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Tunisie, Béji Caïd Essebsi : " composer avec les islamistes est un mal nécessaire "


10 Novembre 2012

Les Tunisiens trahis par la Troïka trouvent dans Nidaa Tounes l'espoir de rendre à la Tunisie son prestige et son honneur. Mais beaucoup s'interrogent encore sur les ambiguïtés du discours de Béji Caïd Essebsi à l'égard des islamistes. En exclusivité pour Tunisie-Secret, Salem Ben Ammar analyse la stratégie politique de BCE.


Tunisie, Béji Caïd Essebsi : " composer avec les islamistes est un mal nécessaire "
Tout le monde crie aujourd'hui à hue et à dia sur B.C.E. suite à sa main tendue à Ennahdha que les politicards et pseudos analystes politiques tunisiens y voient comme une reculade, une capitulation devant l'organisation terroriste d'Ennahdha. Etant connu pour son art affiné de la litote, B.C.E. ne capitule pas devant la Milice wahhabite qui est en perte de vitesse vertigineuse et qui risque d'entraîner inexorablement la Tunisie dans sa chute dont le pays ne pourra jamais s'en remettre. Sa proposition en dit long sur les menaces terroristes réelles qui pèsent sur le pays. Guidé par un seul et unique souci : comment faire pour remettre le pays en ordre de marche et l'arracher progressivement des griffes des prédateurs islamistes ? En tant que vieux routier de la vie politique, tel un joueur d'échecs, il se doit de damer les pions à l'adversaire d'aller sur le terrain où l'adversaire l'y attend le moins afin de l'amener à ce qu'il dévoile son vrai jeu, qui est dans le cas d'espèce celui de la violence.

La main tendue au pitbull islamiste est bien gantée

Or Ennahdha qui excelle en la matière n'attend que l'occasion pour somaliser le pays et l'envoyer dans les fonds abyssaux de l'histoire. Béji Caïd Essebsi, à juste raison, ne veut pas lui servir d'alibi et être la cause directe d'une guerre civile qui couve actuellement en Tunisie, d’autant plus qu’il a eu l’honnêteté d’avouer publiquement s’être trompé sur Ghannouchi et Ennahda. Il se doit de ne pas mettre de l'huile sur le feu et se doit d'épargner au pays un spectacle de mort et de désolation. Cette main tendue est un mal nécessaire pour sauver le pays : soit un contrat de gouvernement soit la guerre civile. En laissant croire qu'il est favorable à un contrat de gouvernement avec la filiale tunisienne d’al-Qaïda, au pouvoir en Tunisie depuis octobre 2011, il cherche à la prendre dans son propre jeu, à la leurrer pour la mettre en face de ses vraies responsabilités politiques et sonder son degré d'engagement patriotique. Elle qui voulait un gouvernement de coalition mais à ses conditions, habile et roublard BCE la prend au mot et lui retourne sa proposition : banco on y va pour un gouvernement de coalition mais certainement pas à tes conditions. Il sait pertinemment qu'Ennahdha est aux abois et que tel un fauve blessé elle est prête à tout pour conserver le pouvoir y compris par l'embrasement du pays. Ce n'est pas en lui déclarant une guerre frontale en s'alignant sur son jusqu'au boutisme périlleux pour le pays et en lui livrant ainsi une bataille acharnée et sans merci qu'il va sauver le pays d'une mort certaine. Il n'y a pas lieu de lui faire un procès d'intention, cette main tendu au pitbull islamiste, est une main de bon sens et d'apaisement, et surtout de ne pas donner à Ennahdha l'occasion tant rêvée de mettre le pays à feu et à sang si on la vire de la scène politique.

Nidaa Tounes veut domestiquer Ennahda

Pour ce faire, il faudrait soit étouffer dans l'œuf ses desseins velléitaires et brider son agressivité, soit aller à l'affrontement armée direct qui n'est pas sans conséquences tragiques pour le pays. B.C.E. n'est pas dupe des intentions bellicistes et  terroristes d'Ennahdha, il se doit de la couper de ses bases arrières salafistes. Il n'y a pas d'autre issue de secours pour le pays que l'isolement stratégique et politique de l'organisation terroriste d'Ennahdha. Il ne peut y avoir d'autre alternative que de prendre le diable islamiste par la queue, histoire de contenir ses pulsions meurtrières. B.C.E. conscient plus que personne de l'extrême gravité de la situation ne veut pas servir ni de bouc-émissaire ni d'alibi dans le déclenchement d'une éventuelle guerre civile en Tunisie. Son message est clair, si Ennahdha a le souci de la Tunisie, elle a sa place, si elle ne veut pas œuvrer en commun avec Nida Tounes pour l'intérêt général du pays, c'est elle qui assumera son entière responsabilité et par conséquent, il appartiendra au peuple tunisien de désigner les vrais coupables de l'état de pourrissement du pays. 

La quadrature du cercle

Quoiqu'il en soit la secte félonne d'Ennahdha refusera cette main tendue qui n'est pas aussi innocente qu'elle en a l'air et que si elle l'accepte, elle signera d'une certaine manière son arrêt de mort politique. Elle sait qu'elle aura tout à perdre dans un contrat de gouvernement avec Nida Tounes et ne pourra plus avoir une main mise sur le gouvernement ni sur l'ANC comme c'est présentement le cas avec ses godillots de la Troïka. Ainsi se doit-elle  de composer avec un partenaire autrement plus expérimenté, plus redoutable, fin stratège, jouissant d'une notoriété internationale et d'une audience populaire. Les propos de B.C.E. sont ceux du bon sens et de la raison politique. Il faudrait, soit se donner les moyens pour sortir le pays de cette impasse, qui devient de plus en plus inextricable, soit pérenniser la situation chaotique actuelle.

Salem Ben Ammar
Salem Ben Ammar est chroniqueur et politologue, auteur de plusieurs centaines d'articles sur la Tunisie post-14 janvier 2011. Consultant en droit social et ex enseignant-chercheur. Dr en Science politique, juriste,  anthropologue, diplômé en relations internationales. Domaines de recherche : les idéologies politiques, le mythe olympique, l'islam indien, le wahhabisme, l'islamisme, le sport et la politique. Travaux de recherche : Pour une contribution nouvelle à l'étude des relations inter étatiques : les J.O. miroir de la société internationale ; Introduction à l'étude de l Islam en Inde ; Rapports entre l'idéologie sportive et l'idéologie politique. Publications journalistiques et numériques : L'état du droit et l'Etat de droit en Tunisie ;  Ennahdha et le nouveau terrorisme institutionnel ; Le Qatar à  la conquête de la France ; Main basse qatarienne sur la Tunisie ; Les vrais dessous du fiasco électoral tunisien....
http://www.tunisie-secret.com


 
 


           


1.Posté par samir azizi le 15/11/2012 16:23
je confie a M salem ben ammar .que le contrat de gouvernement sera refuse par ennahdha . non pas de son gre' .mais sous pression de ses garnitures qui risquent leur mort politique s'ils seront laisser tomber par leur patron .

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