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Avec les élections municipales, la Tunisie sera définitivement sous le joug des islamistes


9 Avril 2018

Le 6 mai prochain, les Frères musulmans d’Ennahdha consacreront leur emprise totale sur le pays. Les Tunisiens en auront alors pour longtemps avec le régime islamo-mafieux d’Ennahdha, qui a ruiné le pays en moins de 7 ans. Et dans la presse occidentale, on saluera ces élections comme une nouvelle étape progressiste dans « la seule démocratie du monde arabe » et le « seul exemple de réussite du printemps arabe » !!!


Initialement prévues pour décembre 2017, reportées une première fois au 25 mars 2018, les élections municipales auront finalement lieu le 6 mai prochain, malgré les multiples manœuvres et tentatives désespérées de Béji Caïd Essebsi  de changer au préalable son ex-poulain, Youssef Chahed, passé depuis sous le « Kamis » du chef des Frères musulmans locaux, Rached Ghannouchi. Véritable maître du pays depuis 2012, ce dernier a dit NON au Bey sénescent, qui fait office de président de la République.

Phagocytée, malgré la résistance et la vigilance de Lotfi Brahem, par des islamistes non déclarés et par des mercenaires à la solde d’Ennahdha, comme les ministères de l’Intérieur, de la Défense et de la Justice, l’Instance supérieure indépendante pour les élections (ISIE) est chargée d’organiser ces « premières élections locales depuis la révolution du jasmin », qui constituent une « décentralisation du pouvoir jusque-là inédite ». En réalité, ces élections portant sur 350 municipalités, sont jouées d’avance en égard à l’argent sale en provenance du Qatar : outre les valises qui ont transité par l’aéroport de Tunis-Carthage et celui de Djerba, un virement de Qatar National Bank (QNB), d’un montant de 15 millions de dollars, a été effectué sur la Banque Zitouna au bénéfice d’un certain Mohamed-Ali Harrath (voir l’article de Nebil Ben Yahmed).

Comme si les 15 millions de dollars ne suffisaient pas à leur campagne électorale, une cellule financière constituée par Saïd Ferjani et Rafik Amara a été chargée de racketter gentiment les hommes d’affaire en contrepartie de la gratitude et de la générosité d’Ennahdha plus tard. Une autre cellule sécuritaire, conduite par Hamed Zid et Ramzi Rajhi, a été par ailleurs chargée de coordonner avec les chefs locaux la surveillance de l’opposition dans tous ses déplacements et contacts dans les régions. Pour compléter le dispositif et faire face à d’éventuelles contestations des résultats, Nourddine Bhiri, avec la compromission de Ghazi Jeribi, essaye de prendre le contrôle du Conseil constitutionnel en plaçant à sa tête Hédi Guédiri.

Pour ces élections municipales censées mobiliser 5 millions d’électeurs, les Frères musulmans ont présenté le plus grand nombre de listes. A part ceux qui se cachent derrière l’étiquette « d’indépendants », y compris des femmes tombées sous le charme du polygame Rached Ghannouchi, Ennahdha a intégré dans ses listes 300 imams locaux, 200 salafistes et une cinquantaine de la nouvelle « noblesse » locale qui s’est enrichie en 7 ans grâce à la contrebande et aux trafics en tout genre, notamment le recrutement et l’expédition de djihadistes en Syrie.

On rappelle que 2.074 listes sont définitivement avalisées et seront en lice pour les élections municipales du 6 mai prochain, dont 1.055 listes partisanes, 860 listes « indépendantes » et 159 listes de coalition. C’est ce qu’a annoncé l'Instance supérieure indépendante pour les élections (ISIE) lors d'une conférence de presse donnée par son président, Mohamed Tlili Mansri.

Pendant ce temps, Béji Caïd Essebsi, qui a vendu la Tunisie aux Frères musulmans, essaye de mobiliser ce qui lui reste au sein de Nidaa Tounès. Espérant gagner les élections municipales ou tout le moins en limiter la casse, il fait du charme auprès de l’électorat féminin en lui faisant miroiter sa nouvelle loi sur l’égalité en héritage entre l’homme et la femme. Lorsqu’il quittera pour toujours le palais de Carthage, il pourrait ainsi se prévaloir d’avoir fait quelque chose pour la femme tunisienne en étant dans la continuité bourguibienne.

Dans un commentaire intitulé "Risque ou opportunité ?", le centre Carnegie Middle-East, institution de recherche sur les politiques basé à Beyrouth au Liban, pense que ces élections représentent « à la fois une opportunité et un risque pour la démocratie naissante de la Tunisie ». Le message est clair pour ceux qui savent lire entre les lignes !

Karim Zmerli


           

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