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La démocratie islamique n’est pas possible


30 Janvier 2015

Remarquable interview de l’islamologue allemand Reinhard Schulze, qui rompt avec le discours stéréotypé et essentialiste de l’islamologie française qui s'accorde totalement et paradoxalement avec l'idéologie islamiste. Aux questions intelligentes du journaliste suisse, R. Schulze apporte des réponses savantes qui restituent l’historicité de l’islam.


Reinhard Schulze, professeur d'islamologie à l'université de Berne.
Reinhard Schulze, professeur d'islamologie à l'université de Berne.
L’islam a-t-il besoin d’un aggiornamento? Le professeur d’islamologie Reinhard Schulze pense que les musulmans devraient relancer un débat critique qui s’est interrompu il y a plus d’un demi-siècle. Des intellectuels musulmans y sont prêts, mais ils ne font pas le poids face au discours intégriste.

Quelle est la responsabilité de l’islam dans les abcès de violence religieuse qui déchirent le Moyen-Orient, et dans les récentes attaques terroristes qui ont secoué la France les 7-9 janvier 2015? Le Coran, avec ses passages qui invitent à tuer, devrait-il faire l’objet d’une lecture plus distanciée? A ces questions, l’islamologue allemand Reinhard Schulze répond par la profondeur historique. Sans esquiver les problèmes posés par l’actualité, ce professeur à l’Université de Berne montre comment la réflexion critique sur l’islam s’est arrêtée, il y a plus d’un demi-siècle, sous l’étouffoir des Etats, qui ont contraint les intellectuels au silence et laissé le fondamentalisme travailler sans concurrence les populations arabo-musulmanes. A ses yeux il faut à tout prix relancer le débat et reconstruire un discours critique. L’Occident peut aider les intellectuels musulmans, pour autant qu’il ne se laisse pas impressionner par l’islam dévoyé des fanatiques. Entretien.

Depuis plusieurs années, mais en particulier depuis les attentats qui ont frappé la France en janvier, le débat monte sur la part de responsabilité de l’islam dans les violences. Certains affirment que les terroristes sont des nihilistes déguisés en religieux, d’autres rétorquent que tout de même, c’est au nom d’Allah que les terroristes ont tué…

Reinhard Schulze: Pour moi, la question centrale dans tout cela est: est-ce l’islam qui fabrique les croyants, ou sont-ce les croyants qui fabriquent l’islam? Si l’on tient la première proposition pour vraie, alors il faut doter l’islam de dogmes indestructibles, qui répondront de tous les actes des musulmans. Si c’est la deuxième qui est vraie, ce que je crois bien sûr, alors ce sont les croyants qui doivent en répondre. L’islam est sous leur responsabilité.

– Alors est-ce important selon vous qu’ils se démarquent publiquement de ces actes terroristes?

– Non, pourquoi? Ils n’ont commis aucun crime, ils n’ont pas à se justifier, à se mettre en situation de prévenus au tribunal de l’opinion publique. Mais je le répète, ils ont une responsabilité vis-à-vis de leur religion. On ne peut donc pas accuser la communauté des musulmans des crimes commis par des extrémistes, mais on peut leur demander: qu’est-ce que vous faites avec votre islam? Quelle sorte d’islam avez-vous en vue, quelle est votre vision de l’islam pour le XXIe siècle?

– Justement, certains philosophes critiques, comme Abdennour Bidar dans sa «Lettre ouverte au monde musulman», ou Abdelwahab Meddeb, appellent à un sursaut intellectuel, à une grande réforme. Y a-t-il urgence de réformer l’islam?

– Il y a d’abord urgence de mémoire. Les musulmans doivent se rappeler que jusqu’aux années 1960, il existait dans le monde arabo-musulman un grand débat très libre sur la question de l’historicité de l’islam. Des grands savants comme Amin al-Khûlî, Ahmad Khalafallâh ou d’autres avaient des vues très modernes sur la question. Ils pensaient que l’islam doit être adapté à son contexte historique et qu’aucune interprétation n’est valable pour toutes les époques.

– Où en est-il, ce débat?

– Il a été détruit, en premier lieu sous l’influence des Etats – l’Egypte de Nasser, la Syrie baassiste, etc., dès la fin des années 50. La grande Université al-Azhar du Caire a été étatisée en 1961. Du coup, le public musulman a commencé à se recroqueviller, et les savants qui ont voulu poursuivre ce débat ont émigré, notamment à Paris, qui est devenu pour un temps le centre du débat islamique. Au Caire, à Damas, à Bagdad, il est resté un grand vide.

– Qui a rempli ce vide?

– En partie le wahhabisme et le puritanisme, qui ont joué le rôle de conscience critique face au monopole étatique sur l’islam. A partir de là, le discours apologétique a pris le pas sur le discours critique, l’éclipsant presque complètement. Plus tard, dans les années 70-80, l’islam a été un moyen pour les populations arabo-musulmanes d’affirmer leur autonomie face à des Etats autoritaires qui voulaient régenter tous les aspects de la vie sociale. Conséquence de tout cela, l’éducation islamique s’est considérablement appauvrie. Le vide laissé par les intellectuels a donc été comblé par des penseurs médiocres et une littérature de pacotille. Cela dit, il ne faut pas non plus idéaliser les grandes heures du débat, déjà menacé à l’époque par les intégristes: dans les années 50, un Frère musulman radical nommé Abdelkader Aouda prêchait dans les mosquées qu’il fallait brûler tous les livres islamiques à part le Coran et la tradition prophétique.

– Le Coran contient des passages violents. Cela signifie-t-il que l’islam est violent?

– Le Coran compte quelque 6300 versets au total, dont 300 contiennent des mots tels que «combattre» ou «tuer». Cinq versets, en tout, sont une injonction à tuer. La question est de savoir comment lire le texte. Dans certains passages du livre du Deutéronome, Dieu invite à tuer. Pour la majorité des juifs et des chrétiens, il est clair que ces injonctions se réfèrent à une situation historique et ne sont pas valables au pied de la lettre. Il en est de même pour la majorité des musulmans vis-à-vis du Coran. Si le texte devait déterminer les actes des croyants, nous connaîtrions un bain de sang depuis 1300 ans. Les fondamentalistes, eux, opèrent une relecture du Coran très éloignée de la tradition islamique.

– Quelles sont les ressources à disposition, dans le Coran et ailleurs, pour leur faire barrage?

– On pourrait remonter au IXe siècle et puiser dans des milliers de livres! Les ressources dans le Coran ne manquent pas non plus. Mais là encore, tout dépend de l’interprétation qu’on en fait. Prenez une notion dont on parle à tort et à travers dans la presse, le djihad. Qu’est-ce que le djihad? A l’origine, une partie du culte musulman dont la visée est la reconquête de La Mecque. Après 630, quand elle est conquise, il n’y a plus besoin de djihad, tout est fini! Au Moyen Age, des juristes musulmans, élaborant une théorie du djihad, avaient précisé qu’il devait être soumis au contrôle du pouvoir d’un régime. Ainsi l’expression n’a presque plus jamais servi… jusqu’au XIXe siècle.

– Et ensuite?

– Certains groupes musulmans avaient déjà revivifié le concept du djihad au début et même avant le XIXe siècle dans des contextes très locaux. Mais les historiens anglais, et je les suis presque entièrement sur ce point, affirment que le djihad des temps modernes est une invention allemande. En 1914, les orientalistes allemands ont revivifié ce concept moribond, en donnant l’impression que c’était important dans l’islam, puis sont allés expliquer au régime ottoman qu’il devait se servir de ce concept auprès des populations colonisées par les Anglais et les Français, afin de mieux les combattre.

– Le djihad est donc un produit d’importation?

– Oui! Mais à partir du XIXe siècle, presque tout a été importé. Les musulmans ont fait évoluer l’islam selon les standards de pensée européens de l’époque.

– Aujourd’hui, un débat critique sur l’islam est-il possible en l’absence d’autorités reconnues, à l’image d’un clergé?

– Il ne faut pas catholiciser l’islam avant de lui faire passer sa réforme! La tradition islamique, dans son ambiguïté, s’apparente à la philosophie postmoderne, basée sur la pluralité des interprétations. C’est un avantage. L’islam a d’ailleurs connu l’athéisme, mais aussi la caricature du Prophète. Le succès moral de l’islam dépend davantage de la formation des élites et de leur capacité à obtenir un consensus au sein des sociétés musulmanes que d’un cadre intellectuel strict. Le XXe siècle, avec la construction d’un discours homogène sur ce qu’est l’islam, a marqué un tournant. A partir de là, autour des représentations du Prophète, se joue une bataille pour le monopole du discours sur ce qu’est l’islam.

– Cette ambiguïté n’est-elle pas problématique lorsqu’elle ouvre la porte à une lecture fondamentaliste des textes?

– Oui, peut-être que ce flottement est à la fois une chance et un désavantage, car il crée la possibilité d’un fondamentalisme très vaste. Dans le christianisme, en comparaison, les courants radicaux se cantonnent à quelques sectes identifiées, comme celle des évangéliques. Les courants rigoristes tels que celui des intégristes du XXe siècle se sont formés sous l’influence de l’approche positiviste, qui ne laisse pas de place au doute et à l’ambiguïté, ainsi que des théories d’Auguste Comte.

– Y a-t-il un front uni pour lutter contre le fondamentalisme?

– Oui, ce sont les universitaires, des journalistes et des blogueurs islamiques, tous ceux qui disent que l’éducation – au sens allemand de Bildung, qui implique la construction de la personnalité – est importante pour façonner un discours critique. Un bon nombre, aujourd’hui, estime qu’il faut travailler sur la tradition et pas avec la tradition. Mais ce n’est pas à l’ordre du jour dans les écoles coraniques.

Internet offre-t-il des pistes pour entamer cette réforme?

– Internet est une malédiction! Il donne l’impression que le savoir ne dépend pas d’un échange, d’un débat, mais qu’il suffit d’avoir lu trois pages pêchées on ne sait où pour affirmer qu’on détient la vérité. Sans sphère critique, sans contrôle intellectuel, sans justification de ses paroles, on dit tout et n’importe quoi. Et c’est ainsi que l’islam est devenu un fantasme délimité par des dogmes.

– Mais tout de même, Internet peut être un lieu de débat…

– Oui, mais c’est un débat virtuel, qui n’a plus de correspondance dans la vie réelle. Si l’on ne peut plus corriger un point de vue qui part à la dérive dans l’irréalité, alors on en arrive, dans l’extrême, à l’Etat islamique. Celui-ci, qui prétend revenir aux sources, a créé de toutes pièces un islam qui ne correspond à aucun moment de l’histoire.

– Mais la charia, appliquée dans les régions soumises à l’Etat islamique, n’est pas une invention…

– La charia n’est pas la loi islamique! Dans une interview récente, le grand mufti d’Egypte Shawki Allam l’a dit très explicitement devant des journalistes médusés! En fait, il n’y a pas moyen de définir ce qu’est la charia une fois pour toutes: c’est seulement l’interprétation, par les juristes, de ce qui pourrait être la norme dans une société et une époque données. La charia est un produit intellectuel, pas une loi divine.

– On en a une tout autre image…

– Evidemment, en Occident, on a une idée très nette de la charia: une sorte de loi du talion complètement rétrograde qui peut vous faire littéralement perdre la tête! Cette idée totalement fausse ravit les islamistes radicaux, bien sûr, eux qui bâtissent un islam imaginaire correspondant parfaitement aux attentes apeurées des Occidentaux. Entre ces deux fronts, les intellectuels musulmans se retrouvent bien seuls, et ils manquent de ressources pour lutter contre ce dévoiement total de l’islam. D’où la nécessité d’une académie importante, libérée du contrôle de l’Etat. C’est en ce sens qu’a plaidé Gamal al-Banna en Egypte pour rétablir l’autonomie de l’Université al-Azhar. A ses yeux, et il a raison, c’est le seul moyen de relancer un discours critique et de changer l’image de l’islam. Mais l’Etat refuse, parce qu’il a peur.

– Une justice indépendante est-elle possible dans le monde islamique?

– Bien sûr. Gamal al-Banna dit clairement que l’islam n’a pas pour vocation de créer un système judiciaire.

– La charia est-elle compatible avec l’Etat de droit?

– Encore une fois, la charia n’est que le reflet de l’avis des juristes! Elle peut être à l’origine de la justification des normes sociales, mais ne peut pas les créer. Est-ce possible par exemple d’abolir la polygamie en Tunisie, au Caire, voire en Arabie saoudite? Certains juristes musulmans disent que oui, mais pas tous. L’important, c’est de rouvrir le débat, montrer qu’il existe et le soutenir. Le soutien et l’apport de compétences intellectuelles libres des Occidentaux sont indispensables.

– Est-il possible d’imaginer une démocratie islamique?

– Non, tout comme il n’existe pas de démocratie chrétienne, ou de démocratie juive. La tradition islamique peut en revanche justifier les principes de la démocratie tels que l’Etat de droit, ou une forme de séparation entre l’Etat et la religion. La laïcité dans sa forme la plus stricte, à la française, est difficile à accepter. Certains, comme Soheib Bencheikh, le mufti de Marseille, affirment que la société musulmane peut être laïque, mais pour la majorité des penseurs musulmans, un sécularisme à l’allemande, où le respect de l’Etat de droit s’accompagne d’une sauvegarde de la sphère religieuse, est plus acceptable. Les universités allemandes, par exemple, ont ouvert des instituts de théologie où prend place un débat critique sur l’islam.

Interview parue dans le quotidien suisse Le Temps, du 29 janvier 2015.


           


1.Posté par mourad G. le 30/01/2015 13:30
Est-ce possible par exemple d’abolir la polygamie en Tunisie, au Caire, voire en Arabie saoudite? Ces propos avancés par ce soi disant savant islamologue qu'est Reinhard Schulze n'ont pas manqué de me surprendre comme beaucoup d'autres phrases qui montrent que même un chercheur dans ce domaine, demeure ignorant de certains faits, si évidents soient ils. En Tunisie et dés 1956, la polygamie est devenue interdite. Les femmes , contrairement à certains pays d'Europe comme le lichtenstein, tout proche de la suisse ou les femmes n'ont pu voter que bien plus tard à la fin des années 60.
Saviez vous qu'en france par exemple et jusqu'aux années 50,les femmes n'avaient pas le droit d'avoir un compte en banque sans l'accord de leur mari? Ce qui n'était pas le cas en Tunisie par exemple. Comment pourrais je croire ce Mr Shultz sur la suite du texte, aprés avoir lu des énormités pareilles? Quand à el banna, il reste discutable et celui que Monsieur shultz a l'air de croire en défendant ses idées, a bien des défauts cachés, comme la prolifération des freres musulmans en Egypte qui voulaient accaparer le pouvoir du temps de nasser, qui , je pense, a bien fait de réprimer leur mouvement. Dans un pays, il faut y vivre pour comprendre son histoire, ses traditions et surtout sa religion et sa culture.

TS- La mention de la Tunisie est certainement une erreur du journaliste et non pas du professeur Reinhard Schulze qui a passé sa vie à étudier l'Islam et le monde arabe et qui parle couramment l'arabe. Lorsque les Arabes commenceront à respecter les savants et la science, ils se porteront mieux !

2.Posté par Ben Damir Mohamed le 30/01/2015 14:09
Cet article, même s'il n'est pas dans la veine stéréotypée de ce qui se dit par les penseurs civilisés qui sont légions de nos jours cybernétiques, reste balbutiant quant à une exégèse fondamentale de l'Islam... et de la dite démocratie.
La démocratie, pour alléchante qu'elle est, reste une utopie, bien entretenue avec plus ou moins de réussite au sein des sociétés qui la prônent. La pensée initiale et le fondement de la démocratie n'est qu'un mensonge sur Dieu. Vox populi vox Dei n'est qu'une bien naïve "usurpation" du pouvoir divin par l'homme.
Dieu Fait ce qu'Il Veut, quand Il Veut, avec qui Il Veut, qu'il en soit pour une de Ses Créatures ou pour l'ensemble de ce qu'Il A Crée et si même toute l'humanité vote autre chose.
Depuis ce simple constat, être musulman et démocrate tel que nos démocraties actuelles l'édictent est une faillite de la pensée élémentaire d'un être croyant.
C'est quand je sais que c'Est bien Dieu qui Permet ce genre de dérives qui se perpétue depuis quelques décennies que j'entrevois encore plus la Grandeur et la Largesse de Dieu... et Sa Patience.
Quand à l'Islam qui est le maillon ultime Donné aux Humains...à tous les Humains, fondamentalement, ne fait que dire et attester ce que les autres religions ont dit, les mêmes principes, les mêmes directives et les mêmes éclaircissements.
L'Islam, on peux s'envoler avec et essayer de regarder ce monde à travers la Magnificence Divine et Sa Mansuétude, on peux choisir d'autres voies aussi qui sont plutôt de la non tolérance.
Il reste que Dieu, certes, y Dit la Loi de l'œil pour l'œil, mais Il y Dit aussi qu'Il Aime le Pardon qui se vit en conscience et dans la rectitude car cela rapproche celui qui peut faire cela de Lui....
De plus actuellement, la démocratie a affiné ses discours à en arriver à proclamer la laïcité. la ou le bat blesse, c'est que cela, en gros, arrive à dire: nous reconnaissons toutes les religions...sans reconnaitre les lois divines!!!
Pour ne pas déroger aux lois de l'humour qui auront été bien malmenées par ces derniers temps,
laïc, laïc, y aurait-il là un hic?
Cela passerait pour un humour primaire...heureux les simples d'esprit !

3.Posté par Mercure le 30/01/2015 16:11
Bravo Tunisie Secrets

Remarquable initiative que de publier cette interview : vous démontrez que votre journal est de plus en plus intéressant, et porteur de véritables réflexions; vous êtes sur la bonne voie, et le nombre de nouveaux lecteurs déçus par d'autres "journaux" électroniques va affluer pour peu qu'une déontologie soit respectée.

Cette interview va au fond des choses, et dénude notre extrême pauvreté intellectuelle et notre manque de maturité collective , nous arabo-musulmans de base.

Mais NE JAMAIS OUBLIER que l'islamisme militarisé a été sciemment encouragé par la CIA, et que l'horreur DAECH résulte aussi d'une manipulation machiavélique des services secrets occidentaux.

En particulier, DAECH est réellement le frankenstein des néo-cons US et des sionistes. Il faut le dire.

4.Posté par Gharbi le 31/01/2015 09:11
Juste un mot sur le jihade : le terme n'est pas français et on ne peut pas lui donner une explication comme celle est donnée dans cette analyse
Le jihade n'existe pas dans Larousse de la langue française et na pas de synonyme ni son anti ..
Le jihade est un terme , un mot arabe est peut expliquer quand en arabe et après sa compréhension , on peut le traduire mais littéralement.
La signification du jihade tel qu'elle est donnée en français est totalement fausse .
En France quand dit jihade en français une image , scène , une action se dessine , se réfléchie dans les esprits : va tuer l'autre ,,? Non cette image , cette scène est reliée et inculquée et gravée est transmise dans une mémoire collective.
Pour irradier et irradiquer cette mauvaise compréhension ., il faut retourner à la source pour la bien comprendre et la traduire ..

5.Posté par MOURAD G. le 31/01/2015 14:13
Jihad , c'est faire la guerre pour défendre une religion ou un pays pour maintenir sa souveraineté, mot pour mot. Quand on ne comprend pas l'arabe et qu'on essaye en tant que français de traduire des mots en arabe, on échoue forcément. Bien sûr l'occident dans son inculture des modeles et cultures arabes, a vite rallié ce mot aux assassinats perpétrés ci et là par les extrémistes terroristes et tueurs en série de daesh pour tuer des innocents. Comme le mot kamikaze, à la base c'est des japonais suicidaires durant la derniere guerre mondiale, qui se jetaient directement sur les cibles ennemies avec leurs avions afin de ne pas rater leur cible, mais ce mot a vite été collé aux mêmes terroristes qui se sont suicidés avec des ceintures bourrées d'explosifs afin de tuer des innocents. Jihad et kamikaze, sont des termes si on peut s'exprimer ainsi, plus nobles que les jihad et kamikazes d'aujourd'hui.
Jihad, kamikaze, islamiste... etc dommage que ces mots aient été liés à la religion musulmane qui depuis plus de 1000 ans ne fait plus de jihad, n'a jamais approuvé les kamikazes et ne reconnait en rien ces terroristes dits islamistes.
STOP AUX CONFUSIONS

6.Posté par Les Pacifistes de Tunis le 31/01/2015 19:31
Attention, "AMALGAME" EST UN MOT D'ORIGINE ARABE, Mr le Professeur néo-orientaliste

S'il fallait citer des versets évoquant des "rivières de sang" (sic) et autres horreurs liées aux batailles innombrables (Hébreux tantôt contre les Yébousiens, Hébreux tantôt contre les Madianites, contre X, contre Y, tantôt contre Dieu lui-même…), c'est dans l'Ancien Testament qu'on les trouve et non pas dans le Coran. Evidemment, comme dirait le Christ, il est plus facile de voir le fétu dans l'œil du Musulman que la poutre dans celle des fous de Sion ou de la Maison Noire.

Le truc est bien connu. La manipulation consiste à extraire quelques versets du Coran évidemment (mais il faut toujours le répéter puisque c'est le centre du tour d'illusion) hors de leur contexte (économique, historique, social, politique, etc.) et de s'exclamer devant les masses qui n'ont jamais lu ni le Coran, ni l'Ancien et le Nouveau Testament, ni les Védas: "Regardez, vous voyez bien comment ce sont des gens violents par essence".
Mais ça ne marche pas avec tout le monde et ce dernier va changer de base.

UN SIMPLE EXEMPLE TIRE ANCIEN TESTAMENT (DEUTERONOME):

« Alors Moïse dit au peuple : " Il faut que certains d’entre vous prennent leurs armes et aillent attaquer les Madianites, afin de leur infliger la punition décidée par le Seigneur." [...] Les commandants de régiments et de compagnies victorieux avaient massacré les hommes, pillé les villes, capturé les femmes et lorsqu’ils qu’ils revenaient de cette campagne, Moïse se mit en colère contre eux. Il leur dit: "Quoi ! vous avez laissé la vie aux femmes ! Vous le savez bien, pourtant, ce sont des femmes madianites qui, sur les conseils de Balaam, ont poussé les Israélites à commettre des fautes graves envers le Seigneur, lors de l’affaire de Péor ; et à la suite de cela un fléau s’est abattu sur le peuple du Seigneur. Eh bien maintenant, tuez tous les garçons, de même que toutes les femmes qui ont été mariées. Mais vous pouvez garder pour vous toutes les filles encore vierges. "

Trouve-t-on des choses pareilles dans le Coran? Alors, de grâce, cessez tous ces délires néo-orientalistes. A la fin, qui va bénéficier de toues ces dispute byzantines et de toutes façons stériles?

Construisons ensemble un nouveau monde.

LECTURES RECOMMANDEES:

(1) Lesley Hazleton, une agnostique d'origine Juive a analysé le Coran
https://www.youtube.com/watch?v=zXXG6A2SGK0&feature=related

(2) Philippe Büttgen, A. de Libera, M. Rashed et I. Rosier-Catach (éds). Les Grecs, les Arabes et nous [Greeks, Arabs and Us]. Enquête sur l’islamophobie savante, Paris, Fayard, 2009, 372 p. [avec une contribution de J.-C. Attias, «Judaïsme: Le tiers exclu de l’Europe chrétienne»», p. 213-222].
http://www.jeanchristopheattias.net/en-librairie-les-grecs-les-arabes-et-nous.html

(3) Roshdi Rashed. On Arab and Islamic Science
http://chspam.vjf.cnrs.fr/Personnel/Rashed.htm#editoriale

TS- Savez-vous qui a été le premier à traduire "Rahma" et "Rahim" par amour matriciel ? C'est André Chouraqui, dans sa traduction du Coran éditée en 1990. André Chouraqui est décédé à Jérusalem en 2007.

7.Posté par Les Pacifistes de Tunis le 01/02/2015 01:13
A Tunisie Secret
Vous nous dites: "Savez-vous qui a été le premier à traduire "Rahma" et "Rahim" par amour matriciel ? C'est André Chouraqui, dans sa traduction du Coran éditée en 1990. André Chouraqui est décédé à Jérusalem en 2007."

Pour "rahma", oui, et alors? Le Pr Talbi l'a repris aussi et nous aussi à notre tour parce que c'est la vérité linguistique.

Par contre pour "Rahim", cela signifie autre chose que nous avons traduit "Celui Qui Dispense Son Amour Miséricordieux".

Pourquoi le commentaire n'apparaît-il pas ? Merci de laisser le commentaire que nous avions publié à ce sujet et que nous reproduisons ci-après, à moins que vous ne trouviez cela "haram", ce qui serait le comble

Nous somme prêts à en discuter avec les lecteurs qui condamneront, particulièrement si ce sont le type d'islamistes que vous critiquez, ou ne approuveront.

Merci de votre intérêt et de votre attention.

QUELQUES FONDAMENTAUX

En réponse à Gharbi (au sujet du mot "jihad") mais aussi d'autres mots essentiels.
En fait, il y a pire. Le Coran a été mal traduit en langues latines. Par exemple, regardez la première sourate:

LE MOT "RAHMA" vient de "matrice", c'est-à-dire lieu du développement de l'enfant dans le ventre de la mère et que cette dernière aime d'un amour organique, matriciel. Ce simple détail linguistique est révolutionnaire parce qu'il étend LA SIGNIFICATION (OCCULTEE PENDANT QUATORZE SIECLES DANS TOUTES LES TRADUCTIONS) du mot "Rahma" (traduit prosaïquement et de manière orientaliste par "Miséricorde", "Clémence"), central dans l'islam tant théologique que celui de tous les jours, à celle, infinie et transverbérante d'Amour Miséricordieux.

QUANT AU MOT "JIHAD", il est important de rappeler sa signification étymologique réelle: "effort" en vue d'une action visant au déploiement de cet Amour Miséricordieux, effort visant à agréer Dieu.

TRADUCTION REVOLUTIONNAIRE INEDITE DU CORAN

Sourate de l'Ouverture (Al-Fatiha)

-Au Nom de l'Amour Matriciel, de Celui Qui Dispense Son Amour Miséricordieux (Bismillah Ar-Rahman Ar-Rahim),
-Loué soit Dieu le Seigneur de tous les univers (Al-hamdu lillahi Rabbi l-alamin)

-L'Amour Matriciel, Celui qui Dispense Son Amour Miséricordieux (Ar-Rahman Ar-Rahim),

-Le Roi-Juge du Grand Jour (Maliki yawm ad-din)

-Nous T'adorons et c'est de Toi que nous implorons toute aide (Iyyaka na'abudu wa iyyaka nasta'in)

-Puisses-Tu nous guider dans le droit chemin (Ihdina s-sirat al-mustaqima)

-Le chemin de ceux sur lesquels Tu as répandu les expressions variées de Ton Amour Divin, non pas le chemin de ceux qui subiront Ton Courroux, ni celui encore de ceux qui sont allés à leur perte (Sirata l-ladina an'amta 'alayhim gayri l-magdubi 'alayhim wa la d-dallin)

L'islam n'est pas seulement la religion de la paix comme l'article le rappelle par l'étymologie et la racine commune des mots. Allah est aussi et surtout Pur Amour et Miséricorde dans le sens même de celui de Thérèse de Lisieux.

Certes, l'un des attributs (parmi les 99, classiques) de Dieu dans cette religion est "La Paix" (As-Salam) mais Allah n'est pas que ça. Il est surtout et avant tout Amour, Pur Amour et les immenses réalisations de la civilisation musulmane à travers les siècles l'ont prouvé. Inutile d'y revenir. Si les deux mots "Allah" et "Amour" commencent par la même lettre, c'est peut-être un hasard. Mais voici la démonstration de leur interchangeabilité.

Le Coran, livre saint de l'islam, rappelle, dès la première page et, inlassablement, jusqu'à sa fin (entame de chaque chapitre (sourate)), que Dieu est Pur Amour et Miséricorde. L'expression exacte est: "Dieu est le Tout Miséricordieux et Celui qui diffuse son Amour Miséricordieux" (en arabe: "Bismi-LLâhi R-Rahmân aR-Rahîm").

Rappelons que chez l'être humain, la miséricorde est la compassion amoureuse ou l'amour compassionnel qu'il est censé éprouver vis-à-vis des souffrances d'autrui. Bien entendu, la Miséricorde de Dieu, infinie, englobe celle, limitée, de ses créatures.

A la manière des moines bouddhistes, particulièrement ceux de l'école chinoise du tchan (zen), chaque jour (et cela, toute l'autre moitié du monde l'ignore), des centaines de millions de musulmans prononcent la formule ci-dessus avant d'entreprendre quelque activité: entrer dans une maison, se mettre à manger ou à boire, adopter un chat, éplucher des légumes, être contraint d'immoler un animal pour ceux qui ne sont pas végétariens, mettre une machine à coudre en marche, etc.

Pour les catholiques, rappelons que c'est en des termes identiques que Thérèse de Lisieux, dans sa célèbre illumination (1895), s'est abandonnée à Dieu: "comme victime d’Holocauste à l’Amour Miséricordieux du Bon Dieu".

Tant les catholiques que les musulmans oublient souvent que Sainte Thérèse interpelait Dieu comme son "Bien Aimé", exactement comme dans le soufisme.

8.Posté par Zinsmann W. le 01/02/2015 11:37
«L'agriculture est la mère de tous les arts: lorsqu'elle est bien conduite, tous les autres arts prospèrent; mais lorsqu'elle est négligée, tous les autres arts déclinent, sur terre comme sur mer.»
(Xénophon, L'Economique, V).
Aucun pays arabe n'est autosuffisant en matière d'alimentation de ses autochtones. Comment voulons nous, qu'il puisse y avoir un champs culturel ou scientifique autonome ?
Ce déficit structurel est enfanté par une détresse hydrique plus que millénaire !
Il n'y a pas lieu donc de s'étonne d'une carence en matière de recherche et développement en tous les secteurs de la vie moderne.
Pour espérer un changement qualitatif en ce que suinte intelligentsia locale arabe, et non expatriée, il faut un changement quantitatif en matière de ressource hydrique, pour assurer une vie digne auxdits autochtones. Concrètement il faut passer d'une dotation actuelle de ressource en eau renouvelable de moins de 500 m3/habitant/an, à celle nécessaire pour franchir le seuil de vulnérabilité , par rapport à cet élément vital, tel que défi par la FAO, soit 2500 m3/hab/an. Les techniques disponibles le permettent. En effet l'énergie solaire reçu sur un km² de la région, suffirait pour produire 60 M² de m3/an. Pour le cas de la Tunisie, 350 km² couvrirait son déficit hydrique et lui permettrait de réaliser l'autosuffisance alimentaire!

Autrement, croire à l"émergence d'une Démocratie dans un pays sans surplus agricole c'est encore croire en l'abiogenèse et c'est exactement ce qui se passe dans la région secouée par le "printemps arabe" surgit, en fait, en plein hibernation !

9.Posté par Les Pacifistes de Tunis le 03/02/2015 17:40
LE PLUS GRAND PROJET HYDRAULIQUE AU MONDE

Hey W. Zinsmann,

Merci pour les références (historiques notamment).
Avez-vous entendu parler du plus grand projet agricole au monde relatif aux ressources en eau et réalisé là, aux portes de la Tunisie ?
Il a été détruit une fois partiellement par les Révolutionnaires du CNT/OTAN avec la complicité de leurs homologues tunisiens du 14 janvier.

Après 4 ans de gouvernance de type OTAN, la moitié des puits sont maintenant pollués. Aucune maintenance n'a été assurée par les rongeurs.

REFERENCES

Projet du Grand Fleuve Artificiel. Mouammar Al-Gaddafi a réalisé le projet d'irrigation le plus important au monde, connu sous le nom de "Great Man-Made River Project" (Projet du Grand Fleuve Artificiel), pour rendre l'eau, pure et potable, facilement disponible à travers le désert et tout le pays.
http://www.mathaba.net/news/?x=629654
http://africaindependence.com/AljamahiriaComGreatManMadeRiverinLibya_arabic.aspx

Great Man Made River (GMMR)
"Великая Рукотворная Река" в Ливии - Das 8. Weltwunder - لــنهر الصــناعي العظـــيم
http://gator1530-ghana-great-man-made-river.hgsitebuilder.com/libyan-press-about-the-great-man-made-river-gmmr-----8-weltwunder---
http://africaindependence.com/AljamahiriaComGreatManMadeRiverinLibya_arabic.aspx
http://www.mathaba.net/news/?x=629652

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