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Neila Charchour Hachicha ou la banalisation du collaborationnisme US


28 Mars 2014

Au service de l’impérialisme américain, son père avait pourtant été un vaillant combattant pour l’indépendance tunisienne au sein du Néo-Destour. "Un jour viendra où la trahison de sa patrie sera considérée comme une simple opinion ", disait le penseur arabe Kawakibi. C’est exactement le cas de la nouvelle « élite » politique, syndicale, culturelle et médiatique tunisienne, depuis que les Qataris et les Américains ont libéré la Tunisie de son indépendance ! Le 26 mars dernier, Neila Hachicha a publié sur sa page facebook un article fort intéressant que nous avons choisi de reproduire. Mais voici d’abord son pédigrée.


Les tunisiennes de Bush. Neila Charchour Hachicha ne se fait jamais prendre en photo !
Les tunisiennes de Bush. Neila Charchour Hachicha ne se fait jamais prendre en photo !
Depuis la « révolution du jasmin », Neila Charchour Hachicha n’est hélas pas un cas isolé. Mais c’est un cas typique. Comme son parent Kamel Eltaïef, c’est une pionnière dans la collaboration avec les services américains. Pas loin de la soixantaine, Neila exerce comme métier la décoration d’intérieur. Elle a d’abord été une fervente zélote du régime, de 1987 à 2005. En 2000, elle fonde le PLM, parti libéral maghrébin dont le nombre de militants n’a pas dépassé les dix personnes. En 2004, elle est l’initiatrice d’une pétition appelant George W.Bush à l’ingérence en Tunisie, qui a été signée par plusieurs intellectuels et acteurs de la société dite civile. Sur instruction de ses amis américains et sous leur protection, elle lance en 2005 le mouvement « Yezzi Fock », une réplique de « Kifaya » en Egypte, mais qui n’a pas mobilisé grand monde en Tunisie.
 
De ses relations fraternelles avec les néoconservateurs américains, Neila Hachicha ne s’en est jamais cachée. Pas même de ses rapports avec Paul Wolfowitz, le secrétaire d’Etat adjoint à la Défense (2001-2005), dans le gouvernement du criminel de guerre George W.Bush, puis président de la Banque mondial (2005-2007), poste d’où il a été viré suite à son implication dans une affaire de népotisme et de corruption. Comme Sihem Ben Sédrine, elle a soutenu la croisade de Bush en Irak, qui a fait 1,5 millions de morts, génocide dont personne ne parle !

Le père de Neila, Mahmoud Charchour, a pourtant été un résistant nationaliste de la première heure et un fidèle compagnon de Bourguiba, l’architecte de l’indépendance, l’incarnation parfaite du patriotisme et le défenseur ardent de la Souveraineté tunisienne. Le frère de Neila s’est marié à la fille de Mohamed Sayah, celui qui a transformé le PSD en parti totalitaire et qui a métamorphosé un grand nombre de ses militants en miliciens contre l’opposition et l’UGTT. La cousine de Neila est l’épouse de l’affairiste-politicien Kamel Eltaïef, No2 du régime bénalien de 1987 à 1994. L’oncle maternel de Neila n’est autre que Mustapha Kamel Nabli, un autre proche de l’establishment américain !

Depuis la « révolution » américano-qatarie en Tunisie, Neila a rejoint le parti Afek Tounes. Elle y milite avec ferveur, mais sans perdre de vue son activité préférée : le collaborationnisme US. Sa dernière mission au service de la nouvelle puissance colonisatrice, l’organisation d’une formation au George W. Bush Presidential Center au Texas, de 17 tunisiennes. Selon Business News du 18 mars 2014, « Pendant un an, dont 5 semaines de séjour aux Etats-Unis, ces Tunisiennes développeront, au Bush Center, leur capacité à diriger pour qu’elles soient prêtes à créer, à leur retour, un changement durable dans leur pays. Les activités au programme ne sont pas toutes exposées. Mais cela va des séances de coaching à la visite de salons de beauté ».

Le 15 mars dernier, les participantes à ce stage de formatage, dont on peut deviner les objectifs, ont rencontré le couple Bush dans sa demeure à Dallas. Elles sont : Dorra Yahyaoui, Afràa Fdhil, Amira Achouri, Amira Mlik, Asma Ahmadi, Dalel Krichen, Emna Ben Mustapha Ben Arab, Fedia Chabbeh, Frida Ben Attia, Hajer Hmila Mrad, Imane Mansouri, Miriam Ben Ghazi, Nadia Bach Hamba, Neila Charchour Hachicha, Nesrine Abidi, Sabrine Ben Ali et Sarah Ben Bahia. Quant à Lina Ben Mhenni ou Fatma Riahi, ou encore Sarah Ben Hamadi, elles n’ont plus besoin de ce genre de formation US ! 


Les 17 heureuses élues de la Fondation George W.Bush !
Les 17 heureuses élues de la Fondation George W.Bush !
Voici à présent, sans corrections des fautes, l'article de Neila Charchour Hachicha, publié sur sa page facebook, le 26 mars 2014.

C'est à l'USIP - United States Institute of Peace - grâce à mon mentor Lindi Harvey, que j'ai eu le privilège d'avoir une séance de travail avec l'Ambassadeur William Taylor, l'Ambassadeur Steve Steiner et leurs adjoints qui suivent de très près et encouragent l'évolution du processus démocratique tunisien.

Ils sont particulièrement admiratifs du dialogue national qui a permis de dénouer une crise politique majeure et pensent que la Tunisie est en mesure de faire aboutir un processus démocratique authentique grâce à sa société civile. L'ambassadeur Taylor m'a demandé pourquoi d'après moi le dialogue national a réussi en Tunisie ?

Je lui ai répondu que d'après mon humble avis, c'est parce que l'UGTT a les ressources humaines nécessaires pour provoquer un nouveau 14 janvier d'autant que la légitimité du parti au pouvoir est très faible puisqu'elle se limite à seulement un million et demi d'électeurs pour 11 million d'habitants. C'est ce point faible qui a permis l'évolution vers le dialogue et les solutions consensuelles.

Je les ai remercié pour leur soutien en soulignant que j'y étais particulièrement sensible d'autant que depuis la révolution, la Tunisie a des intérêts aussi divers que ses diversités politiques. Le soutien européen et plus particulièrement le soutien français sont nécessaires, mais il serait encore plus enrichissant pour nous de bénéficier d'un soutien américain plus concret qui apporterait un savoir faire d'un autre niveau.

Les sept recommandations des 65 experts américains adressée au Secrétaire d'Etat John Kerry, définissent clairement d'ailleurs les besoins tunisiens. Je n'ai pas manqué d'exprimer mon étonnement que l'Ambassadeur Taylor n'ait pas signé la lettre en question. Ce à quoi il a répondu enthousiaste qu'il était prêt à le faire de suite, tant il croyait à la nécessité de soutenir la transition tunisienne. Il se trouve que l'USIP est une institution financée par le gouvernement et n'exprime pas de soutien public.

Par ailleurs, j'ai demandé le renforcement de notre société civile qui est encore en construction. J'estime qu'elle représente le seul vrai garant de l'irréversibilité de notre processus démocratique. J'ai précisé que ce n'est que lorsque la société civile sera enracinée sur tout le territoire, et que nous aurons dépassé la zone de risque dans laquelle nous nous trouvons encore, que la démocratie sera désormais ancré quelque soit la force politique qui se trouvera au pouvoir.

La légitimité de tous les partis étant très faible cela favorise une évolution consensuelle et équilibrée des forces politiques accompagnée des forces civiles. En espérant qu'un crash economique ne vienne pas tout détruire ouvrant la voie à la réinstallation d'une nouvelle dictature sous prétexte de remettre tout le monde au travail.

J'ai par conséquent beaucoup insisté sur le sauvetage du secteur touristique qui est en soi un choix politique stratégique, garant des échanges culturels de l'ancrage dans la modernité et de la modération, et qui représente surtout l'épine dorsale de l'économie tunisienne. Un secteur qui gagnerait beaucoup à s'enrichir du savoir faire et des standards américains.

J'ai aussi tenté de convaincre que des investissements privés seraient plus efficaces pour nous que des dons et des crédits mais j'e me suis trouvée confrontée au problème de la sécurité. "Comment voulez vous que des particuliers américains investissent dans un pays où l'on saccage leur ambassade? M'a répondu l'Ambassadeur Steiner.

Pour eux la visite du Premier Ministre Mehdi Jomaa sera sûrement l'occasion de discuter des problèmes en cours, de trouver les solutions et d'approfondir les relations entre nos deux pays.

Neila Charchour Hachicha
 


           


1.Posté par Léon le 29/03/2014 08:30
Apparemment elles veulent essayer d'autres coupées. Je ne parle bien sûr pas de voitures; nos cousins sémites ayant certains points communs avec nous autres. Une petite différence qui pourrait attiser la curiosité et susciter l'envie d'une experte comme Tchicha, c'est qu'ils le font avant le septième jour.
On lui en demandera des nouvelles à son retour.
Léon.

2.Posté par Léon le 29/03/2014 08:32
Petite erreur de TS: Elle quand même dans la 2ème photo.

3.Posté par kimdee le 30/03/2014 12:15
@Léon.
alors là, Léon, vraiment pas digne de vous ce commentaire.

4.Posté par Léon le 30/03/2014 20:06
Désolé Kimdee mais c'était plus fort que moi. Quand je vois que l'ingérence de tous ceux qui nous veulent du bien a mené à l'état actuel de l'économie et des finances dans mon pays, je suis parfois pris d'élans peu louables et de paroles peu élégantes. Sur ce, avoue quand même que j'y ai mis les formes.
Amicalement.
Léon.

5.Posté par Observateur en Tunisie le 09/04/2014 05:41
Un article qui vole très bas. Et qui commence très mal avec un tag "criminel de guerre" pour l'ancien président des USA George W. Bush qui n'est ni un jugement de tribunal, ni une opinion d'un grand politologue. Alors, tous des "criminels de guerre", ces présidents américains, même Eisenhower, qui fit tomber 2 bombes atomiques sur des villes japonaises contre des civiles désarmés. Des dizaines de milliers de vie pulvérisées à l'instant. Des générations de malades de cancers suite aux radiations : était-t-il vraiment le cas? Ce jugement me semble plus honorable.

"Criminels de guerre" pour la plupart de dirigeants arabes, si non tous, car tous ont provoqué, voulu et décidés des conflits et des guerres où leur peuple allait se faire massacrer ou massacrer leur confrères en religion: n'est-ce pas une évidence de l'histoire? Même Bourguiba, qui pour son prestige et fierté provoqua la guerre de Bizerte et pour ce coup de tête fit anéantir les vies des milliers de Tunisiens, pour saluer avec des vivats arrosés en vin par les hauts officiers la fin des hostilités en 1963. Sans parler de la destruction des douars youssefistes dans le Sud après l'indépendance du Pays, le complot de 1962 et la nausée dans l'armée. Le grand-père de Sakhr Materi le sait bien.

Le lynchage médiatique, contre M.me Neila Charchour Hachicha et les femmes participantes à la louable initiative de George W. Bush pour une formation démocratique et civile au Maghreb, entre-temps continue dans cette presse acquise à une idéologie de dénigrement. Un autre exemple récent dans Business News:
"Grâce à la formation de Bush, Emna se voit présidente de la Tunisie dans 20 ans".
(lien : http://www.businessnews.com.tn/grace-a-la-formation-de-bush-emna-se-voit-presidente-de-la-tunisie-dans-20-ans,520,45494,3)

J'aimerais simplement retranscrire mon commentaire. D'autres analyses, pièces à convictions, témoignages précis dans ce dossier que j'ai connu et suivi personnellement, ce n'est pas le cas, vu le niveau et je m'en passe des réactions...

Meilleurs voeux pour Emna. L'essentiel est participer, même en politique. Elle est Tunisienne, elle est en règle avec la loi, elle peut participer et communiquer en politique.

Que cela plaise ou non aux nostalgiques de Ben Ali-oui oui : c'est cela la démocratie. Peu importe ce que cette dame a fait auparavant en politique, puisque c'est le présent qui compte. La démocratie bafouée par 2 régimes consécutifs de dictature et qui sont 2 régimes adaptés à la mentalité arabe "du bâton et de la carotte". C'est pour cela que l'esclave noir de la CIA, Obama, a pensé de continuer avec le régime islamiste de Ghannouchi, le terroriste libéré par Ben Ali, par un coup de coeur fatal, qui l'a fait balader en Algérie où le cheikh-moukhabarat a provoqué 10 ans de guerre civile et 200 000 morts.

Cela n'était pas la faute des USA, au moins; pour qui comprends la vérité, c'est bien clair que George W. Bush n'a rien a voir avec la politique pro-islamiste d'Obama et ses "faveurs" pour renverser Ben Ali, Kadhafi, Moubarak et s'il le pouvait, Al-Assad. George W. Bush avait tout arrangé avec eux (Assad le reconnait dans une interview). Mais nos nationalistes tunisiens rancuniers continuent de blâmer George W. Bush puisque il a éliminé leur idole Saddam, le criminel génocidaire des Kurdes d'Halabja, donc c'est par là qu'on arrive au cercle vicieux des nostalgiques.

D'un coté ils détestent l'ayatollah Ghannouchi, mais c'est Ben Ali que l'avait "pardonné" en 1989 et rétabli politiquement. De l'autre ils détestent aussi George W. Bush qui a vraiment combattu la mouvance islamiste et aidé Ben Ali dans ce sens. C'est bien la schizophrénie arabe, cela!

Ils aiment les leaders occidentaux lorsqu'ils sont pourris, pour pouvoir s'en moquer, mais guère les hommes intègres, car ils en ressent le COMPLEXE. Ils n'aiment pas l'homme de convictions fortes, qui a combattu drogue, misère, prostitution et avortements ("Compassionate Act Law"), alors qu'Obama fait exactement le contraire (avec son "Obama Care"), veut la "zattla" pour tous, mariage gay et pornographie universelle! Et là, ils se TAISENT!

Donc finalement, que veulent-ils nos nostalgiques baathistes en rupture avec la réalité? rien que leur beaux rêves, sans rien connaître ni comprendre de l'enjeu actuel. Il ne savent même pas faire la différence avec Obama, qui ne créera jamais un Centre culturel dans sa vie, puisque il préfèrait jouer le basket avec ses enfants même quand ses avions pleuvaient leurs bombes sur la Libye!!

N.G.M. blogueur et activiste D.H.

Réponse TS : Oui, Eisenhower est bel et bien un criminel de guerre et toute l'Histoire des Etats-Unis est une succession de crimes et de génocides, dont le premier a été celui des Indiens d'Amérique et le dernier celui des Irakiens : 2 millions de morts entre 1993 et 2003, par le blocus et les attaques militaires. Après le 11 septembre, Bush a eu raison d'attaquer les islamo-terroristes en Afghanistan, mais l'invasion et la destruction de l'Irak obéissait à un autre agenda, celui d'Israël et du lobby du pétrole et de l'industrie militaire. Les conséquences de cette croisade sont aujourd'hui encore tragiques pour l'Irak, où il y a entre 150 et 200 morts par semaine. Cela étant, je suis de votre avis au sujet de l'actuel président américain. Barack Hussein Obama est pire que George W.Bush.

6.Posté par Observateur en Tunisie le 13/04/2014 06:55
Dernier commentaire: c'est compréhensible toutefois de condamner l'entreprise militaire contre l'Irak dans ses extrêmes conséquences. Je ne suis pas l'avocat de la belligérance. Seulement que l'Irak était une concentration d'agendas différents. Les lobbys sionistes ont même joué contre la doctrine Bush, puisque il y a eu des coups tordus qui étaient des sabotages explicites (sévices contre les prisonniers à Abou Ghraib et photos mises en circulations, dégâts contre le mausolée de Michel Aflak, etc.), puis le Qatar et l'Arabie Saoudite ont commencé leurs actions meurtrières (commandos de la morts, attentats à la bombe inter-communautaires), exactement comme ils le font encore au quotidien, dans le but de provoquer et continuer la guerre civile. Mais rappelez-vous de la bataille de Bagdad, quand plusieurs officiels irakien sont passés du coté US et ont abandonné Saddam; le système tyrannique de Saddam était arrivé au point mort, les Irakiens dans la grande majorité n'en voulaient plus. Rappelez les scènes d'accueil populaire spontané que les troupes US ont souvent reçu au début. C'est en suite, lorsque George W. Bush a voulu que soit justement appliqué le principe démocratique de proportion majoritaire, et devenait donc clair que les Chiites auraient eu plus de contrôle du pouvoir, que les pétromonarchies du Golfe ont commencé leurs actions de sabotage et en particuliers le Qatar a utilisé massivement al-Jazeera pour envenimer la situation et soulever les Sunnites. L'enlisement a été provoqué par tous ces facteurs et il apparaît clair en moins d'une année que l'action en Irak allait vers une faillite en soi sans un programme de réforme tous-azimuts dans le monde arabe.
Je corrige aussi une imprécision, la responsabilité de la bombe A sur les villes japonaises en 1945 tombe sur le Président Harry Truman, non Eisenhower comme j'avais formulé, tandis que ce général fut engagé dans la 2ème Guerre Mondiale sur le front occidental.

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