Tunisie: Sans les ONG américaines, les islamistes tomberont aux prochaines élections


13 Novembre 2012

« Rached Ghannouchi tombera dans les prochaines élections, mais je conseille aux Tunisiens de demander que ces élections soient placées sous le contrôle de l’ONU et pas des ONG américaines », déclare le célèbre chroniqueur d’une TV égyptienne, qui révèle par ailleurs l’existence d’une base américaine en Tunisie. Nous en déduisons que l’ISIE n’est pas une instance proprement tunisienne, mais un cheval de Troie de la CIA.


Sans la corruption de l’ISIE et la complicité de Kamel Jendoubi, Ennahda n’aurait pas été majoritaire et le CPR aurait obtenu un score inférieur à celui du POCT. Les documents explosifs que nous venons d’obtenir et qui feront l’objet d’un dossier complet, nous permettent d’affirmer que les premières élections « transparentes » et « démocratiques » du 23 octobre 2011 ont été trafiqué.

L’ISIE, instance-écran de la NED

L’on peut d’ores et déjà avancer que l’ISIE n’était qu’une instance écran, crée à la hâte pour réaliser « les objectifs de la révolutions » selon l’agenda américain. Ceux qui ont préparé, financé et organisé les élections tunisiennes sont en réalité de pseudo ONG américaines, principalement l’International Foundation for Election Systems (IFES), qui est une ramification de la National Endowment For Democracy (NED), l’organisation secrète de la CIA qui a joué un rôle majeur dans le démantèlement de l’URSS, qui a été le laboratoire du « printemps arabe » et qui continue aujourd’hui à mener une campagne subversive contre la Chine, l’Iran, le Venezuela et Cuba. Joe Lieberman et John McCaïn en sont les principaux dirigeants.

Pour ne pas s’enfoncer dans les théories du complot, nous allons laisser un ancien haut fonctionnaire du Département d’Etat américain nous présenter cette ONG de bienfaisance, fondée par Ronald Reagan en 1983, qui, en amont (formation des cybers-collabos) et en aval (mainmise sur les différentes structures postrévolutionnaires), a restructuré le paysage politique tunisien. Dans son livre Rogue State : A guide to the World’s Only Superpower (Common Courage Press, 2001), William Blum écrit que le NED « allait pouvoir faire à peu près ouvertement ce que, pendant des années, la CIA avait fait en douce », en agissant « souvent dans le sens opposé à sa vocation proclamée ». Selon lui, le NED « intervient dans les affaires intérieures de pays étrangers de plusieurs façons. Il fournit fonds, savoir-faire techniques, entraînement, matériel didactique, ordinateurs…, à des organisations de citoyens, à des syndicats, à des mouvements de dissidents politiques ou d’étudiants, à des éditeurs, à des journaux et autres médias ».

La rencontre secrète du 25 octobre 2011

C’est donc cette ONG qui a pris le contrôle du processus « révolutionnaire » jusqu’à son aboutissement logique : les élections du 23 octobre 2011, qui ont consacré le triomphe d’Ennahda, du CPR et du Ettakatol. La Fondation Carter, plus crédible et bénéficiant de l’aura moral de son créateur, n’a été associée en tant qu’observateur que pour faire passer la pilule. Nous reviendrons sur le rôle trouble d’une autre ONG suédoise.

Selon les documents que nous avons reçus, une réunion secrète a eu lieu, le 13 août 2011 entre Rached Ghannouchi, Hammadi Jebali, Moncef Marzouki et Mustapha Ben Jaafar. Elle s’est déroulée dans la nuit du 13 août dans le domicile de Nasr Ali Chakroun.
C’est ce soir-là qu’a été décidé le partage du gâteau tunisien et la répartition des quotes-parts. Plus importante encore que cette réunion, la rencontre du 25 octobre 2011, dans un appartement au quartier Ennasr, avenue Hédi Nouira, entre Kamel Jendoubi (ISIE), Mohamed Abbou (CPR), Mohamed Bennour (Ettakatol), Ali Larayedh (Ennahda), et un certain Marc Zartmann, un américain dont nous n’arrivons pas encore à identifier la fonction, ni à délimiter le rôle exact qu’il a joué dans l’organisation des élections du 23 octobre. Pour nous, Marc Zartmann est un proche collaborateur de John McCaÏn au sein de la National Endowment For Democracy (NED). Nous en apporterons les preuves. Tout porte à croire donc que les résultats du scrutin ont été arrangé selon les exigences américaines et conformément à l’accord secret du 13 août 2011 entre les responsables de la future Troïka. Ce qui expliquerait d’ailleurs le retard de plusieurs jours avant de rendre public les résultats de ces « premières élections démocratiques » dans l’histoire de la Tunisie.

Une leçon pour l’avenir 

A notre avis, avec ou sans ces combines mafieuses entre partis, Ennahda aurait de toute façon gagné ces élections, pour des raisons tout à fait objectives : psychologie sociale d’une grande partie de Tunisiens qui voyaient dans l’islamisme un retour à la morale religieuse, décapitation préalable du RCD, métastase de partis parasitaires (plus de 120), dispersion des forces de gauche, financement occulte d’Ennahda par le Qatar…  L’enjeu n’était donc pas la victoire d’Ennahda, qui est acquise, mais le choix des partenaires qui devaient servir au décor démocratique.
                
Et ceci nous amène aux propos du chroniqueur égyptien Taoufik Okacha, qui semble bien informé. Ce dernier « conseille au peuple tunisien d’exiger le placement des prochaines élections sous le contrôle des Nations Unies et non point des organisations non gouvernementales…pour que ne se reproduise pas en Tunisie ce qui s’est passé dans les élections égyptiennes ». On notera que pour plusieurs observateurs égyptiens, celui qui aurait gagné les élections n’est pas le Frère musulman Mohamed Morsi mais le nassérien Hamdeen Sabbahi. Il a dû se passer en Egypte ce qui s’est passé en Tunisie le 23 octobre 2011, choix stratégique américain oblige !
http://www.tunisie-secret.com

Karim Zemerli

This browser does not support the video element.