deux mères me manquent cruellement ma mère et ma patrie.
Celle qui m'a donné la vie et celle qui a donné du sens à ma vie.
La lumière s'éteint sur elles comme elle va s'éteindre sur moi
La vie a-t-elle du sens quand on perd deux amours à la fois ?
La terre qui vient de les ensevelir sera un jour la mienne
Aucune force ne peut m'aider à vaincre ma douleur himalayenne
En perdant les deux sources qui irriguent ma vie d'un seul coup
Mon existence est comme un champ de ruine livré aux loups
Orphelin à tout jamais de mes deux mères, quel destin amer
Ma Tunisie est morte, ma mère est morte, ma vie est enfer
Ce monde où règnent les charognards, est un monde infâme,
Il n'est pas le leur, non plus le mien, le nôtre est humain
Policé, sublime et brillant comme un diamant dans son écrin
Dépourvu de ma substance vitale et de ma moelle épinière
Plus de force, plus de souffle de vie, plus d'atout-maître

La partie qui reste à jouer, est déjà perdue avant d'avoir débuté
Mon univers s'est écroulé, plus rien auquel je peux m'arc bouter
Quel chemin emprunter, dans un monde obscur et sans lumière
Du haut de la falaise, j'entends le vent hurler sa colère sur la mer
Fracassant les vagues à ses pieds, aux écumes grises et noires
Les couleurs de la rage non pas de vaincre mais d'échoir
Sur les rives mystérieuses de ce monde où sont mes deux mères
Que sera ma vie sans elles, alors qu'elle a perdu toute sa saveur.
Devenu comme un bateau ivre, les vagues en feront leur festin.
Plutôt finir dans les ventres des requins que cet amer destin.

Salem Ben Ammar