L’ambassadeur américain en Tunisie a échappé à un attentat au Kram


8 Juillet 2015

N’eut-été la vigilance des forces de sécurité tunisiennes, Jacob Walles aurait pu sauter sur le fauteuil de son coiffeur dans la ville du Kram, et il aurait été le second ambassadeur américain victime du terrorisme islamiste, après la mort atroce de Christopher Stevens lors de l’attaque contre le consulat des Etats-Unis à Benghazi, le « berceau de la révolution » qui a été « libéré » par Bernard-Henri-Lévy et Nicolas Sarkozy !


Jacob Walles, l'ambassadeur des Etats-Unis en Tunisie, le copain de Rached Ghanouchi qui a échappé à un attentat dans la ville du Kram.
D’abord un petit rappel : Tunisie-Secret a été l’un des premiers sites d’information à révéler que l’ambassadeur des Etats-Unis en Tunisie a échappé à une tentative d’assassinat. C’était dans notre édition du 16 octobre 2014. Voir le lien ci-dessous. A l’aune des derniers éléments de cette affaire, nous nous sommes trompés que sur l’endroit où devait se dérouler l’attentat. Ce n’était pas à La Marsa mais au Kram. 

Selon nos confrères du quotidien Alchourouk, lors d’une séance d’audition à huis-clos tenue il y a quelques jours à l’Assemblée des Représentants du Peuple, la commission de lutte contre le terrorisme et l’extrémisme a fait des révélations d’une extrême gravité.

Il s’agit d’une tentative d’assassinat qui visait l’ambassadeur des Etats-Unis en Tunisie, Jacob Walles, de l’activité de la cellule de communication de « Katibet Okba Ibn Nafaa » et du flash disque dont le contenu « pouvait ébranler l’Etat… » Des informations graves et lourdes de conséquences, qui ont été annoncées lundi dernier (6 juillet 2015) par Hakim Ben Soltane, le juge chargé des affaires terroristes en Tunisie.

Hakim Ben Soltane a déclaré que plusieurs opérations de recrutement des jeunes pour aller au djihad en Syrie ont lieu dans les prisons tunisiennes et qu’un attentat contre l’ambassadeur des Etats-Unis en Tunisie a été déjoué in-extremis. Contrairement à ce qui a été écrit dans certains médias tunisiens, en octobre 2014, cet attentat ne devait pas se produire par voiture piégée au passage du cortège de l’ambassadeur. Le juge antiterroriste Ben Soltane a expliqué qu’une grenade devait être posée sous le fauteuil s du salon de coiffure au Kram que Jacob Walles, l’ambassadeur américain, fréquentait.

Un des participants à la séance d’audition, qui a préféré garder l’anonymat, a évoqué, en présence des députés, que cette opération a été interceptée grâce à des messages sur la page Facebook intitulée « Mellet Ibrahim ». L’administrateur de la page a été arrêté et a avoué le nom de la personne qui dirigeait le réseau médiatique d’Ansar Al-Charia et « Katibet Okba Ibn Nafaa », à savoir Fatma Zouaghi, qui a été arrêtée en octobre 2014.

C’est en 2011, juste après la « révolution du jasmin », que Fatma Zouaghi, 20 ans et étudiante en première année de médecine, a basculé dans l’intégrisme avant de se convertir au terrorisme. A la suite de son arrestation en octobre 2014, elle a reconnu ses relations avec Afif Laamouri, le chargé de propagande et de communication de l'organisation terroriste Ansar Charia et de sa filiale, la katibet Okba Ibn Nafaa. Afif Laamouri arrêté, c’est Fatma Zouaghi qui l’a remplacé. 
      
Lors de son interrogatoire en octobre 2014, cette niqabée a aussi reconnue avoir des relations avec le terroriste algérien Khaled Ben Hammadi Chaïbi, alias Lokman Abou Sakhr, qui lui a demandé l’achat de matériels de télécommunication et le recrutement dans la banlieue nord de Tunis, à Kairouan et à Siliana, de jeunes candidats au « martyr »pour commettre des attentats, notamment contre l’ambassadeur américain et la caserne de Bouchoucha. Cette jeune fanatique a également reconnu avoir « fêté avec ses frères » l’assassinat des 16 soldats à Henchir Ettalla, au flanc de Jebel Chaâmbi, en juillet 2014.

Toujours selon l’un des participants à la séance d’audition qui s’est tenue à l’Assemblée des Représentants du Peuple, Fatma Zouaghi allait recevoir un flash disque de la part du terroriste algérien Khaled Ben Hammadi Chaïbi, contenant tous les détails de l’opération Henchir Talla durant laquelle 16 soldats tunisiens ont trouvé la mort. Il a ajouté que si le contenu avait été rendu public, « cela aurait pu mener à l’effondrement de l’Etat tunisien ».

On rappelle que Khaled Ben Hammadi Chaïbi, alias Lokman Abou Sakhr, était le chef de la Katibet Okba Ibn Nafaa opérant dans la zone frontalière entre la Tunisie et l’Algérie. C’est lui qui a planifié la plupart des attaques terroristes en Tunisie, notamment celui du Bardo. Il était considéré comme le numéro 2 de l’organisation Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et le bras droit d’Abdelmalek Droukdel, alias Abou Mosaâb Abdel Wadoud.

En mars 2015, l’analyse ADN des 9 présumés terroristes tués le 28 mars 2015 à Gafsa a permis d’identifier 3 d’entre eux, dont les Algériens Mimoun Al-JazaÏri et Naceur El-Atri, ainsi que Khaled Ben Hamadi Chaïbi, qu’ils crèvent tous en enfer.

Voici le lien de notre article du 16 octobre 2014 :
http://www.tunisie-secret.com/Exclusif-L-ambassadeur-americain-en-Tunisie-echappe-a-un-attentat_a1113.html

Nebil Ben Yahmed