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Carnet de voyage : mes notes sur les élections du 23 octobre en Tunisie


20 Novembre 2012

Samira Hendaoui, journaliste franco-tunisienne a été la première à rejoindre l'équipe de Tunisie-Secret. Très active au moment de la "révolution", elle a vite compris qu'à part la colère sociale, rien n'était spontané dans les évènements de janvier-février 2011. Depuis, elle mène le combat contre la manipulation et la désinformation. Ici, elle livre ses premières notes de voyage avec ses propres photos.


Carnet de voyage : mes notes sur les élections du 23 octobre en Tunisie
Un bref compte- rendu rédigé fin octobre 2011 dans le cadre des élections.
• L'armée : acteur très visible dans le processus électoral. En amont elle protège des lieux clés, ambassades, synagogues ou encore anciens locaux du RCD. En aval, elle accompagne les urnes à bon port. Dans les rues, à l'intérieur des lieux de vote, l'armée est omniprésente.
• Les ONG : un grand nombre d'observateurs étrangers étaient présents, tous ayant pour objectif officiel de mesurer avec impartialité le déroulement du scrutin et d’en assurer la transparence. À titre d'exemple, La National Democratic Institute (NDI), qui a déployé 45 observateurs provenant de 17 pays et posté dans tout le territoire tunisien. Les observateurs sont divisés en 2 catégories : des observateurs de longue durée et des observateurs de courte durée. Cette délégation est sous la co-direction d’Alejandro Toledo (ancien président du Pérou), Jorge Fernando Quiroya (ancien président de la Bolivie) et Leslie Campbell, directrice régional de NDI pour les programmes du Moyen Orient et de l’Afrique du Nord.
La NDI œuvre pour le progrès de la démocratie dans le monde à travers des missions d'observation et l’organisation de stages de formation aux nouvelles technologies au service de la cyber dissidence. Stages ayant eu lieu en Jordanie (décembre 2007), au Maroc (juin 2009) ou encore en Turquie (novembre 2009) et auxquels des bloggeurs égyptiens, marocains, tunisiens, syriens et yéménites étaient conviés.
• L'ISIE, "Instance Supérieure Indépendante pour les Elections", affiche une volonté de promouvoir la transparence et de démontrer un certain professionnalisme en matière d’organisation électorale. Présidée par monsieur Mohamed Kamel Jendoubi, qui lors d'une conférence du 14 novembre à Tunis conclut que "malgré les lacunes, l'ISIE est un acquis qu'il serait profitable de préserver". En interdisant la publicité politique, elle tend à garantir une égalité des chances entre les partis, la neutralité des médias et la limitation de l'argent comme moyen de subversion, objectif quelque peu avorté. L'instance centrale, rue Ibn Jazzar au quartier Lafayette à Tunis ne désemplit pas, journalistes locaux et étrangers, représentants de listes, observateurs de tout bord, s'y rendent pour avoir accès aux accréditations et aux informations.
 
Le parti Ennadha arrive en première position, le terrain politique ayant été en sa faveur. Ses rivaux, nombreux et moins bien lotis ont vite été dépassés par sa logistique. Je pose la question à l’un d’eux, qui me répond : « La mise en place de meetings, de réunions dans tout le pays n'est pas supportable, nous avons peu d'argent comparé à Ennadha qui loue toutes les plus grandes salles, qui organise des repas ». De nombreux opposants diront plus tard la même chose. 
Des citoyens tunisiens me confient qu’Ennahda a loué les voitures de location dans tout le pays. D'autres me relatent comment certains militants du parti ont promis de résoudre tous leurs problèmes. Les Tunisiens que nous avons côtoyés sont mitigés, certains affichent une forte sympathie pour Ennadha.
Différentes raisons sont citées, dont la plus populiste mais non moins populaire : le droit à la polygamie. Un argument cité en premier par les hommes que j'ai pu côtoyer et qui ont voté pour ce parti. Ce qui démontre que cet argument fut utilisé lors des élections (propos démenti par la hiérarchie).
D'autres sont  blasés et ne voient en ces élections qu'une mascarade de plus. Quelques-uns se partagent entre les autres partis non moins charismatiques mais écrasés par l'opulence d'un parti dont les finances lui ont permis de monopoliser le paysage politique par une présence sur le terrain écrasante, de leur logistique et de leurs sympathisants. Peut-on prétendre qu'Ennadha comptait un plus grand nombre de sympathisants ? Je ne le crois pas, par contre ils étaient plus visibles, ayant investi activement la place publique.
Personne ne fait état de la difficulté de trouver des informations concernant l’origine du financement de ce parti.  À cette question posée lors de mon séjour, personne n'a pu me répondre. Ni l' I.S.I.E ni aucun observateur ne soulève cette problématique pourtant essentielle pour l’avenir de la démocratie.  Aucune information explicite n'apparait sur la toile. Les quelques pièces de monnaies recueillies devant les mosquées n'auraient pu à elles seules financer l'artillerie lourde du parti victorieux.
http://www.tunisie-secret.com
 
Tunis , 23 Octobre 2011.
Samira Hendaoui

 
 


           


1.Posté par Abderahmane Toumi le 22/11/2012 10:41
Un coup d'état militaro médiatique ... c'est bien ça ...

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