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Lorsqu'on est bourguibiste, on ne brade pas l'indépendance de la Tunisie


8 Avril 2014

A l'occasion du 6 avril, date du décès de Bourguiba, certains se sont disputés son héritage jusqu'aux mains. Si les adeptes de Béji Caïd Essebsi et ceux de Hamed Karoui ont offert aux Tunisiens un spectacle affligeant, à l'entrée même du mausolé du père de la Nation, le "président" intérimaire et usurpateur, tel un voleur, a préféré s'y rendre discrètement, tôt le matin, à l'abri des regard et de la colère des Monastiriens. Tous ces politicards qui se revendiquent du bourguibisme oublient, ou font semblant d'oublier, qu'être bourguibiste aujourd'hui, c'est d'abord refuser le néocolonialisme américano-qatari et combattre le fléau islamiste.


Habib Bourguiba et Béji Caïd Essebsi, l'original et la copie.
Habib Bourguiba et Béji Caïd Essebsi, l'original et la copie.
Faute de proposer aux Tunisiens un projet politique mobilisateur et porteur d'espoir, Nida Tounès qui se veut la voix de la Tunisie alors qu'il est incapable d'être à l'écoute du peuple, dépourvu d'idées crédibles veut faire de la mémoire de Bourguiba son fonds de commerce politique. 

Une récupération éhontée et obséquieuse, insultante à l'oeuvre et à la pensée de Bourguiba qui n'avait jamais exalté le passé de ses glorieux prédécesseurs pour exister politiquement. Le père de l'indépendance, le bâtisseur de l'Etat, le libérateur de la femme, comptait plutôt sur son propre charisme et sur le contact direct avec la population.
 

Bourguiba était un homme du présent qui se projetait dans l'avenir. Porté par son seul amour de donner à son peuple les moyens d'assurer par lui-même son indépendance. Bourguiba voulait une Tunisie debout et agissante, moderne et émancipée, et non pas une Tunisie nostalgique, ronronnante, passéiste et soumise. Bourguiba n'a fait de personne son exécutant testamentaire, pas même sa descendance directe.
 

La Tunisie de Bourguiba est une Tunisie maîtresse de son destin et souveraine. Ce n'est ni la Tunisie de Béji qui a ouvert le territoire tunisien à l'OTAN pour faciliter l'agression contre la Libye, ni celle du traître Moncef Marzougui, le blanchisseur de l'islamisme et l'imposteur des droits de l'homme. Le vrai hommage que Nida Tounès devrait rendre à Bourguiba est la lutte pour la libération nationale.
 

En serrant la main de Ghannouchi, les dirigeants de ce parti ont trahi et la Tunisie et Bourguiba. Si Bourguiba et son successeur ont mené un combat acharné contre l'obscurantisme, qu'a donc fait Nida Tounès de concret en dehors de ses jacasseries, jacqueries et calculs politiciens ? Majoritairement, les Tunisiens s'accrochent pourtant à ce dernier espoir que constitue Nida Tounès, qui pourrait effectivement stopper la régression vertigineuse de la Tunisie.  

 

La Tunisie agonise depuis ce funeste jour où le patron de Nida Tounès, qui joue au bourguibiste vertueux, alors qu'il ferait mieux d'abord d'être lui-même avant de vouloir endosser des habits trop larges pour lui qui le rend plus guignols et ridicules qu'il ne l'est, a donné aux islamistes les clés de la maison en toute irresponsabilité républicaine et déloyauté patriotique. Cet homme a manqué à son devoir de vigilance nationale et a fait preuve d'une légèreté coupable. Même si les pressions américaines étaient énormes et l'engouement de la rue désespérant, on ne laisse pas impunément entrer un loup dans la bergerie. Béji Caïd Essebsi a publiquement reconnu ses erreurs, notamment lorsqu'il a défendu l'islamisme "modéré" d'Ennahda lors du G8 en 2011. C'est tout à son honneur, mais depuis, a t-il appris de ses erreurs ?  

Encore un que j'ai soutenu dans mes articles et qui me fait regretter de l'avoir drapé dans sa vertu patriotique, il est comme ses congénères qui excellent dans le brassage du vent. Depuis plus deux ans, il ne fait que parasiter l'action politique, entraver le réveil des consciences et enfumer l'opinion publique. Pourquoi a t-il vite renoncé à la revendication pourtant légitime et populaire de dissoudre l'ANC, source de tous les problèmes? Où est-il passé le 20 mars 2014 ? Un homme, un vrai leader n'a pas peur d'aller au combat et de braver la mort. Le courage politique n'est pas de rester chez soi parce qu'on a reçu des menaces. Il faut savoir marquer les esprits et affronter la mort pour sonner la charge contre l'ennemi.
 

Parce que Bourguiba était un leader exceptionnel et qu'il ne craignait ni la prison ni la mort, nul n'est en droit de se proclamer de ses disciples. Ni Béji, ni Karoui, ni Morjane, ni la gauche, ni la droite...qui ont tous accepté le fait accompli imposé par les Etats-Unis et certains roitelets du Golfe, que Bourguiba méprisait royalement. Lorsqu'on est bourguibiste, on ne compose pas avec les Frères musulmans. Lorsqu'on est bourguibiste, on ne brade pas à vil prix l'indépendance de la Tunisie, que Bourguiba a arraché après un demi-siècle de combat.  

Salem Ben Ammar


           


1.Posté par verbatim le 08/04/2014 22:56
Merci de cette mise au point oh! combien précieuse.

2.Posté par Observateur en Tunisie le 14/04/2014 01:24
Je suis avec passion l'ordre d'idée rigoureux de Salem Ben Ammar. J'admire son courage et son objectivité, outre que son originalité. Je suis tout à fait d'accord avec cet état d'esprit. Je me demande où est l'action politique chez Nidaa Tunes, pour ne pas dire le Mouvement Destourien d'Ahmed Karoui, dans ces jours si importants pour l'avenir électoral?

J'avais déjà dit, au moment du guet-apens meurtrier de Bulla Regia, qui était de claire inspiration "frériste et terroriste", mon opinion à un de plus proches collaborateurs de M. Karoui (identité omise pour raison de privacy), qu'il aurait fallu la rupture totale et l'isolement politique d'Ennahda et surtout de ne pas "se souiller" avec le cheikh-moukhabarat Ghannouchi après des provocations et des atteintes si graves contre la sûreté de l'Etat. Je lui avait exprimé mon désarrois (pareillement que M. Ben Ammar) que Beji Caïd Essebsi s'empresse, s'assoit, converse avec brio avec l'ennemi n.1 de son maître en doctrine, Habib Bourguiba, et -je crois- assurément de toute la Tunisie républicaine.
Mon interlocuteur, en éminent politicien, m'avait rassuré qu'il partageait mon opinion et qu'il aurait agit par conviction en conséquence. Toutefois l'inaction présente m'exaspère comme beaucoup.

Je me demande alors pourquoi tant d'hésitation à achever l'oeuvre si nécessaire d'anéantissement de la secte maléfique de la Confrérie terroriste et ses sponsors qatariens en Tunisie. C'est bien le moment de dégager l'usurpateur Marzouki du palais présidentiel, peuple en cortèges et démonstrations à l'attaque, après les actes serviles du "tartour" présidentiel devant l'émir qatarien en visite!

Je reproduirais ici un extrait d'une correspondance faite à un haut responsable de l'Union Européenne en août 2012 (les identités de l'envoyeur et du receveur sont -comme c'est compréhensible- omises):

"Le phénomène de l’islamisation forcée de la société est amplement reporté par les médias locaux et internationaux et par des nombreux observateurs des Droits de l’Homme, phénomène qui s’amplifie sous l’impulsion des décisions adoptées par le gouvernement pro-islamiste d’Ennahdha, qui a des relations fort ambiguës avec des mouvances extrémistes intérieures (exemple : les partis salafistes, du courant rigoriste de l’islam plus conservateur et opposé à la reforme et au dialogue religieux) et extérieures (exemple : le parti palestinien Hamas et la réception médiatisée en propagande de ses leaders et de leurs agendas violentes). ... Sans entrer dans les détails de ces aspects, qui mériteraient des amples considérations juridiques, politiques et historiques, dans la complexité des facteurs qu’ils comportent, je me limite à des observations directes pour une prise de conscience critique quant au langage médiatique adopté par les responsables du gouvernement actuel à partir du Président de la République Tunisienne, Moncef Marzouki, fonction qui est encore hautement représentative, malgré soit-elle limitée dans ses prérogatives de pouvoir exécutif. Malheureusement, le décalage entre le dire et le faire s’est montré évident pendant sa visite officielle en France, lorsque M. Marzouki a bien tenu à affirmer devant le sénat français que « la Tunisie n'est pas tombée dans l'escarcelle des islamistes, mais dans celle de la démocratie », et pourtant le même jour le gouvernement tunisien a officiellement légalisé le parti islamiste Et-Tahrir, jusque là interdit pour extrémisme, qui prône notamment la chariaa islamique et s’oppose au débat démocratique. "

L'heure serait finalement arrivée - on l'espère en beaucoup, avec Salem Ben Ammar -pour enlever toutes ses "ambiguïtés" devant l'avenir des Tunisiens et leurs justes aspirations.

N.G.M. activiste D.H.

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